Mbia avait faim de Lyon
14 avril 2008 à 12:46
Stéphane Mbia n’a pas mangé le crâne de Milan Baros. La prédiction du calendrier prospectif de So Foot à l’humour un poil douteux n’a pu se réaliser, le pilote de Formule 1 tchèque s’étant décidé à retrouver son cher championnat anglais. Au match aller, Mbia était absent, annihilant toute possibilité de croiser la route du footballeur le plus rapide du circuit, que Perrin avait de toute façon choisi de ne pas aligner.
Samedi, le Camerounais n’est pas moins arrivé remonté comme une pendule sur la pelouse de Gerland. Comme d’habitude en fait. Mais un cran au-dessus tout de même. Témoin cette bonne prise de bec nez à nez avec le chafouin Fred, qui eut le bon goût de ne pas se le pincer comme son ex coéquipier tchèque. Un duel verbal cathartique.
Et à la dernière minute, Stéphane Mbia finit de laver l’affront tchèque en plaçant une tête plongeante rageuse, au terme d’un bel effort pour se démarquer. Mbia et Lyon, cela ressemble à du K-1, un duel où tous les coups sont permis. En novembre 2006, Mbia, déjà de la tête, avait fait chuter le roi Lyon, alors leader invaincu du championnat.
Sans Leroy et Mensah forfaits, on savait que Rennes souvent à l’aise à Gerland, ne régalerait pas, et qu’un match nul serait déjà le bienvenu. Mais l’égalisation rennaise n’en fut pas moins profondément équitable, tellement les Lyonnais avaient pataugé dans la médiocrité. Les Rouges et Noirs, sans se créer des caisses d’occasion, se sont souvent retrouvés en situations favorables, avec un Sylvain Wiltord magistral à la baguette.
Problème, Nino, bien que touché par la grâce, n’est pas Dieu, et ne peut être partout et en tout comme le catéchisme l’enseigne. Qu’il soit déjà loué pour mettre ses coéquipiers dans le sens du jeu, mais se trouver ensuite en position de passeur décisif relève alors de la gageure.
Pour le grand malheur de Rouges et Noirs, c’est à Thomert que revint le rôle de distributeur de caviar. Et l’ex lensois ne fait pas dans la passe de luxe, seulement dans les œufs de lympe. Appelé pour remplacer Leroy, ZE passeur décisif, Sorlin fit, lui, son match. Rien qui ne vaille la lapidation mais rien de décisif non plus. A quoi sert ce joueur ?
L’ouverture du score lyonnaise annonçait un match au scénario redouté. Rennes, sans briller, jouait à l’aise, et se prit un but sur coup de pied arrêté. On se demandait alors quand viendrait le coup de grâce, mais les coéquipiers de Benzema eurent la délicatesse de ne pas venir tester les jeunes Echiejile et Dembele, qui composaient la moitié de l’arrire-garde rennaise.
Au final, Rennes, après sa défaite à domicile s’est remis dans le bon sens, avec un Wiltord que l’on ne devrait plus voir sur le banc, à moins que Moustache nous refasse sa spéciale. Au mois de novembre, les hommes de Dréossi avaient affronté Monaco, Bordeaux et Lyon. Bilan : zéro point. Une série qui n’avait pas trop affolé Roazhon city sur le moment, mais qui entamait l’incroyable descente vers les abysses au terme de laquelle Rennes effleura les places des relégables.
Leroy une fois rétabli, et Wiltord aligné, Rennes pourrait bien produire à nouveau le football qui en avait fait un outsider pour le titre. En attendant, il se contente d’avoir quelque peu relancé le championnat en accrochant ce match nul dans les derniers instants. Un résultat qui pue un peu pour Lyon.
Erwan Gwerzec