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Les auteurs de ce blog ont passé leurs tendres années dans la misère footballistique (les années ascenseur). Aujourd’hui, affalés dans leur stade de nouveau riche ou bien à distance, derrière un écran de la Capitale, ils savourent l’ascension des Rouges et Noirs en sirotant une bonne Pinaultcolada.

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Rennes : la malédiction Fauvergue

19 janvier 2009 à 13:09 Rennes : la malédiction Fauvergue

Nicolas Fauvergue sert-il à autre chose qu’à emmerder Rennes ? En cinq saisons de Ligue 1, son bilan statistique tient de l’effarant : 10 buts au total, soit deux par saison. Juste ridicule pour un attaquant. Nous n’avons pas à disposition une base de données infaillible, mais notre mémoire nous rappelle que ce maudit (ghost) dogue a déjà fait mordre par deux fois la poussière au Stade Rennais. La dernière fois, c’était un soir de mai 2007, ce coup de tête fatal de la 94e minute, assassinat en direct des espoirs de Ligue des Champions. Tout supporter Rouge et Noir digne de ce nom en garde un souvenir meurtri

Fauvergue se trouvait alors en état de récidive. Un an pil poil auparavant, l’attaquant Lillois avait réduit le score au stade de la route de Lorient, avant que Bodmer n’égalise pour envoyer les Dogues en Ligue des Champions, et Rennes en Intertoto. Quand un destin est conditionné par les prestations de Nicolas Fauvergue, cela a toujours quelque chose de pathétique. Dimanche soir, ce grand costaud du Nord aux pieds maladroits, autrefois appelé le Bakari blanc, a une nouvelle fois frappé. Un tir sans doute pas cadrée, en tout cas à la portée de Douchez, dévié par Hanssonn, et Rennes qui redescend de son nuage. Nouvelle preuve à charge de la haine tenace qu’entretient Fauvergue envers toute une ville.

De Villejean à Beaulieu, une rumeur veut que deux posters d’Etienne Daho et d’Edmond Hervé, hauts représentants s’il en est de l’esprit rennais, habillent la salle de jeux du Fauv’. Deux posters tuméfiés par des centaines de fléchettes lancées par cet assassin monomaniaque, qui mériterait bien une petite expertise psychologique. S’est-il fait éconduire par une petite brune aux pulls en laine, dans un kebab de la place Saint-Anne ? Une bretonne perdue à Berck Plage lui a-t-elle fait remarquer qu’avec son accent cela ne pouvait pas être possible ? A-t-il été traumatisé par la découverte de la jeunesse margifolk lors d’une virée rue de la Soif ? Un jeune ça s’habille avec un jean blanc ou un jogging, remonté avec classe par des baskets, pas avec des pantalons bouffants et des pulls informes. Pour qui donc y se prennent ces Rennais ?

Rennes a trouvé son maître

Si l’esprit du football n’est pas rationnel, alors il faut voir dans cette nouvelle flèche plantée par Fauvergue, le signe qu’une malédiction frappe le Pinault Club. Rennes possède le droit de tutoyer les sommets mais pas de s’y installer. Comme pour mieux marquer le rang inférieur des rennais : c’est à Lille, club sans couleur, aussi triste qu’un policier allemand l’après-midi sur le service public, qu’il revient de couper les ailes des prétentieux bretons.

Mais si l’on ne bascule pas dans le domaine de la croyance, des superstitions, alors la défaite de Villeneuve d’Ascq n’a rien d’un Waterloo rennais. Les bases de l’édifice rouge et noir restent solides, et ce n’est pas un revers sur le plus petit des scores, face à l’équipe la plus compliquée à jouer du moment, qui doit remettre en cause la stabilité du club et ses ambitions. Balmont, Mavuba, Obraniak, Bastos, et Cabaye forment un milieu de terrain impitoyable, un étau qu’on ne desserre qu’en alliant maîtrise technique infaillible, tonicité de tous les instants, et impact physique de footballeur américain. Autant dire, une gageure.

Certains s’en prendront sans doute aux choix de Lacombe qui avait préféré Sow à Leroy. Rennes a perdu dans cette option en bagage créatif, mais a gagné en muscle. Et il en fallait pour résister à la bande à Rudi. Il fallait d’ailleurs beaucoup de choses, trop de choses dimanche à Villeneuve d’Ascq pour pousser un peu plus loin l’incroyable série de 18 matchs sans défaite de l’escouade moustachienne. Et s’il fallait aujourd’hui mettre une piécette sur une équipe pour venir perturber le trio de tête, on miserait autant sur la machine lilloise que sur la rennaise. Ca fait bien chier, mais c’est la triste réalité. Aussi triste qu’un but de Fauvergue.

Erwan Gwerzec






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