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Les auteurs de ce blog ont passé leurs tendres années dans la misère footballistique (les années ascenseur). Aujourd’hui, affalés dans leur stade de nouveau riche ou bien à distance, derrière un écran de la Capitale, ils savourent l’ascension des Rouges et Noirs en sirotant une bonne Pinaultcolada.

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M.Lannoy et le complot anti Moustache

14 novembre 2008 à 14:41 M.Lannoy et le complot anti Moustache

L’épisode désastreux que l’arbitrage a infligé aux yeux du monde mercredi soir au Havre ne peut que le laisser supposer. Une telle avarie dans le jugement dernier, sous le regard de la Bretagne et de la Normandie toutes entières, ces deux voisins qui se honnissent mais dont les similitudes sont si prégnantes qu’on peut les appeler frères, tels la loutre lubrique et le furet priapique, ce reniement total de tout bon sens est une preuve : il existe bien un complot visant à faire chier La Moustache.

Au plus haut niveau, Thiriez lui même ne supporterait pas la prépondérance du gourou rennais dans le port du poil labial. Le Stade Rennais, qui n’est pourtant pas relégable, gêne. Mais arrivé à un tel niveau, le complot dépasse la Ligue et les esprits doivent être éclairés. Que représente donc Guy Lacombe pour qu’on lui mette tant de bâtons dans les roues.

Retour en arrière : Le petit Guy, aujourd’hui 53 ans, a été élevé à la dure dans son Aveyron natal. Dès l’enfance il a dû se frotter au désert intellectuel,culturel et sportif du département le plus naze de France après les Bouches du Rhône. Le tout en se baladant dans une campagne horriblement vide, vêtu de guenilles paysannes et nourris de biberons d’aligots arrosés de gros rouge.

Mais le terrible secret se trouve ailleurs. La vingtaine arrivant, au milieu des années 70 il caresse le rêve et le désir intime de devenir célèbre dans la France entière. Une forme de revanche sur l’Aveyron. Et il ne veut y arriver que d’une seule façon : la télévision. De télé-crochets en auditions, Guy se retrouve dans les petits papiers de FR3.

Et c’est là que tout part de travers. La dernière sélection se passe mal, et c’est un inconnu sans moustache qui lui sera préféré. On lui piquera presque son identité : c’est Jean-Pierre Descombes qui a eu le poste et qui sera adulé par les masses. Guy Lacombe ne présentera jamais les Jeux de Vingt Heures. Ill n’aura pas sacrifié à maître Capello sa pilosité à la fois fine et virile qui fera de lui l’entraîneur le plus désirable de L1.

Une légende dit que si Wiltord est aussi peu utilisé par La Moustache, c’est parce qu’il jouait en douce avec Didot au ni oui ni non à la mi temps la saison dernière. Qu’importe, la célébrité et la télé seront ses promises, et cela passera par le foot. Le porno était aussi envisageable en 1977, moustache oblige, mais le scène hard core Aveyronnaise n’était pas encore à son apogée, qu’elle connaîtra quelques années plus tard avec "Vaseline moi à l’aligot vieille chienne". Un chef d’oeuvre digne des grands Lemieuvre.

Pendant ce temps là, aucune épreuve ne sera épargnée à La Moustache. Joueur, il passera par Nantes, Lens, Tours même... On dit que Desrousseaux, le gardien Tourangeau, s’est laissé pousser la moustache en hommage à Guy. Entraîneur, il passera par Cannes, ses vielles rombières à caniches et ses beaufs à moitié italiens, puis partira pour Toulouse pour ne pas frayer avec Luis la sucette. Grave erreur : tout le monde sait qu’il n’y a pas de club de foot à Toulouse. Viendra Guingamp, de la pluie et du froid. Puis émoustillé par le succès, Sochaux, encore plus de pluie, encore plus de froid, et une Peugeot en voiture de fonction. Ensuite Paris, la merde à gros kilos. Encore une erreur de casting : comment imaginer que les paillettes s’accommoderaient de La Moustache. Mais partout où il passe les résultats lui donnent raison, même les mauvais.

Enfin, il atteint la terre promise : le Stade Rennais. Il en fait un club à son image : sexy et rude. Salma Hayek n’a-t-elle pas honorée de sa présence l’équipe au jeu si chatoyant et aux joueurs dont la beauté n’a d’égale que la soif de vaincre. Et ne serait-elle pas secrètement venue que pour contempler La Moustache, dont l’aura fait frémir les scientologues ? Mais encore et encore insatisfait, il rumine sa colère, s’imaginant distribuant des petits papiers de noël au milieu de Sim, Jacques Balutin et Patrick Topaloff. Cette moustache, c’est aussi un peu la leur.

Secrètement, il va voir le grand marabout Breton Jean Houphouët Bedel Keruzorec. Ils scelleront ce pacte : jamais homme en noir n’aura le dernier mot face au grand Guy. Sacrifice de porcs noyés dans le lait ribot ou étouffés à la galette à l’appui, ils seront captifs du ni oui ni non vaudou, le mystérieux Péno ou pas Péno. Cela lui permettra d’apparaître comme bon lui semble à la télé et sur les ondes pour prêcher. Même sur RMC.

A la lumière de ces évènements le penalty imaginaire du Havre s’explique. Désenvoûté par Thiriez, fin connaisseur des magies et sorts pileux, Lannoy a vengé ses camarades en voyant une faute saugrenue sur Hénin dans la surface. Et Guy a compris. On veut encore une fois l’empêcher de réussir, de mettre les sous dans le nourrain. Le maître Capello de la Ligue veut sa peau. Ill ne l’aura jamais. Et qu’on se le dise, cette année le Stade Rennais finira dans les quatre premiers de L1. Et gagnera la coupe de France. Mon bon cousin.

Miguel Morvano






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