Rennes ne met pas le paquet
29 octobre 2007 à 13:09
N’en déplaise aux derniers indépendantistes barbus, Rennes est une équipe bien française. Son match contre Bâle, ou plutôt son non-match, en a apporté la preuve éclatante. Les Rouges et Noirs sont restés bien en place, comme le veut la doctrine hexagonale, et une fois menés, Jeunechamp, Marveaux and co ont couru comme des chiens fous pour rapporter le bon point du nul, sans appliquer aucune idée directrice dans leur jeu. Rennes est pourtant bien cette équipe qui a offert une brillante prestation samedi face au Mans, mais là l’opposition se trouvait plus consistante. Plus sévèrement burnée en somme. La question brillamment posée dans le So Foot du mois d’octobre se doit d’être à nouveau remise sur le tapis : où sont les couilles, bordel de nouille ?
A Bâle, l’Europe on connaît, les Suisses ont même joué avec les cadors en Ligue des Champions il y a quelques années. Eux savent bien qu’il faut mettre le paquet lors des joutes continentales. L’Europe c’est une culture, comme dirait Valérie Giscard d’Estaing, et qui n’y est pas éprouvé souffre d’un déficit difficile à combler. Ca s’appelle l’expérience européenne. Celle dont ne dispose pas Rennes.
Pour l’acquérir, les Rouges et Noirs devront donc mettre de l’intensité dans leur football, cette conscience de l’enjeu, et la sagacité mentale qu’elle induit. Sinon, les vikings de Bergen risquent de se livrer à un sac route de Lorient, pour le prochain épisode de cette fastidieuse coupe UEFA. Jeudi, Bâle s’est contenté d’être dur sur l’homme, de resserrer les lignes, et de profiter des 1,92m de l’un de ses attaquants pour emporter la mise. Des basiques que les Rennais vont devoir vite appliquer pour ne pas sortir piteusement de la coupe des seconds couteaux. Mais aussi, pour conserver leur troisième place en championnat. Le talent ne fera pas tout. Le rude Cyril Jeunechamp a montré la voie jeudi soir, en lâchant du haut de ses 31 ans, un sémillant « Sa mère ! » pour exprimer vertement son désaccord auprès du corps arbitral. Un Français moderne, pas très en place. La voie à suivre.
Erwan Gwerzec