Rennais, Lorientaises, et Kerviel
6 février 2008 à 17:10
« Les Lorientaises sont comme des homards, elles ont toujours des rubans rouges et noirs ». Une chanson bien visionnaire, puisqu’une nouvelle fois les matador tango ont eu la bête rouge et noire, les quatre fers en l’air, l’égo lacéré. La dernière fois c’était en 2002, et Rennes avait été lamentablement défait par Lorient et deux buts d’ex rennais, le fantomatique Pascal Bedrossian, et Biggie Jean-Claude Darcheville.
Sur le banc stadiste se trouvait alors les frisettes de Christian Gourcuff, venu exporter son foot à petits moyens chez un club nouveau riche. L’échec fut à la mesure de l’intensité du choc des cultures. Séduit par l’idée de voir sa danseuse pratiquer un football champagne, Pinault avait sorti le chéquier pour appâter le technicien morbihannais, mais le roi du CAC 40 dû se confronter à la réalité. Jamais le cahier de math de Gourcuff ne lui est revenu, tandis que Gourcuff, lui, goûtait peu le Mont-Blanc du petit entrepreneur devenu grande fortune en prospérant sur les liquidations judiciaires.
Samedi, Rennes est donc redevenue ce qu’elle était jadis, une équipe moyenne, et je me retrouve, ma plume à la main, comme Nick Hornby après une finale de la Cup perdue : désespéré mais en même temps, heureux. Oui, heureux de me retrouver comme un happy few, un des seuls à aimer cette équipe sans palmarès. Les grandes heures appartiennent aux autres, les grands gloutons (Lyon , Bordeaux, OM et PSG) et aussi les petits (Strasbourg, Nice, Lorient, Nancy).
Rennes a le panache du ventre mou, quelle grandeur avec tous ces joueurs de talents ! Wiltord manque des penaltys (se faire éliminer 3-1 aux t.a.b est quand même des plus ridicules). Notre Mensah régional semble lui aussi avoir pris le pli sans gloire des Rouges et Noirs : en se faisant exclure du quart de finale, il n’aura peut-être pas la chance de disputer la finale de la CAN, si le Ghana échappe au piège de Lions redevenus Indomptables. Seul M’Bia surnage, avec son doublé salvateur inscrit face à des Tunisiens accrocheurs.
On ne peut pas avoir les plus grands milliardaires des plus grands milliardaires de France et de Navarre ( Bolloré, Pinault et Yves Rocher), et briller dans un sport de prolo. Triste constat social. Une indiscrétion, en conclusion. Pour se mettre à table, le Breton Jérôme Kerviel, aurait exigé d’être héliporté jusqu’à la ville merlu pour assister à ce désastre du foot so L1. En tout cas, il a parlé.
Fabrizio Mauresco