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Pour la réhabilitation de Ricardo

21 octobre 2009 à 19:40 Pour la réhabilitation de Ricardo

Pour cette deuxième partie consacrée au Grand After de RMC, j’aurais pu vous parler d’Auxerre, de la demi-heure de vérité de Loulou Nicollin, du concept de Petit Quatre ou même de l’équipe de France. Il aura suffit d’une phrase de Daniel Riolo, lâchée en pleine discussion sur l’AS Monaco pour me lancer dans un débat qui semble jouer d’avance. La citation incriminée : "De toute façon, il est très difficile de faire pire que Ricardo". J’aurais aussi pu choisir le "Guy Lacombe a transformé cette équipe" lâché par Gilbert Brisbois. Une unanimité étonnante contre un entraîneur qui, en deux cycles de deux années, a relancé deux clubs historiques qui partaient à la dérive dans le championnat de France. Je me sens du coup obligé de rafraîchir vos mémoires.

Sept après son expérience au Paris Saint-Germain, Ricardo fait son retour en France par la Gironde en juin 2005. Il reprend un groupe traumatisé par deux années de lutte pour le maintien et dont les cadres, Ramé excepté, ne dépassent pas les 24 ans. Pas besoin de parler des moyens mis à sa disposition, Bordeaux est alors en pleine période de rigueur et le technicien brésilien doit se contenter du peu de moyens mis à sa disposition pour recruter. Son expérience (ratée) de sélectionneur des Espoirs du Brésil et d’entraîneur à la Juventude l’amène à se faire prêter Fernando, alors perdu à Catane dans les méandres de la Série B italienne. On connaît la suite, cette première saison du Brésilien sera considérée comme sa meilleure sous le maillot bordelais. Il finit même appelé en sélection. Cet été-là, il va aussi chercher Henrique (troisième choix après Naldo et Fabao), et tente de relancer Denilson. Histoire de redonner confiance à ses joueurs (on est toujours plus sûr de soi sur un terrain lorsqu’on sait que l’on ne prendra pas de buts), Ricardo bâtit un 4-4-2 attentiste et qui compte sur la vitesse de Faubert ou de Darcheville en contre-attaque. La recette fonctionne à merveille, Bordeaux ne regarde plus derrière, termine deuxième et promet de proposer autre chose la saison suivante.

Malheureusement, et c’est là le seul reproche que je trouve à faire au Brésilien, Bordeaux ne parvient pas à confirmer lors de la saison suivante. Malgré l’arrivée de Micoud, les moyens semblent toujours réduits à leur minimum et Ricardo doit se contenter d’un troisième choix au poste de milieu gauche : Geraldo Wendel. Pour la petite anecdote, à l’époque, Nênê était le premier Brésilien sur sa liste... Clairement limités en Ligue des Champions, les Girondins ne sont plus aussi efficaces en championnat. Malgré quelques étincelles, le beau jeu promis n’est pas là et les résultats ne suivant plus, l’ambiance se détériore quelque peu au sein du groupe. Au final, Bordeaux termine sixième après avoir loupé la Ligue des Champions sur un penalty manqué par Fernando. Ricardo s’en va sur le Rocher. Laurent Blanc débarque. A l’inverse d’un vulgaire Deschamps (oui, provocation), il conserve les bases laissées par son prédécesseur et y ajoute sa petite touche. Bien aidé par son aura médiatique, il se permet même un coup de gueule pour que ses dirigeants lâchent quelques millions supplémentaires pour s’offrir Alou Diarra, une chose que Ricardo n’a jamais su/pu faire. Deux saisons et un titre plus tard, l’héritage de Ricardo est toujours là, personnifiés par Fernando et Wendel.

