SOW FOOT
26 août 2008 à 13:53
En l’emportant à deux poils de cul près dans les arrêts de jeu, Rennes a parfaitement résumé son début de saison. Celle d’un équilibriste tanguant sur le fil du rasoir. A la fin du temps réglementaire, la place forte du foot breton totalisait un point en trois matchs, dont deux disputés à domicile : une entame catastrophique qui mettait en exergue les limites du management de Guy Lacombe et pouvait même poser la moustache sur un siège éjectable. Même si on n’est pas à Nantes non plus ! Quatre minutes plus tard Rennes, le spécialiste des mises en route pénibles, réalisait une entame de championnat honnête, avec quatre points en trois matchs. Et Guy Lacombe pouvait reprendre son refrain du « après le 31 août ce sera mieux » sans générer trop d’impatience ni d’agacement chez les supporters et ses dirigeants.
Avec son extérieur du tibia aussi miteux que victorieux, Moussa Sow ne pouvait mieux illustrer le style rennais, collection été 2008. Le Stade joue plutôt mal (excepté une quarantaine de minutes face à Marseille) mais ne se résigne pas, à l’image du capitaine et prototype de l’homme de Néandertal, Petter Hansson. Toujours aussi limité, le Suédois ne manque pour autant jamais de volonté, toujours prêt à venir rôder dans la surface adverse, prêt à mordre n’importe quel ballon, les dents en avant, le visage menaçant. Adil Rami et Vittorio Hilton en cauchemardent encore. Rennes joue moche, Rennes gagne moche. Face à Lille, Leroy n’a pas brillé et Cheyrou s’est distingué. Le Stade Rennais, bisounours du championnat, deviendrait-il une belle équipe d’enfoirés ?
Avec le départ de Mensah, la blessure de M’bia, les affaires Briand et Wiltord, Guy Lacombe passe ses journées à jouer au Meccano. Les nouvelles recrues (Aubey, Mangane, Bocanegra) viennent remplir les cases vides et sont dispatchées sur le terrain selon les besoins du jour. Bocanegra, latéral gauche de métier, s’est ainsi vu le premier désigné pour jouer au Mensah. Quelques échecs plus tard, il a retrouvé son couloir sinistre. Et ça a été au tour de Mangane d’être jeté dans la fosse aux lions, dans un axe central toujours hanté par l’esprit du roc de Djipour. Sans pertes et fracas, mais sans convaincre non plus.
Guy l’Africain
Les dirigeants rennais avaient notamment justifié leur choix pour Guy Lacombe pour ses talents de formateur et sa capacité à lancer les jeunes pousses du centre. Huit mois plus tard, excepté Lemoine, aucun n’a vraiment eu sa chance ou n’a su la prendre. Marveaux joue rarement, Thomert tout le temps. La Bouche noire installé, Danzé va encore patienter sur le banc. Et le (mille) Borne vient d’être envoyé en voyage initiatique à Brest. Quant au limité Ekoko, il cumule les bouts de matchs, faute de mieux … et de Wiltord. Via la blessure de Gyan Asamoah, l’attaquant en porcelaine d’Accra, ce pourrait tout de même être l’heure de Sow, mais le retour de Briand ne plaide pas pour ce scénario.
Au final, à défaut de cohérence, Rennes parvient malgré tout à flotter dans des eaux plutôt tempérées, toujours en course en Coupe de l’UEFA, et placé en embuscade en championnat. L’équipe paraît plus friable que la saison dernière mais a exhibé des ressources mentales qu’on ne lui soupçonnait pas, à moins qu’il ne s’agisse d’un orgueil de bourgeois, d’une défense d’une position établie, d’un statut de pensionnaire des positions inférieures du premier tiers de tableau, puisqu’elle a déjà trop échouée à en viser la tête. Rennes baigne dans l’irrationnel, se rattache à des signes, ces dénouements heureux au terme de journées tempétueuses, cette victoire dimanche face à sa bête noire, ou le ralliement de Charles Bietry à Pierre Moscovici. Guy Lacombe, plus qu’un grand entraîneur, serait-il le premier grand marabout en pull-over ?
Erwan Gwerzec
PS : Pagis, Lemoine et Douchez, vous assurez grave !
» SOW FOOT · 4 septembre 2008 21:37 | |
|