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Les auteurs de ce blog ont passé leurs tendres années dans la misère footballistique (les années ascenseur). Aujourd’hui, affalés dans leur stade de nouveau riche ou bien à distance, derrière un écran de la Capitale, ils savourent l’ascension des Rouges et Noirs en sirotant une bonne Pinaultcolada.

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On est en finale, on est, on est

22 avril 2009 à 23:08 On est en finale, on est, on est

Moustache nous a mené en finale, et il connaît le chemin le bougre, pour avoir déjà festoyer au SDF avec les lionceaux en 2004 et les gars de la capitale en 2006. On ne peut lui enlever ça, le gars de l’Aveyron, dont le moindre défaut n’est pas d’être conseiller municipal de droite de Dinard, sait soulever les coupes.

Avec la qualif de Guingamp, cornemuses et cirés, puisque c’est ainsi que le service public voit les Bretons, vont débarquer à Panam. Pour le service des sports de France Télé, la Bretagne est un menhir, qui n’a pas bougé depuis 1971, année de la dernière finale des Rouge et Noir. Dans leur spot de présentation de la finale de la Coupe de la Ligue, les Vannetais, autres irréductibles bretons qualifiés pour un face-à-face final, sont réduits par ces fins observateurs à de simples bottes en caoutchouc.

C’est entendu, battre Grenoble n’avait rien d’un exploit : une équipe limitée techniquement, agressive ( voir Battles et Cesar le slovène expert en low-kick), sans imagination et sans leader. A énumérer les noms des titulaires, et à se faire mal aux yeux en regardant leur maillot (le plus moche de L1 avec Toulouse), les voir disposer du Stade Rennais aurait été vécu comme une humiliation suprême. Se faire battre par Sandy Paillot, Laurent Courtois, Pierre Boya, et Martial Robin, pire encore que de se faire griller la priorité par Toulouse pour la Ligue des Champions.

Grenoble n’est qu’une équipe du ventre mou du championnat, faible et dont le maintien en première division doit beaucoup à ses victoires à la dernière minute. Mardi, Moreira a montré que sa place sur le banc à Rennes n’avait pas été usurpée. Malgré l’évidente supériorité des Rouge et Noir, on a toutefois tremblé devant les contrôles incertains de Thomert sisley, et la décontraction parfois limite de M’bia. Mais l’équipe était bien place. Et Cheick N’Diaye, suppléant d’un Douchez blessé en première période, n’avait pas l’expérience suffisante pour être perturbé par le mythe de Sisyphe. Il n’a été titularisé qu’à une seule reprise ces quatre dernières années.

Deux fois, Marseille a empêché Rennes de s’offrir un combat final (86 et 2006 ), sans parler du crève-cœur de voir les rivaux costarmoricains et morbihanais danser la gigue à Saint-Denis la racaille. Cette fois, Rennes n’a pas manqué l’avant-dernière marche, et il bataillera avec la petite entreprise du père Noël. Pour l’ultime défi, la victoire est d’autant plus interdite avec la qualif’ de l’En Avant. Une défaite face à une L2 ferait de Rennes, une fois encore, la risée de toute la France, et constituerait, en sus, une humiliation régionale.

Rennes pourra en tout cas compter sur sa défense musclée, sur le grisonnant Lemoine, le Toulalan rennais qui ratisse comme un fox terrier. Et Leroy, comme Pagis, sont attendus pour un récital à Paris. Avec eux, c’est sans doute l’année ou jamais pour imiter Sylvester Takac, ailier de poche venu de sa Vojvodine natale pour faire vibrer les Bretons et Raymond Kéruzoré, le druide aux airs de sorcier. Les esprits de Brocéliande seraient-ils avec Rennes ? France Télé doit se poser la question.

Fabrizio Mauresco






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