Le Barça force six
9 janvier 2010 à 14:04Joyeuses fêtes, bonne année, bonne santé et tout le reste ! Pour ce premier billet de l’année 2010, j’ai décidé de vous parler de la meilleure équipe de la planète. Supercoupe d’Espagne, Coupe du Roi, Liga, Ligue des Champions, Supercoupe d’Europe et Mondial des Clubs, dix-huit mois après sa prise de fonction à la tête de l’équipe première du FC Barcelone, Pepe Guardiola a tout gagné... sauf la Ligue Europa et la Jupiler League mais il est tout excusé. Dès lors, au moment du bilan de l’année 2009, il est impossible de passer sous silence son sixième et dernier succès avec les Blaugranas face à l’Estudiantes de la Plata en finale du Mondial des Clubs. Ca tombe bien, e-foot.eu en a suivi une bonne partie !
Sur cette rencontre entre deux footballs, le moins que l’on puisse dire, c’est que le Barça n’a pas eu la tâche facile. Habitués à plier certaines de leurs rencontres en une petite demi-heure, les Catalans ont cette fois dû attendre la 88ème minute et l’égalisation de Pedro pour assommer une première fois leurs adversaires. Car jusque-là, l’Estudiantes avait réalisé le match presque parfait. En première période, les vainqueurs de la dernière Copa Libertadores se sont offerts le luxe de rivaliser, voire de dominer, le meilleur milieu de terrain de la planète. A sa décharge, ce dernier était amputé de deux éléments, Touré et Iniesta, mais généralement ces absences ne changeaient rien à la physionomie de la rencontre. Ici, Busquets, Keita et surtout Xavi, inexistant en première période, ont eu toutes les peines du monde à exister. Pourquoi ?
Vous avez sans doute déjà le mot en tête : à cause du pressing imposé par les Argentins. A défaut de chercher la possession de balle, ces derniers s’appliquent à empêcher les relances courtes et dans l’axe, généralement destinées à Xavi. Revoyez Veron montant sur Piqué lorsque celui-ci avance de quelques mètres pour s’ouvrir un angle de passe et vous comprenez vite le projet : couper toutes les liaisons vers le numéro six du Barça et obliger les défenseurs à sauter le milieu de terrain ou à remonter le ballon par les côtés. Dans les deux cas, les défenseurs d’Estudiantes réussissent à isoler les attaquants du Barça. De Messi à Henry en passant par Ibrahimovic, aucun n’arrive à se défaire des prises à deux, voire trois lorsque les lignes argentines se resserrent, et Albil (le gardien) passe une première période plutôt tranquille.
Une fois le ballon dans leurs pieds, les Argentins ont deux cibles prioritaires. Si le ballon est récupéré bas, ils cherchent directement leur avant-centre, Boselli, qui pose des problèmes au duo Pique-Puyol en attendant l’arrivée de ses milieux offensifs sur les seconds ballons. Le but ici est d’empêcher le Barça d’avoir le temps de s’installer dans le camp adverse et de mettre en place son pressing haut habituel. En cas de ballon récupéré au milieu de terrain, les Argentins privilégient la solution Veron qui se charge ensuite d’alerter ses partenaires et dans la profondeur. Le projet de jeu des Argentins, avec ses deux plaques tournantes (Boselli et Veron) en pleine forme, que lorsque Boselli ouvre la marque à huit minutes de la mi-temps, personne n’est surpris. Et lorsque l’Estudiantes retourne aux vestiaires avec l’avantage du score, cela tient de la logique.
Malheureusement pour les Argentins, Guardiola sort l’artillerie lourde à la reprise. Keita sort, remplacé par Pedro. Le futur homme providentiel du Barça s’installe sur l’aile droite à la place de Messi. Le Ballon d’Or 2009 se retrouve lui dans le rôle habituel d’Iniesta, celui d’accélérateur au milieu de terrain. Au passage, j’ai l’impression que c’est ce rôle-là que Maradona souhaite qu’il tienne en sélection vu son positionnement. Bref... Barcelone déroule enfin, s’installe dans la moitié de terrain argentine et très vite, on comprend que ce n’est plus qu’une question de temps pour la tendance s’inverse. L’heure tourne, je dois quitter mon domicile et mon ordinateur, direction le Pub mais avec le live dans la poche. Les occasions pleuvent sur le but d’Albil. 88ème : Pedro égalise. Les Argentins sont crâmés. 109ème, Messi termine le taf de la poitrine. Logique, prévisible mais avec plus d’émotion que pour un match d’une demi-heure.
On s’est assez extasié pendant toute la saison sur la force de frappe exceptionnelle du Barça, son jeu magnifique et sa solidarité derrière. Six compétitions jouées, six titres, il n’y a rien à redire, c’est exceptionnel et tout le monde le reconnaît. Il y a une chose que l’on oublie en revanche, c’est ce qu’a fait Guardiola pour y parvenir. Tactiquement, les grandes lignes étaient déjà posées à son arrivée et, étant de la maison, il n’allait pas en changer. Le plus, Guardiola l’a apporté dans la gestion de son groupe en montrant la porte aux caractères et autres fêtards (Eto’o, Deco, Ronaldinho...). Aujourd’hui, aucune tête ne dépasse du collectif catalan. Même Ibrahimovic est rentré dans le moule barcelonais. A double tranchant, ce formatage magnifique peut se transformer en fardeau lorsqu’un autre entraîneur décide de vous libérer. Qui a dit Leo Messi ?
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