Rennes appliqué, Paris brisé
10 mars 2008 à 16:30
Je ne suis pas fan de Paris, mais entre Rennes et le PSG que de similitudes : les entraîneurs (Lacombe et Le Guen) se croisent, les jeunes pousses rennaises ont souvent grandi sur les rives bitumées de la Seine ou de la Marne (de Wiltord à Briand), et plus de 500 000 Parisiens ont des particules breizhous dans les veines.
Après les michelines remplies de Bécassine, le TGV a définitivement rapproché les deux villes, deux heures et un train toutes les trente minutes, facilité d’accès parfois tragique quand Jean-Michel Moutier ou Charles Biétry rentabilisent leur carte escapade pour venir faire jouer leur entregent moisi du côté de la route de Lorient.
A-t-on enterré le PSG ? Peut-être. Sans Rothen, il n’y a pas d’équipe parisienne et ce n’est pas le crêté Sakho, promu arrière latéral par un Le Guen aux choix constamment déconcertants, qui prouvera le contraire : Armand pour la première fois de la saison positionné en milieu gauche, une grande inspiration, Souza, bon contre l’OM, puis mis sur la touche au profit de Mendy, enfin remis en selle à Rennes, pour un fiasco retentissant. Ce le Guen est décidément un grand manager. A Rennes, il préférait Severino Lucas à Luis Fabiano …Que cela doit être dur de supporter tant de médiocrité pour ce pauvre Pauleta, gentleman du gazon et toujours dangereux à 35 ans.
Le cas Landreau maintenant. Le public a espéré une boulette de l’ancien geôlier nantais - goal qui avait démarré sa carrière voici treize ans à l’âge de ses premiers poils (des « puceaux » fusaient même des tribunes en 1995) - et sans l’incompétence du trio arbitral, les tribunes de la route de Lorient aurait pu se réjouir d’un nouveau trébuchage de Micka sur le coup-franc accidentellement direct de Leroy, injustement refusé pour un je ne sais quoi. Il faut dire un grand bravo à l’UEFA qui nous a privés de merle siffleurs tricolores pour la grand-messe de juin.
Samedi, Nino a continué à faire pousser ses cheveux sur le banc. L’ex Parisien Leroy est définitivement le roi de Rennes, un des joueurs les plus fins qui soient, homme au toucher de balle chatoyant et aux coups de patte incisifs. Un à qui il faudrait raccourcir les jambes est ce pauvre Thomert, surnommé Sisley dans les travées. Il se donne mais s’emmêle les pinceaux à chaque débordement, on admire son courage mais on ne peut s’empêcher de rire. So L1, on rigole et on a froid.
Coup de chapeau tonitruant cette fois pour le natif de Vitry, capitale des braqueurs, Jimmy, king of the Road, court, se déchire, et grâce à son courage hors-norme, arrache un but extraordinaire, juste après avoir été tout près de convertir en jouissance un enchaînement sublime, mais sa frappe rasa le mauvais côté du poteau. Jimmy, comme son compère Thomert tout de même un poil agaçant en première mi-temps en enchaînant les passes dans le mauvais tempo et les choix discutables quand les Rennais se présentèrent à moult reprises en situation favorable dans le camp parisien. Idée d’exercice pour l’entraînement de la semaine : Micka Pagis apprend à Jimmy et Olivier à faire des passes dans les pieds, et à muscler leur vision périphérique.
Rennes est donc désormais presque sauvé et en étant optimiste peut même regarder vers le bas du quintet de tête : l’an passé, au même stade, les Rennais avaient le même nombre de points. Pour ces trois matchs sans défaite et les sept points récoltés, les Rouges et Noirs doivent un fier salut aux Africains revenus médaillés de la CAN, Mensah et M’bia, qui gardent la maison rouge et noire, et inspirent Hansson, en passe de devenir irréprochable. Nous sommes la bête (rouge et) noire du PSG ! Les Marseillais vont peut-être redevenir nos amis …
Fabrizio Mauresco