Bordeaux prend Rennes à l’ancienne
6 avril 2008 à 16:48
Il fallait bien payer la générosité des arbitres à Monaco et contre Marseille. Ceci est fait, car Bordeaux a bien manœuvré hier après-midi contre Rennes. Le mach de 17 heures 10, heure de la sieste du sabado, a montré que les men in black peuvent être versatiles. Deux penaltys oubliés, une main qui a échappé à la vue trouble de monsieur l’arbitre, et un attentat contre Briand. Résultat : la défaite, un recul au classement et une preuve évidente, Rennes a encore du chemin à faire pour prétendre incorporer la queue du trio de tête, occupée par des équipes aux fondamentaux autrement plus solides que ceux des Rouges et Noirs.
Sans Cavenaghi, buteur express et sans Micoud, champion de France du judo sur gazon, les Bordelais ont gagné et se sont rapproché de la Champions League. Une place de figurant bien rémunéré mais qui pourrait les plonger à nouveau dans le ridicule s’ ils ne font pas gaffe. Se rappeler l’atone épopée girondine de la saison dernière.
Les deux buts résument bien le match : le premier superbe, on ne peut rien faire, et le second, casquette à l’envers, et Hansson spectateur sans pouvoir. De la casse coté rennais, deux blessés. Avec Jurietti en face, quoi de plus normal. Les citoyens girondins ont été réalistes, froids, imperturbables, comme au bon vieux temps de Ricardo, quand le jeu se fermait sur les illusions adverses. Nino est revenu, en cours de match (54e minute), mais n’a pu peser sur le résultat final. Lacombe, avec l’infirmerie qui se remplit ne peut plus faire de jeunisme à son encontre. A Nino maintenant de repousser dans sa tête les affres de la retraite.
A la Taverne guingampaise du quartier Montparnasse où j’ai vu le match sur écran géant un peu trouble, peu de remarques, comme si le résultat était connu d’avance, comme si cette victoire semblait impossible à imaginer. Monter trop haut, trop tôt, le Stade se devait de redescendre, pour ne pas que pointe de nouvelles illusions, et les grandes désillusions qui les accompagne en aval. Rennes pourrait sans doute aspirer à mieux, mais les choix de Lacombe circonscrivent clairement les ambitions du Stade. Son équipe est taillée pour battre plus petit qu’elle, pas pour rivaliser avec les grands.
Pour battre Lyon, samedi prochain, le onze titulaire devra pourtant avoir une autre épaisseur. Didot à la place du trop terne Cheyrou, ou du trop jeune Lemoine, et puis de l’ambition avec un attaquant supplémentaire (à la Gerets), en l’occurrence, Sylvain Wiltord. Aujourd’hui, il apparaît compliqué de contester le bilan de Moustache. Mais au-delà du strict plan comptable, on peut craindre que sa tendance à écarter des tauliers sans vraiment que l’on sache pourquoi, finisse par faire fuir Didot et Wiltord, qui devait pourtant finir sa carrière en Bretagne. Le match contre Lyon pourrait s’avérer décisif sur ce point.
Fabrizio Mauresco
» Bordeaux prend Rennes à l’ancienne · 6 avril 2008 17:57 | |
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