La venue du Corse
3 juin 2009 à 23:15
Je prononce ce titre avec beaucoup de respect, les insulaires ayant assez mal perçu la fiction pondue par Jacques Audiard « Le prophète », film qui aurait dû avoir la Palme comme Rennes la Coupe, et fiction mettant en scène les rapports assez spéciaux entre les arabes et les Corses dans la pègre. Antonetti va donc remplacer notre moustache, elle ne nous manquera pas, lui qui eut, en son temps de gloire, le scalp de joueurs aussi essentiels que Pagis, Wiltord et Didot et qui fit, pour finir, des « Reds and Blacks » une équipe de tueurs sans la moindre imagination.
Certes, Guytou a redressé la barre d’un navire en détresse, mais ses derniers mois de capitaine ont ressemblé à une dérivation mortelle, avec rationnement alimentaire. L’Aveyronnais part sur une sévère raclée, un naufrage à Marseille, avec Jérôme Leroy dans le rôle de l’impuissant maître-nageur face à la marée phocéenne. Mais dans le coeur des supporters, l’épitaphe lacombien restera cette lamentable sortie sur les supporters manipulés par la presse et réclamant à cors et à cris Mika le magicien en finale de Coupe de France.
Avec l’arrivée de l’actuel coach de Nice, voilà une venue bien improbable, nous l’aurions plutôt vu du côté de Marseille ou alors, tentant le tout pour le tout dans le sauvetage du football corse. Le chauve furieux a sans doute eu maille à partir avec le milieu, peut-être a-t-il eu le malheur de mettre sur le banc d’une boîte quelques Mémé Guérini ou Gaetano Zampa de la côte. Au fur et à mesure que le club grandit, il attire des techniciens du sud : Lacombe le non lyonnais, Dréossi et maintenant Antonetti. Pour quel football ?
Un jeu rugueux, avec des couilles, de l’engagement, des gueulantes sur le bord du terrain. Mais nous aurons sans doute plus de nerf, d’agressivité et de moment de furia capable de faire basculer notre destin. Le Chauve pourrait être un homme de mission. Réveiller Hansson, qui a basculé dans le monde des mort-vivants depuis son retour de blessure, et le maintenir sous tension pendant 90 minutes. Terroriser Thomert et faire que cette grande mante religieuse retrouve l’A1 et les corons qui lui avaient si bien réussi ...
D’ici la reprise, l’anonymat va recouvrir les bords de la Vilaine, pas de coupe d’Europe, pas de matches enfiévrés contre le Dinamo Bucarest, Brann Bergen ou le FC Bâle… pas de hooligans croates. Une septième place qui nous aurait rempli d’aise à la fin des années 90. Mais le temps passe ...
Fabrizio Mauresco