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Blatterminé ! Michel est dans la place...

Il aurait sans doute eu encore plus le sourire avec une victoire turinoise, 30 ans après le Heysel. Mais Michel ne s'est pas laissé faire et a livré une leçon de protocole, à la Michel. Au revoir Sepp.

Les murs ne sont définitivement pas faits pour Berlin. Gigi Buffon, impérial en 2006 en finale du Mondial contre la France, tout aussi solide neuf ans plus tard, samedi soir, contre Barcelone, ne peut plus tout faire. Devant lui, il n'avait ni Cannavaro ou Materazzi, mais Barzagli et Bonucci. Pas assez solide pour contrer la machine Barcelone qui a pris le contrôle de l'Europe. Entre ces neuf années et ces deux monuments de la carrière de Gigi, le FC Barcelone a eu le temps de soulever quatre C1. De très très grandes oreilles. Pour 2015, les Catalans ont tout simplement lustré leur parcours d'un vintage impeccable, en écartant le champion de tous les plus grands championnats européens : Man City pour l'Angleterre, le PSG pour la France, le Bayern pour l'Allemagne, et enfin la Juve pour l'Italie. Difficile de faire mieux. Définitivement patron.

Sturaro en panier de basket


En tribunes et bientôt sur le podium, un autre patron lustré d'un vintage tout aussi impeccable sourit. Sur toutes les lèvres mais discret depuis son mélodique « enough is enough » et le déclenchement du FIFAGate, Michel Platini est définitivement à l'aise. Déjà, ce match lui « appartient » , en tant que président de l'UEFA. Et Sepp Blatter n'a pas eu l'audace de se pointer au plus grand match de l'année. Sur un boulevard de cote de popularité depuis la démission du parrain suisse, réclamé comme une évidence pour la réforme de la FIFA, Michel Platini a fait du Michel Platini, lors de « son » moment dans cette finale : la remise des récompenses. Comme du grand Chirac qui tape dans le dos des gens et sur le cul des vaches, Platoche, en bout de chaîne protocolaire, s'est régalé. Pour une longue et respectueuse étreinte Xavi-Platini entre mecs qui pèsent, un lancer de médaille comme un ballon dans un panier de basket sur Sturaro. Platini, par son attitude, distribue les points, entre ceux qu'il appelle les « très bons joueurs » et les « bons joueurs » . Mi-gêné, mi-lucide, Arturo Vidal a par exemple compris, en ratant la bise et l'accolade de Michel, qu'il avait manqué sa finale. Entre la poignée de mains, le regard fuyant, les petites baffes amicales, les mains sur la nuque, le hug et la bise, chacun peut deviner où il se situe sur le baromètre Platini. Et chacun s'y soumet, sans broncher.

Michel et Serena, même combat


Michel, comme un poisson dans l'eau, finit son moment en dictant le tempo. Comme Serena Williams, quelques heures plus tôt, qui s'est fait un kif perso sur le podium de la terre battue de Roland Garros. Platini éconduit Xavi, qui veut dans un premier temps apporter la Coupe vers ses partenaires, éloignés de la rangée des officiels, comme le veut une chorégraphie protocolaire métronomiquement bancale lorsqu'il s'agit de brandir le précieux. Michel prend les grandes oreilles à pleines mains, en trouve une troisième pour demander à Xavi de rejoindre les siens, et opère sa marche de l'Empereur vers le podium avancé. Xavi surgit enfin de l'arrière du tas blaugrana, tend les bras, pour la postérité, et détourne momentanément l'attention des regards posés sur ce bandeau « 100% Jesus » trônant sur le front de Neymar. De son canapé, probablement, Sepp Blatter tente de reprendre la main sur le patron Platini. Le notable suisse adresse ses félicitations, tout heureux d'annoncer sur Twitter une nouvelle dont tout le monde se contrefout : le FC Barcelone s'est qualifié pour le Mondial des clubs. Michel a gagné. Sepp a définitivement perdu. S'est définitivement perdu.

Par Ronan Boscher
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