Atahualpa futbol

26/07/2013

Du 15 juin au 4 juillet 1993 a eu lieu en Equateur la 36ème édition de la Copa America. L’Equateur avait déjà accueilli la prestigieuse compétition sudaméricaine, en 1947 et 1959, sans vraiment briller, hormis en 1959 où emmenée par Alberto Spencer (attaquant du Peñarol et meilleur buteur de l’histoire de la Copa Libertadores), la sélection « tricolor » avait terminé à la 4ème place, sa meilleure performance.

En 1993, l’Equateur accueille le gratin du football sudaméricain sur son territoire : Francescoli (Uruguay), Müller et Palhinha (Brésil), Zamorano (Chili), Chilavert et Cabañas (Paraguay), Batistuta (Argentine), Asprilla et Valderrama (Colombie), Luis Garcia et Jorge Campos (Mexique) sont les stars présentes sur ce tournoi.
L’Equateur est alors une nation mineure du football sudaméricain. N’ayant encore jamais participée à une phase finale de Coupe du Monde, l’Equateur est une sélection nationale qui ne sert qu’à entretenir la forme des attaquants adverses. En 1991, lors de la Copa America organisée au Chili, l’Equateur n’avait remporté qu’un seul match en quatre rencontres.

Pourtant, les choses bougent avec l’arrivée d’un technicien yougoslave à la tête de la sélection. Dusan Draskovic, ancien joueur de l’OKF Belgrade et de la Vojvodina, prend ses fonctions en Equateur en 1988. Dès sont arrivée, Draskovic prend les choses très à cœur et parcourt alors tout le pays afin d’avoir une vision d’ensemble du football national. Il observe les joueurs de première division, assiste aux rencontres et fait rapidement appel à de jeunes joueurs, parmi lesquels ceux qui constitueront la génération dorée de la deuxième moitié des années 1990. Il insiste aussi auprès de la Fédération Equatorienne de Football sur la nécessité d'investir dans des infrastructures et de miser sur la formation. La FEF prendra très au sérieux ses conseils et c'est à cette même époque que se développent centres de formation et écoles de football.
Pour la Copa America 1993, Draskovic convoque donc en sélection quelques joueurs qui seront des piliers du football équatorien.

Ivan HURTADO

src="https://www.sofoot.com/data/sofoot_blogposts/149755/ivan-hurtado-quiere-a-ecuador-dentro-de-la-segunda-fase-del-mundial.jpg"/>
Né en 1974 à Esmeraldas, sur la côte Pacifique de l’Equateur, dans une région imprégnée de la culture afro-équatorienne, Ivan Hurtado est le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection équatorienne. Âgé de 18 ans lors de la Copa America 1993, Ivan Hurtado est international depuis l’âge de 17 ans. Repéré par Dusan Draskovic, Ivan Hurtado évolue alors à l’Emelec. Milieu de terrain défensif, Draskovic le fait reculer en défense centrale en sélection, un poste qu’il ne lâchera plus. Ivan Hurtado a fait l'essentiel de sa carrière au Mexique (Celaya, Tigres, Querétaro et Pachuca) et n'a joué en Europe qu'une seule saison, en 2004 à Murcia. Il était le capitaine de l'Equateur lors de la Coupe du Monde 2006. Très bon joueur au marquage, taclant rarement (Ivan Hurtado était un grand spécialiste de la « défense-debout ») et charismatique, Hurtado est aujourd’hui député à l’Assemblée Nationale équatorienne pour le parti de gauche Alianza Pais, du président Rafael Correa.

Angel FERNANDEZ
src="https://www.sofoot.com/data/sofoot_blogposts/149755/fernandez-angel-2002.jpg"/>
Angel Oswaldo Fernandez est né en 1971 à Machala. D’abord joueur du River Plate de Riobamba puis du Green Cross de Tosagua, Angel Fernandez signe en 1992 à l’Emelec, le club dont il a toujours été supporter. Milieu de terrain rapide, agile et très bon passeur, Fernandez devient une pièce maîtresse d’un Emelec qui domine alors le football équatorien. Draskovic fait appel à Fernandez en sélection où il apporte son dynamisme et devient le complément idéal d’Alex Aguinaga, le maître à jouer de la « tricolor ».

