1. // Euro 2012
  2. // Groupe D
  3. //

Bleus : Le bateau cool

À deux jours de poser ses crampons dans l’Euro "polognukrainien", et suite à des matchs de préparation globalement réussis, l’équipe de France affiche sa détente : cryothérapie, promenade dans le centre-ville de Donetsk, entraînement ouvert au public. Paix, amour et unité.

Modififié
0 3
On n’est pas bien, là, hein ? Paisibles, à la fraîche, décontractés du gland ? Qu’on se le dise, l’équipe de France de football est DÉ-TEN-DUE, à l’approche de son entrée dans l’Euro 2012, ce lundi contre l’Angleterre. Elle est loin, la sélection de 2010, constamment au bord de la rupture d’anévrisme. De Knysna à Kirsha (le centre d’entraînement du Shaktar Donetsk où ils se sont installés), les Bleus veulent montrer qu’ils ont pris l’autoroute de la quiétude. Tant pis si Franck Ribéry avait l’air aussi à l’aise dans son caisson de cryothérapie, sous les flashs des photographes, qu’un missionnaire dans une marmite de cannibales : les joueurs récitent le mantra, la mise en scène est rodée.

Coquetterie et hilarité

C’est ainsi que, alors que le point presse du jour était prévu à 10h30, le staff n’a pas hésité à le repousser en début d’après-midi pour répondre à une demande des joueurs, désireux de quitter leur retraite de campagne pour se taper une petite balade à Donetsk downtown. Au programme, une séance de shopping pour ramener quelques «  produits d’hygiène personnelle  » , comme l’exprime maladroitement un journaliste étranger. « Les joueurs français sont très coquets, se marre Alou Diarra. On voulait acheter du parfum. Et voir du beau monde. » Nouvelle hilarité générale, à la Chambre de commerce et d’industrie de Donetsk, reconvertie en centre de presse tricolore. En l’an 2 après Zahia, on peut à nouveau rire des sous-entendus graveleux sans plomber l’ambiance.

Reste que si les Bleus ont souhaité bénéficier de ce quartier libre, cela pourrait aussi signifier que l’atmosphère n’est pas si rose que ça dans l’enceinte fermée du camp de base. Mais là encore, tout le monde désamorce la bombe et vante les mérites du lieu, dont la sobriété des chambres avait pourtant été légèrement critiquée auparavant. «  Le centre d’entraînement est magnifique, il y a même un lac, et tout, appuie Diarra. Mais l’idée était simplement de s’aérer l’esprit, de s’oxygéner un peu. » Cabaye, le seul Yohan de l’équipe, confirme : « Il y a tout ce qu’il faut sur place pour vivre, on peut se retrouver le soir pour jouer à la console, au tennis de table, au billard… » Détendus, on vous dit.

Et aucune question perfide ne viendra troubler la surface paisible du lac de Kirsha. Laurent Blanc est aussi inexpérimenté que son groupe ? «  S’il nous a donné ce moment de liberté, c’est la preuve qu’il est décontracté  » , réplique Diarra. L’omniprésence de Noël Le Graët, seul président de fédération à suivre sa sélection au jour le jour ? « Il ne nous dérange pas, il est là, il est tranquille, nous, on est concentrés sur notre premier match  » , assure Karim Benzema, souriant sous sa barbe de trois jours, et à nouveau soutenu par le bon Alou : «  Noël Le Graët ne s’impose pas, et c’est bien de sentir le soutien de notre président. »

Une association d'étudiants africains

Le notable guingampais était à nouveau sur le bord de la pelouse, chemise blanche et veste sur l’épaule, pour assister à l’entraînement ouvert au public en fin de journée. Exigée par l’UEFA, cette initiative n’a pas braqué des joueurs habitués au calfeutrage, c’est promis juré craché. « Ça ne nous gêne pas, on se concentre sur nos séances de toute façon  » , d’après Diarra. Effectivement, les supporters et locaux venus se faire humidifier par l’arrosage automatique de l’un des billards mis à disposition des Bleus n'ont pas gâché les deux tours de terrain et les 30 minutes de tennis-ballon auxquelles Laurent Blanc lui-même aura pris part. Blaise Matuidi et Yann M’Vila n’ont pas eu cette chance. Toujours un peu abimés, ils n’ont que trottiné avant de se livrer à des exercices spécifiques dans leur coin.

La journée se termine comme elle a commencé, sur un air de vacances. Et sur celui des chants d’une association d’étudiants africains débarqués au milieu de la session pour crier plus fort que les bons Français : « Si tu aimes la France, la France, elle gagnera pour toi. » Matuidi et M’Vila s’exhibent quelques minutes avec la fameuse veste réfrigérante, qu’un journaliste du Petit Journal essaie avant de se faire vanner par le chef de presse. Les joueurs saluent quelques secondes l’assistance, puis traversent à pied la rivière qui sépare les terrains du centre où ils vont passer leur avant-dernière nuit avant le lancement des hostilités. Et cette fois-ci, pas question de vacances.


Thomas Pitrel, à Donetsk
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

AphteDuGland Niveau : District
"journaliste du Petit journal"

Bel oxymore.
@AptheDuGland : comme ton pseudo, suceur de lulz ahahah

Si on commence chaque article sur l'EDF par une citation de Blier, on peut gagner ce putain d'Euro.
parce qu'il y a des journalistes au petit journal?
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Article suivant
Super Darijo Bros
0 3