François Le Footix

19/05/2014

ILS L’ONT FAIT ! L’Athletico Madrid a remporté la Ligue A face au plus grand club du monde, le FC Barca de Lionel Messi ! Quelle performance ! De la hargne, de la volonté et de l’abnégation : retour sur l’exploit d’un club que personne n’attendait à ce niveau.

Il est bientôt 20h en ce samedi de mai 2014 quand Gaudin vient catapulter une tête rageuse dans les filets de Victor Valdes, donnant ainsi l’avantage à son Athletico Madrid dans la finale qui l’oppose au grand FC Barcelone pour le titre de champion d’Espagne. Un but dans sa réalisation relativement banal, surtout quand on le compare au missile somptueux propulsé par Alexis Sanchez dans la lucarne de Thibault Courtois quelques minutes plus tôt. Mais, hélas, beauté ne rime pas toujours avec victoire et c’est bien les Colchoneros qui soulèvent le titre de champion, sous les yeux atterrés d’un Puyol poussé à la retraite. L’outsider a terrassé le champion, David a écrasé Goliath, et c’est l’ensemble du monde du football qui cherche à expliquer ce phénomène. Que s’est-il donc passé ?

D’abord, si l’Athletico avait une carte d’identité, elle porterait le nom d’El Loco Simeone. Fraîchement débarqué au club muni de ses costumes et chemises noirs, Simeone a su redonner de l’ambition à une équipe qui jouait loin, très loin des projecteurs il y a encore un an de cela. D’ailleurs, c’est bien Falcao qui a sorti de l’anonymat le deuxième club de Madrid. Mais voilà, Simeone, il les porte haut, ses corones, et a su prendre les matchs les uns après les autres, sans prétention, dans l’ombre des mastodontes espagnols que sont le Real et le Barca. Discrètement, il a su faire revenir l’oublié Diego, le prodige formé au Werder, ressusciter Koke, l’ancien de l’OM, et donner de l’ambition à un club qu’il ne connaissait quasiment pas. C’est fort, très fort !
Je les entends encore d’ici les mécréants, qui, dès la mi saison, pariaient sur un écroulement prochain des rouges et blancs ! Mais non, ils ont tenu, ont éliminé Barcelone et Chelsea en Ligue des Champions, tout en empilant les points en championnat. Merci qui ? Merci Simeone, l’homme qui a su faire d’un groupe inconnu une escouade aujourd’hui championne d’Espagne.

Pourtant, n’en déplaise à José Mourinho, au football on ne gagne pas seulement avec un coach, aussi excellent soit-il. Ce titre de champion d’Espagne, l’Athleti le doit aussi à son gardien Thibault Courtois. Celui qui, avec Antoine Griezman, est LA révélation de la saison, aura su profiter du passage glorieux de Greg Coupet chez les Colchoneros pour devenir un Top Player. C’est simple, grâce à des prestations de haute-volée, le jeune gardien s’est affirmé comme le numéro un mondial à son poste. Dans les airs, sur sa ligne, à la relance, il est partout ! Dans la lignée des Joël Bats, Bernard Lama, Fabien Barthez, Hugo Lloris et Enyemama, il se prend déjà à rêver des plus hauts sommets. J’ai entendu que Chelsea était sur les rangs ! Souhaitons lui une carrière à la hauteur de sa saison, en espérant le voir garder les buts français à l’Euro 2016 !

Enfin, la défense étant une condition nécessaire mais non suffisante à la lutte pour le titre, je ne peux m’empêcher de souligner l’incroyable saison du pitchichi de la Ligue A, j’ai nommé Diego Costa ! Le tirailleur moustachu est le digne successeur de Falcao, et risque de faire très mal au Mondial, aligné aux côtés de Neymar et Lucas. Débordements, appels, contre-appels, courses… il sait tout faire. Bon, c’est pas encore Zlatan, mais il a toute sa carrière devant lui pour se mettre au niveau. Et puis lui n’a pas la chance d’être entouré de grands passeurs, capables de lui délivrer caviars sur caviars, comme peuvent l’être Cristiano, Lacazette ou Messi. C’est l’histoire du mec un peu moins talentueux que les autres, mais qui en veut plus et a su se hisser au top de la hiérarchie mondiale des attaquants de pointe. Chapeau, l’artificier.

Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin. Et la fin, le final de cette épopée magique, c’est le 24 mai prochain. L’Athetico rencontre son voisin le Real pour un duel fratricide en finale de Ligue des Champions. La modestie contre l’arrogance, la grinta contre l’argent, le petit poucet contre le géant : c’est un duel comme seul peut nous en offrir le football qui se présente ici. Que le meilleur gagne, mais que ce dernier joue en blanc… et rouge.


François

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  • Message posté par Rastashaman (1428) le 19/05/2014 à 13:50
      Note : 1 

    Merci François pour cette fraicheur, ce regard neuf que tu apportes dans le football. A chaque article toi aussi tu portes tes corones face à ces grands commentateurs que sont CJP, Menes et Riolo.
    Puisses-tu nous régaler encore longtemps par la perspicacité de tes articles!

  • Message posté par la montre (886) le 24/05/2014 à 14:07
      Note : 1 

    Ah mon dieu les repliques cultes quoi el loco Simeone, la ligue A... Tellement magique! Le mieux ça reste quand des mecs qui comprennent pas le second degré viennent t'insulter.
    Change pas t'est super !


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