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Bleus : Et si on se calmait un peu ?

Nous voilà retombés dans le flot incessant des condamnations excessives du comportement de l’équipe de France. Comme en 2010, les « spécialistes » préfèrent se complaire dans la critique facile plutôt que de faire de la mise en perspective. Il est temps d’arrêter le massacre.

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Quel putain de scandale ! Comment osent-ils ? Comment l’équipe de France a-t-elle pu perdre contre l’Espagne ? Comment une équipe qui s’est fait ridiculiser pour ses deux dernières compétitions peut-elle se satisfaire d’être éliminée en quarts d’un Euro par le champion du monde et d’Europe en titre ? Ah, il est loin ce temps béni où, tenante du titre, cette formation se faisait sortir au même niveau par une immense équipe de Grèce. À cette époque, au moins, on savait qu’elle n’avait pas le niveau pour faire mieux, qu’elle avait « mouillé le maillot » . Elle ne pouvait pas espérer aller plus loin avec ces joueurs modestes qu’étaient Zidane, Thuram, Barthez, Lizarazu. Eux, au moins, étaient de vrais seigneurs, ils se battaient corps et âme pour l’amour de la sélection, ils avaient compris l’importance de représenter son pays en jouant au football. Ce n’est pas comme ces sales sauvageons de maintenant, qui ne font rien qu’à insulter les journalistes et qui ne sont même pas capables de courir après Xabi Alonso, n'est-ce pas ? Il est temps de mettre un bon coup de kärcher dans tout ça et de sélectionner de bons soldats qui se donneront à fond sans moufter. « Vous en avez assez de cette bande de racailles, hein ? Eh ben, on va vous en débarrasser !  »

«  On a envie de casser sa télé  »

Pouf pouf, et si on était sérieux deux minutes, maintenant ? Que le peuple français ait besoin d’une pinata, on l’a tous compris. Comme son cinéma se met à gagner des Oscars, il ne reste plus qu’une catégorie de riches connards arrogants sur laquelle taper : les footballeurs. Qui est-on pour blâmer cette réaction épidermique ? Ces mecs-là sont payés grassement pour nous divertir en jouant à la baballe pendant que l’on avale des conserves froides à tous les repas, et ils ne sont même pas capables de le faire. Il n’y a rien d’illogique à raisonner comme ça. Tout le monde ne peut pas vivre le foot comme un supporter de Grenoble ou de Tours qui va se geler les miches dans des stades vides pendant quinze ans en espérant vivre un jour le bonheur furtif d’une saison en Ligue 1 ou d’un bon parcours en Coupe de France, histoire de pouvoir dire « Je suis là depuis le début. » On comprend forcément l’énervement de cette frange (sans doute majoritaire) des téléspectateurs d’Espagne-France, qui voit dans la balle au pied un divertissement comme un autre et qui n’a plus trouvé son compte avec l’équipe de France depuis le 9 juillet 2006.

Ce qui est parfaitement incompréhensible, en revanche, c’est que les commentateurs les plus avisés de ce sport développent exactement le même type d’analyse et soient parfaitement incapables de mettre en perspective l’Euro des Bleus par rapport à une situation globale, voire de conserver un minimum de second degré par rapport à ce qui ne reste « que » du foot. Lorsque Benzema exprime après l’élimination sa satisfaction d’avoir passé les poules, on comprend que ceux qui ne regardent l’équipe de France qu’en songeant à la victoire finale aient envie de «  casser leur télé  » , comme le formulait Jean-Michel Apathie dans Le Grand Journal. Mais pourquoi personne n’est là pour lui expliquer que la France, dans son état actuel, n’avait tout simplement pas le niveau pour atteindre le dernier carré ? Espagne, Allemagne, Portugal, Italie, quel observateur un peu assidu du football de maintenant pouvait sérieusement affirmer avant la compétition que les hommes de Laurent Blanc avaient une place au milieu de ces quatre-là. Alors oui, bien sûr, le foot est tout sauf logique, et on peut toujours espérer faire une Grèce 2004. Mais en général, à l’heure du conseil de classe, on peut parler de bilan négatif à partir de « peut mieux faire » , on n’a rarement vu écrit une mention du style «  aurait dû dépasser ses limites » .

Gavés comme des oies


La situation est à peine différente si l’on aborde l’aspect « moral » de l’affaire. Dire que Samir Nasri réagit comme un idiot face aux journalistes, c’est une évidence, mais est-ce qu’on ne pourrait pas en rester là et arrêter d’en faire des tartines nutella-confiture-beurre de cacahuète ? Tout ça devient écœurant, à la longue, comme si on voulait encore nous gaver comme des oies avec la même mixture qu’après Knysna. Une fois pour toutes, les joueurs de foot ne sont pas des exemples pour la société, ils ne l’ont jamais été et ne le seront jamais. Cela ne nous empêche pas de les critiquer lorsqu’ils font n’importe quoi, mais si les spécialistes ne sont pas capables de prendre un peu de recul par rapport à tout ce cirque, nous allons une fois de plus sombrer dans les commentaires simplistes post-Afsud, voire post-banderole anti-ch’ti. Comment peut-on affirmer, comme si c’était une vérité scientifique, que les joueurs français n’ont aucun amour du maillot et qu’ils n’avaient pas envie de gagner contre l’Espagne ? Avec pour argument une vidéo, que l’on se passe en boucle en rigolant bien, d’un Malouda inactif sur l’ouverture du score ibérique. On oublie le pressing de début de match, on oublie les débordements de Ribéry, on ne fait que de l’analyse de bas-étage censée prouver par a+b que les Français se foutaient éperdument de perdre ce match. À qui veut-on vraiment faire croire ça ? La dernière folie en date consiste à tirer très sérieusement des enseignements de l’échauffement de Ménez et Nasri, en émettant même l’idée qu’ils auraient pu viser intentionnellement la copine de Casillas sur le bord du terrain. Bientôt, on va nous sortir que Debuchy a fait exprès de tomber parce qu’il en avait marre de courir après Jordi Alba.

Et si on respirait profondément, qu’on se servait un grand verre de lait de chèvre et qu’on se foutait la tronche sous une douche glacée pendant cinq minutes ? Sportivement parlant, l’équipe de France n’est pas une catastrophe, elle est dans les places 5 à 8 au niveau européen, elle trottine aux côtés de l’Angleterre entre l’élite et le ventre mou. Personne n’osera vous dire qu’elle a un jeu agréable à regarder, ce serait évidemment se foutre de la gueule du monde. Mais on n’enchaîne pas 23 matchs sans défaite avec un fond de jeu pourri, et il y a encore du sang frais qui ne demande qu’à être transfusé. Sauf que si les petits nouveaux continuent à être intégrés dans un effectif qui a peur, qui se déteste lui-même parce que tout le monde cherche obstinément des raisons de le détester, tout recommencera comme avant. On peut d’ailleurs prédire à peu près ce qui va se passer maintenant. Soit Laurent Blanc va dégager, soit il va rester avec un pouvoir limité par la Fédération, tant il est vrai que cette solution avait très bien fonctionné pour Domenech suite à l’Euro 2008... Et si la tempête des condamnations souffle déjà de bien violentes bourrasques après une élimination en quarts de finale d’un championnat d’Europe contre l’Espagne, imaginons la tornade que serait la défaite en barrages de la Coupe du monde 2014 contre la Belgique. Il sera toujours temps de louer l’attitude irréprochable d’Eden Hazard.

Thomas Pitrel, à Donetsk
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