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Les auteurs de ce blog ont passé leurs tendres années dans la misère footbalistique (les années ascenseurs). Aujourd’hui, affalés dans leur stade de nouveau riche, ou bien à distance, derrière un écran de la Capitale, ils savourent l’ascension des Rouges et Noirs en sirotant une bonne Pinaultcolada.

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Et Nino vint pour…

21 avril 2008 à 15:02 Et Nino vint pour…

Il est des matches comme des saisons, elles se ressemblent et pourtant. On s’attendait à un 0-0 des familles au terme d’une première mi-temps ou Jérôme Leroy de la route de Lorient, Pagis le chat, Thomert Sisley, et M’bia le fondu de la tête, marquèrent les esprits en manquant des occasions plus ou moins immanquables. Mais il fait beau dans les stades d’Avril et la clémence du temps fait que le spectateur se montre plus magnanime avec la maladresse de ses héros. Plus agressé par un vent traître, le temps additionnel n’est plus vécu comme une souffrance.

Reste que Rennes ne gagnait pas et la galette saucisse ne passait pas. Un relent de moutarde dans le bec qui passait avec beaucoup de parcimonie devant la gente féminine égarée dans le stade.

La seconde mi-temps vit les hommes du ch’nord remonter le terrain et avec leurs deux flèches discrètes et efficaces, Saez et Savidan, faire trembler le supporter breizhou. Une équipe à ne pas négliger, dans le ventre mou du championnat, mais capable d’abattre tout prétendant à un accessit en fin de championnat.

La venue du VAFC en octobre 2007 avait marqué le début de la fin pour les prétentions rennaises à un titre en 2008, 37 ans après la bande à Cadiou. Les chnordistes gagnèrent deux à zéro contre les rouges et noirs et sortirent les rohazonnais de la coupe France-télévision. On commença à pleurer. Début décembre, la défaite à Nungesser fit cette fois tomber le couperet. Rennes avait bien perdu les repères qui l’avaient fait lorgner sur le podium.

Mais revenons à nos moutons de Pâques, le match. Devant une bière éventée, je m’endormais comme la jeunesse de France, dixit le grand philosophe français post-moderne, avant que Nino ne revienne sur le terrain de ses premiers amours, à la place de Mika le chat, if six was nine dixit un certain guitariste gaucher natif de Seattle. Entré à la 72e, il la poussa au fond six minutes plus tard parachevant un mouvement orchestré par Lemoine.

Avec ses 21 ans (génération 1987) et ses cheveux blancs, il y a bien du Toulalan chez ce joueur. Que Didot ait été éjecté de l’équipe première pour l’aider dans ses premiers pas avait freiné notre enthousiasme devant l’éclosion du moinillon, mais force est de constater que ce ratisseur-relanceur–véritable élastique voguant entre les lignes du milieu- n’a rien d’un usurpateur poussé par Mr Moustache. Didot acclamé et chanté n’est donc pas rentré, à l’inverse de Wiltord.

L’enfant prodigue revenu d’un grand voyage, un peu amaigri mais pas miné plus que ça par le traitement que lui a fait subir la Pénélope moustachue, a confirmé son revival entraperçu à Lyon. Nino est back dans la place. Que Guy tranche enfin en faveur de la star des bords de la Vilaine, et éjecte le médiocre Thomert de son onze pour faire une place à un vrai footballeur.

Dans une fin de match peu palpitante, le Stade se divertit en encourageant les « cousins » caennais. L’anti-parisianisme est la valeur la mieux partagée en Province, comme en a attesté la transformation de la Beaujoire mercredi en tribunes animées façon Intervilles, où la France de Jean-Pierre Pernaut jouissait devant le spectacle d’un PSG tourné en ridicule par les bons gars du village.

Rennes remonte au septième rang et peut toujours aspirer à cette cinquième place vraisemblablement européenne, mais la lutte sera âpre. Lille revient fort et est redevenu cette équipe vorace que personne n’aime affronter. Saint-Etienne est en pleine bourre. Quant à Le Mans, la qualité de son football se maintient. L’équipe à Guitou est sans doute condamnée à enchaîner les victoires pour se lancer dans une nouvelle campagne européenne. Didot, l’étendard rouge et noir, sera t-il encore là ?

Fabrizio Mauresco






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