Rennes-Marseille : un 4-4 aux chamalows
11 août 2008 à 14:15
Avant cette ouverture de la saison, difficile de savoir ce que valait vraiment Rennes. Devant, Gyan n’avait encore pu donner sa pleine mesure, faute d’une préparation tronquée, Briand, faute d’une préparation boycottée, et les grelots de Wiltord, pressenti comme joker de luxe, n’avaient finalement pas passé l’impitoyable détecteur à métaux lourds installé à la Piverdière par Guytout la moustache.
Plus buté que le dernier des bolcheviques, l’élu UMP de Dinard semble considérer, sans crainte de discordance avec le discours de son chef de l’Etat, que courir les poches pleines d’euros nuit à la productivité individuelle. Conférer les cas Rothen et Dhorasoo période bleu et rouge du génie aveyronnais.
Devant, donc, un chantier. Derrière, pas mieux. Absences, incertitudes et hypothèques pesaient lourdement sur la performance que réserverait l’arrière-garde rennaise à son public. Hansson, suspendu, Mbia parti aiguiser ses crampons en Chine, Bocanegra, suspecté d’office pour passeport trop souvent non compatible avec la pratique du football, et plus de Big Roc Mensah pour cimenter béances minimes ou d’envergures ...
Un palpitant 4-4 plus tard, le chantier ne paraît pas avoir avancé d’un seul pouce. Avec Leroy et Pagis à la baguette, les Rouges et Noirs ont produit de bien belles chorégraphies offensives, mais dur d’y déceler du significatif quand on affronte une défense chamalow. Des moelleuses sucreries, que l’arrière garde rennaise a elle aussi avalé par sacs entiers. Mais, contrairement à ses vis-à-vis, elle disposait de circonstances atténuantes : son caractère expérimental qui a logiquement accouché d’une copie hors-sujet. Seul Nicolas Douchez, malgré les quatre pions encaissés, mérite son bon point.
Un bon point, c’est aussi ce que Rennes a récolté, après avoir été sérieusement menacé de naufrage en première mi-temps face aux déferlantes marseillaises. La semaine prochaine, les Rouges et Noirs se rendront chez le co-leader et promu, Grenoble. Loin des impatiences de la première journée et de sa cohorte de généreuses imprécisions, Rennes en apprendra davantage sur lui-même, sur la marge qui le sépare des meilleurs et des derniers de la classe.
Car pour l’instant, dur de simplement pressentir si Rennes, sans s’être véritablement renforcé, est capable de faire mieux que l’an passé et si Lacombe pourra continuer à couper des têtes sans que son directoire ne finisse par faire rouler la sienne sur le parking de la Piverdière.
Erwan Gwerzec
» Rennes-Marseille : un 4-4 aux chamalows · 11 août 2008 21:34 | |
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