Gueule de bois rennaise
10 mai 2009 à 21:35
Ils l’ont fait, incroyable, après une nuit de sommeil agitée parcouru par des bières fracassées, des bus de nuit et une taverne guigampaise rendue à ses supporters, il faut se rendre à l’évidence, le stade a perdu le match qu’il ne fallait pas perdre. Une finale, ça se joue avec les tripes, et ça va se chercher, malheureusement, les hommes de Guy Lacombe ont joué avec le frein à main en première mi-temps : timide, faible au contact, un Lemoine cumulant erreur sur erreur, Thomert digne de lui-même et Hansson fidèle à sa lourdeur d’antan.
Que s’est-il passé ? Les joueurs des bords de Vilaine découvraient le grand œuf cosmique en même temps que leurs rivaux d’un soir. Peut-être l’annonce d’un départ imminent de moustache les a-t-il un peu fait perdre leur football ? Mais que sont tous ces entraîneurs nouveaux riches qui annoncent eux-même leur départ avant le terme de la saison et qui pensent surtout à se payer sur la bête ? Qui sont ces hommes qui tentent de choses qui ne marchent jamais ? A savoir les passes avé maria dans le paquet et remplacer trois milieux par trois attaquants en fin de partie.
Que pouvait faire un Pagis acclamé par la foule rennaise à un quart d’heure du terme ? A court de forme, pas de miracle, et il n’y est pour rien, le diamant a été gâché. Hansson et M’Bia ont vu le TGV Eduardo leur passer sous le nez et de la même manière. Auraient-ils compris au troisième but ? Rien n’est moins sûr. Car on aurait pu avoir 3 à 1 voir même 4 à 1.
On se prend a refaire le match : et si la frappe de Leroy avait trouvé les filets plutôt que l’extérieur de la barre ? Et si M’Bia avait gagné son duel ? Et si Thomert(de), un petit surnom gagné à force de bafouer le football, avait perdu une de ses jambes qui ne lui servent qu’à désespérer les supporters « Vilains » ? Et si … et si… et si…. On aurait pu mettre le stade de France en bouteille mais le match s’est joué et Guingamp a gagné, les « paysans » sont de retour et ont mérité leur victoire, techniquement, tactiquement, et nous n’avons que nos yeux pour pleurer et nos gosiers pour boire le calice jusqu’à la Lie. Rennes a la lose accrochée à ses bottes, comme la boue à celles des Guingampais.
La Bretagne était en fête, les supporters costarmoricains sympas, les filles du 22 plutôt joviales et avenantes, au contraire de ses parisiennes si orgueilleuses voulant se faire remarquer mais pas emmerder rue de l’Arrivée, mais nous sommes tristes, la coupe nous était promise, les dieux n’étaient pas avec nous, ils nous ont fait espérer pour ensuite nous retirer le gâteau sous le nez. Triste constat qui vous fait regretter une élimination en demie ou une naissance à Strasbourg ou Sochaux , villes au football triste mais au palmarès dépucelé depuis 71. Et encore, en tant que Rennais de Panam, on n’a pas eu à se taper un voyage retour morbide en TGV.
Fabrizio Mauresco