Alex AGUINAGA
src="https://www.sofoot.com/data/sofoot_blogposts/149755/aspwcp092.jpg"/>
Âgé de 24 ans en 1993, Alex Aguinaga est déjà une star dans son pays quand Draskovic prend la tête de la sélection. Formé au Deportivo Quito où il était utilisé comme second attaquant, Aguinaga joue depuis 1989 à Necaxa, au Mexique. Là-bas, utilisé comme un vrai numéro 10, celui qui avait suscité l’intérêt de Fabio Capello, alors entraîneur du Milan AC, devient une immense star. Avec Ivo Basay, Luis Hernandez et Garcia Aspe, il remporte les championnats mexicains 1995, 1996 et 1998. Très bon technicien, grand dribbleur et spécialiste des coups-francs, Alex Aguinaga sera considéré comme l’un des meilleurs meneurs de jeu sudaméricain tout au long de sa carrière. Méconnu en Europe, il a participé au premier Mondial des Clubs, en 2000, au Brésil, où il marque deux buts et inscrit son penalty contre le Real Madrid durant la petite finale qui s’est terminée aux tirs au but. Alex Aguinaga devient une pièce importante de l’équipe de Draskovic, une équipe dont le jeu discipliné et en une touche de balle convient à un Aguinaga qui inscrit deux buts dans la Copa America 1993. Alex Aguinaga sera de la partie lors du Mondial 2002 qu’il dispute alors qu’il a 34 ans. Aguinaga c’est 109 sélections et 23 buts marqués entre 1987 et 2004 ainsi que 473 matches disputés avec Necaxa et 84 buts inscrits.

Eduardo HURTADO
src="https://www.sofoot.com/data/sofoot_blogposts/149755/eduardo-hurtado.jpg"/>
Eduardo Hurtado fut le premier choix en attaque de Dusan Draskovic, avant que celui-ci ne porte plus tard son dévolu sur Agustin Delgado. Eduardo Hurtado est né en 1969 à Esmeraldas, tout comme son homonyme Ivan Hurtado. Attaquant puissant, surnommé « el Tanque », il fait ses gammes dans des clubs de deuxième division équatorienne (Centro Juvenil, Valdez SC). L’année de la Copa America, Eduardo Hurtado effectue un passage décevant à Colo Colo, au Chili, après un passage à St-Gallen, en Suisse. C’est avec l’Emelec puis les Los Angeles Galaxy, qu’Eduardo Hurtado connaîtra ses meilleures années. Après son passage aux Etats-Unis, E. Hurtado bourlinguera pas mal entre l’Argentine, l’Ecosse, le Chili et l’Equateur. Avec 26 buts marqués en sélection, Eduardo Hurtado est le second meilleur buteur de la tricolor, derrière Agustin Delgado (31 buts).

L’équipe de 1993 comportait aussi quelques joueurs plus anciens, comme Holger Abraham Quiñonez, défenseur centre rasta passé par Vasco de Gama, Barcelona SC et União Madeira (un groupe de ska-punk de Quito a pris le nom d'Holger Quiñonez, j'en parle sur mon blog perso), l’arrière droit Luis Capurro, le gardien Carlos Morales, l’ailier Wellington Sanchez, l'attaquant Raul Ney Avilés et le milieu défensif Hector Carabali. Ensemble, ils ont atteint les demi-finales de l’édition 1993 de la Copa America, éliminés par le Mexique.

Le match d'ouverture est une partie de plaisir où l'Equateur atomise le Venezuela 6-1. Angel Fernandez inscrit un doublé, Aguinaga et E. Hurtado y vont de leur but.

Vidéo


Le match suivant voit l'Equateur battre les Etats-Unis, invités du tournoi, 2-0, des buts marqués par Avilés et E. Hurtado. Dans le dernier match du groupe A, rien n'arrête l'Equateur qui bat l'Uruguay 2-1, un match où "El Tanque" Hurtado et Aguinaga sont intenables : but d'Avilés sur une belle passe en cloche d'Hurtado et un but d'Aguinaga.

Vidéo


En quart de finale, l'Equateur bat le Paraguay 3-0, des buts d'Eduardo Hurtado et Avilés, plus un but contre son camp d'un défenseur paraguayen.

Vidéo


En demi finale, face à un Mexique bien armé, l'Equateur s'incline 0-2, des buts du vétéran Hugo Sanchez et de Ramon Ramirez.

L'Equateur ne trouve pas les ressources pour s'imposer dans la petite finale qui voit la Colombie de Faustino Asprilla l'emporter 1-0.

La finale a lieu à Guayaquil, théâtre du triomphe de l'Argentine de Batistuta (doublé en finale) 2-1 contre les Mexicains.

A l'issue de la compétition, Dusan Draskovic part entraîner au Brésil, puis il ira aussi en Bolivie et au Guatemala, avant de revenir en Equateur comme entraîneur de différents clubs de première division. Il s'occupe depuis quelques années de la formation des plus jeunes et jouit d'un grand respect dans le football équatorien.
La génération de la Copa America 1993 a montré la voie à suivre et la plupart de ces joueurs sont aujourd’hui dirigeants ou techniciens au sein de la Fédération Equatorienne de Football. Le travail de fond effectué par Draskovic additionné à l'éclosion d'une génération talentueuse a posé les bases de la réussite actuelle du football de ce petit andin. Les qualifications pour les Coupes du Monde 2002 et 2006 ainsi que l'arrivée en Europe de joueurs équatoriens capables de s'y imposer (Antonio Valencia à Manchester United et Christian Noboa à Rubin Kazan en sont deux exemples) ne sont pas étrangères à tout cela.


Votre compte sur SOFOOT.com

0 réaction ;
Poster un commentaire


0 réaction :
Poster un commentaire