Camembert Orange

05/07/2012

« Chacun regarde un champion toujours un peu différemment une fois qu’il a gagné le titre ». Ce champion c’est LeBron James, celui qui l’adoube, c’est Larry Bird. Deux triples MVP, et pourtant avant le début de ces Playoffs 2012, LeBron était encore sujet à de multiples interrogations sur ses réelles capacités à porter une équipe jusqu’au trophée Larry O’Brien. Deux finales perdues, des quatrièmes quart-temps foirés contre Dallas et une pluie de critiques depuis le mélodrame « The Decision », avant cette saison, le Kid d’Akron partait de loin, et à vrai dire, peu de gens pariaient sur une telle métamorphose. Car même si le titre le fait entrer dans une nouvelle dimension, c’est sur le plan mental que LeBron a effectué le gros du travail. On a retrouvé le gamin qui aimait le jeu plus que l’enjeu, cette joie de vivre et de jouer qui ont fait de lui un héros pour toute une ville.

Ce panache qui a permis au triste Ohio de vibrer pendant quelques années derrière son plus beau représentant, LeBron l’a retrouvé du côté de South Beach. Il le dit lui-même, il s’était perdu, entre regrets d’avoir annoncé sur ESPN aux supporters des Cavs qu’ils étaient cocus et les promesses tenues lors de la petite fête organisée pour la présentation des Three Amigos (Not two, not three, not four…). Ces critiques accumulées, il n’avait pas su les gérer et les utiliser pour franchir un palier à Miami. « L’an dernier, j’essayais de prouver quelque chose et je jouais avec beaucoup de rancœur », raconte-t-il à ses copains d’ESPN. Une rancœur qu’il n’a pas su ravaler et qui a pesé sur sa saison jusqu’à la finale 2011 et sa défaite face au Mavs de Dirk Nowitski. Plus qu’une défaite sur le plan sportif, c’est l’homme qui fut touché, le Chosen One courrait toujours après son destin et on commençait déjà à dire qu’il terminerait au Panthéon des looseurs/chasseurs de titres, aux côtés de Karl Malone et Charles Barkley.

« J’ai dû me regarder dans la glace et me dire que je devais être meilleur sur et en dehors du terrain. »

LeBron se regarde dans la glace, sa calvitie gagne du terrain, mais ce n’est pas ce qui l’inquiète le plus. Il sent que quelque chose doit changer s’il ne veut pas finir comme Barkley. La saison du lock-out sera la sienne, il veut reprendre du plaisir sur le terrain, et retrouver le basket flamboyant qui était le sien quand il amenait les porteurs d’eau Booby Gibson et Sasha Pavlovic jusqu’aux finales NBA en 2007. Car il n’a plus aucune excuse, il a rejoint ses potos à Miami et connait l’expérience des finales. Alors, il réfléchit, remonte un peu son bandeau sur son front, bien décidé à faire mentir tous ses haters devenus presque aussi nombreux que ceux de Raymond Domenech. Premier match de la saison, il démonte Dallas, le premier jour du reste de sa vie sonne comme une petite revanche. Dwyane Wade et Chris Bosh blessés, plus besoin de se demander qui est le taulier du Heat. LeBron joue tous les matches, certes les quatrièmes quart-temps posent toujours question mais l’essentiel est là. LBJ fonce comme une balle droit vers les playoffs, et au passage rappelle à toute la ligue que personne n’est capable de poser les mêmes statistiques que lui. Un troisième titre de MVP, 27 points de moyenne, 8 rebonds, 6 passes, 2 interceptions, 53% au tir. Les mêmes stats qu’il y a un an quand Derrick Rose l’empêchait de réaliser le threepeat. Les mêmes stats, mais une attitude bien différente, le prodige est devenu grand, il demande à ses 14 coéquipiers de le rejoindre lors de la remise du trophée. Le Chosen One la joue collectif au moment où il rejoint le club très sélect’ des triples vainqueurs du trophée de MVP de la saison, classe.

Mais l’important est ailleurs, il veut vaincre son alter-égo ; le fantôme qui ne scorait que 11 points dans les quatrièmes quarts des dernières finales. Pour remporter son premier titre, il se doit d’être décisif. LeBron prend ses responsabilités alors que tout le monde s’accorde à dire que ce Heat est prenable. Les Knicks de Melo et Stoud, pliés en cinq petits matchs, 4-1. Boshi Bosh se pète les abdos contre les Pacers, on se dit alors que la raquette du Heat va prendre cher. Il n’en est rien. Après un mauvais départ, le Heat s’impose avec un James monstrueux dans la peinture. 4-2. Arrive la finale de conférence, les Celtics rêvent de martyriser encore une fois LeBron, mais le King va effacer le cauchemar de 2010. Garnett à beau utiliser toute sa palette de trash-talking, rien n’y fait. LeBron claque 45 points et 15 rebonds dans le Game 6, une performance historique et une victoire finale 4-3. Le Heat avance vers les finales NBA, BronBron lui, est devenu le patron. Face à Miami, le Thunder d’Oklahoma City. La ville, un petit marché en plein essor qui possède le taux de chômage le plus faibles des Etats-Unis, une salle remplie de passionnés qui ne vivent que pour leur équipe. James Harden, Serge Ibaka, Russell Westbrook et Kevin Durant, l’avenir doré de la ligue. OKC, un exemple à suivre pour tout le monde, tout le contraire de l’enfant gâté d’Akron dépeint depuis The Decision. Dans ces finales, OKC est chaud, remporte le premier match à la maison et on se dit alors que la partie sera bien difficile pour LeBron et ses amigos. Surtout après avoir mené une bonne partie de la rencontre. Pour le Game 2, les Floridiens voient de nouveau l’écart d’un début de rencontre bien maitrisé fondre peu à peu, mais cette fois ci, le Heat tient bon. Un déclic pour LeBron & Cie.

L’avantage du terrain revient à Miami et la série peut se terminer en Floride. Le Game 3 est bien maitrisé. Le Game 4 est un symbole, LeBron tourne alors à plus de 30 points et 10 rebonds de moyenne, parait intouchable et attaque plus que jamais le cercle. Le quatrième-quart temps arrive et patatra, LBJ s’écroule sur une pénétration, se tient la jambe et doit sortir. Alors que Georges Eddy s'excite, on se dit que c’est une nouvelle fois la quatrième période qui va l’emporter. Pourtant, quelques instants plus tard, LeBron plante une banderille décisive à 3 points en fin de possession et fait passer toutes les analyses basket des deux dernières années pour des vulgaires discussions de comptoirs. Le match 4 est plié, mais le chef d’œuvre de James n’est pas terminé. Il a l’oppotunité d’offrir le titre à Miami et ne va pas s’en priver lors du Game 5 à la maison. 26 points, 13 passes et 11 rebonds, un triple-double qui offre la victoire dans les finales. Une performance que seules 4 joueurs avaient réussie par le passé. LeBron James remporte la même année le titre de champion, celui de MVP et celui de MVP des finales.

LeBron James a surpris son monde en faisant fi des critiques et de ses récents échecs pour revenir à l’enthousiasme de ses premières années dans la ligue. Une première couronne donc pour King James et un accès VIP pour la cour des grands. Le prochain défi sur la liste : aller les titiller et s'en rapprocher encore. Mais que les Bird, Jordan ou Magic ne s’inquiètent pas, ils ont encore quelques longueurs d’avance.

Guillaume Dovale


Votre compte sur SOFOOT.com

0 réaction ;
Poster un commentaire


0 réaction :
Poster un commentaire