Bordeaux relancé, il rallie donc Monaco pendant l’été 2007. Trois ans sa finale de Ligue des Champions, le club princier se traîne péniblement dans le ventre mou du classement. A l’inverse de Bordeaux, l’effectif est vieillissant et sur la pente descendante. La reconstruction s’annonce beaucoup plus longue donc. En deux saisons, il choisit de rajeunir considérablement l’effectif en lâchant Koller, Bernardi et consorts pour faire confiance à son centre de formation. En plus de Nênê qu’il peut enfin s’offrir (c’est bien le seul qu’il semble avoir pu imposer), l’exercice 2007/2008 lui permet d’intégrer les jeunes Ruffier, Gakpé et Bakar dans la rotation de l’effectif professionnel. Je ne vais pas jouer les faux-culs, à ce moment-là, Monaco produit un jeu qui s’approche régulièrement du dégueulasse et, à l’inverse de Bordeaux, la solidarité n’est pas d’actualité derrière. Résultat, les Monégasques terminent à la douzième place du championnat avec sept points d’avance sur le premier relégable, quasiment sauvés par les Sud-Américains pêchés lors du mercato d’hiver (Gonzales et Almiron qui se sont contentés d’un passage éclair, faute de moyens). Histoire de ne pas faciliter les choses, Monaco profite de la fin de saison pour s’offrir un petit changement d’organigramme qui oblige Ricardo à écouter quelques conseillers en transfert pour conserver sa place.

Adu et Park débarquent pour vendre des maillots, Simic et Muller pour éviter de trop dépenser et Alonso et Gosso pour calmer l’entraîneur brésilien. Résultat, Ricardo se tourne encore un peu plus vers le centre de formation de l’ASM et décide de prendre de vrais risques en donnant certains postes-clés à sa jeune garde. Tourné en ridicule en début de saison, Nicolas N’Koulou, 19 ans, termine la saison titulaire en défense centrale aux côtés de Cédric Mongongu, de neuf mois son aîné. Les deux hommes se font remarquer lors des matchs sans enjeu de la fin de saison en dominant dans le jeu Karim Benzema et Marouane Chamakh, deux des trois meilleurs attaquants du championnat à l’époque. Un peu plus sur le tard, des joueurs comme Gosso et Licata se révèlent eux aussi dans l’entrejeu et en attaque. Moqué lors de son arrivée en début de saison, Park s’éclate à la pointe de l’attaque monégasque et affiche dès le mois de mai dernier le niveau de forme qu’il tient depuis le début de saison. Avant d’être ennuyé par les blessures, le jeune Mollo explose lui aussi sur le Rocher mais la plus belle progression à mettre au profit de Ricardo est celle de Juan Pablo Pino, littéralement injouable à partir du printemps dernier. Dommage que les blessures le privent d’une explosion que l’on aurait pu prévoir pour cette saison.

Ce travail de formation terminé, la nouvelle version de l’organigramme du club a prié Ricardo d’aller voir ailleurs, faute de contrat non-renouvelé. Notre sujet de débat est retourné au Brésil chez le champion en titre, Sao Paulo. Guy Lacombe l’a remplacé. Et comme à Bordeaux deux ans plus tôt, les dirigeants ont ouvert les vannes question moyens (Coutadeur, Gudjohnsen). A l’instar de Laurent Blanc, le coach à la moustache profite aujourd’hui des jalons posés par son prédécesseur qui avait fait de l’ASM une équipe qui excellait en contre-attaque. Avec des flèches comme Park, Pino et Alonso, c’est tout de suite plus facile. Au rayon des joueurs promus par Ricardo, Mongongu est aujourd’hui indiscutable en défense et N’Koulou est un titulaire régulier devant celle-ci ; seul Pino, en partie gêné par les blessures, n’a pas encore trouvé grâce aux yeux de l’ex-entraîneur du Stade Rennais. L’ayant souvent vu jouer, ça ne saurait tarder... Mais c’est vrai que quand on récupère un joueur comme Nênê, l’absence du Colombien passe peut-être au second plan. Aujourd’hui, si Bordeaux et Monaco, deux historiques de la L1, font leur retour dans le haut du classement, c’est en (grande) partie au travail de Ricardo. Voilà le discours qui devrait faire école concernant ce second passage du Brésilien en tant que manager en France.






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» Pour la réhabilitation de Ricardo · 22 octobre 2009 16:43

Tout à fait d’accord avec l’auteur de l’article. Ricardo est un tres bon entraineur. Le traitement dont il fait preuve est assez incompréhensible... Esperons qu’il revienne un jour entrainer en france ou en Europe !

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