Argentine 6 - les autres rien, mais "Deus te olha" dit Maria
17 juin 2006 à 08:58
Allez le mot du jour, c’est la Une du journal hebdomadaire "Brasil de Fato", un type en guenille rentre chez lui, agite un drapeau brésilien rapiécé, chantant "chérie, c’est la coupe du monde", ladite chérie pleure devant le frigo, où prospèrent les toiles d’arignées, "oui je sais, et elle est bien vide".
Maria Clara a un an, elle vous dit Bom dia. A ceux qui doutent que la petite Maria Clara (voir deux chroniques plus avant) a été adoptée pour de bon par ses nouveaux parents, je dis bah oui, qu’est ce que vous voulez que je vous dise de plus, c’est comme ça ! D’ailleurs c’est son anniversaire le 4 juillet, et j’irai lui changer sa couche, tiens.
Maria, "Deus te olha"
Alors il faut en parler de Maria, forcément, la mère de Vanderlei, elle nous héberge dans un petit appartement de la Praça Fernandão Dos Santos, à Caruaru. Bigotte comme pas deux, la bonne femme trimballe ses 65 printemps et son vieux fourgon VW tous les jours devant l’école voisine, pour y vendre des "balas", des friandises aux gamins. En fait, Maria a repris le boulot de Pedro, son défunt mari dont je vous ai causé l’autre fois, celui qui fait des blagues à Vanderlei sur les routes de Vendée. Et puis après tout cela, il y a les novelas, "Bellissima", et "cobras e lagartos"... curieusement, ou naturellement, la Maria a l’air de mieux supporter les ordures des séries que les victimes sympas. Elle se tord de rire - ah quand Maria rit ! - quand cette salope de blonde rouste la rousse pourtant innocente, quand le jeune beau se fait jeter par la vipère. Quand elle regarde le foot, c’est un peu pareil, ça la ferait bien marrer que les Brasileiros se ramassent, elle aime bien l’Argentine et le Costa Rica, va savoir pourquoi. Dimanche, elle ne verra pas le match du Brésil, elle ira à la messe chanter "a prenda de Deus", parce qu’un dimanche sans la messe, ce n’est pas un vrai dimanche, parce qu’elle sait bien que Dieu la regarde. Et Maria, être reluquée par Dieu, elle adore.