1. //
  2. // FIFA
  3. // Comité exécutif de la FIFA

Blatter, parole à la défense ?

Ce lundi après-midi, Sepp Blatter a tenu une conférence de presse à l'issue de la réunion du comité exécutif qui devait décider de la teneur des réformes à mettre en place et de la date des prochaines élections présidentielles. Alors M. Blatter, qu'aviez-vous à nous dire ?

Modififié
6 7
Il avait manqué au monde. Depuis le 2 juin dernier et l'annonce de sa démission, le toujours président de la FIFA Sepp Blatter s'était abstenu de toute apparition publique. Il avait même soigneusement évité les déplacements internationaux – on n'est jamais trop prudent. Les deux dernières déclarations de Sepp étaient donc ces mots emplis d'honnêteté, presque touchants : « Je ne sens pas un mandat soutenu par l'intégralité du monde du football » , le jour de sa démission ; « Je ne suis pas parfait. Personne n'est parfait. Mais nous allons faire du bon travail ensemble » , 4 jours plus tôt, suite à sa réélection. La routourne avait très vite tourné, puis elle a semblé ralentir. Aujourd'hui, où en est-elle ?

« C'est presque insultant pour la mafia »


Avant d'arriver face aux médias ce lundi, la bande à Sepp a senti la pression monter. Alors que le département de la Justice américaine ou le Parlement anglais suivent attentivement l'affaire, le sponsor Coca-Cola a adressé le 9 juillet une requête formelle de réformes, proposant Kofi Annan à la tête d'une commission indépendante. Surtout, Jeffrey Webb, ex-président de la CONCACAF et ex-vice-président de la FIFA, a été extradé vers les États-Unis mercredi dernier. L'homme originaire des îles Caïmans a plaidé non coupable et versé 10 millions de dollars de caution pour sa libération, mais il reste assigné à résidence. Et puis, l'Amérique nous a offert la plus belle punchline, le jour de l'extradition de Jeffrey Webb. Auditionné par la commission américaine sur les agissements de la FIFA, le sénateur démocrate Richard Blumenthal a balancé : « En fait, ce qui a été révélé jusqu'à présent montre que ce sport est dirigé par un groupe qui s'apparente à une mafia. La seule hésitation qu'on peut avoir en utilisant ce terme est que c'est presque insultant pour la mafia, parce que, dans la mafia, la corruption n'aurait jamais été aussi flagrante, arrogante et manifeste. » USA 1, FIFA 0. Parole à Don Blatter.

À 15 heures, Sepp Blatter se présente en salle de presse. Il sort du comité exécutif extraordinaire qui se tenait depuis 10 heures ce lundi matin. La veille au soir, le comité avait déjà été réuni à l'hôtel Baur à Zurich, précisément là où sept hauts dirigeants de la Fédération internationale avaient été arrêtés le 27 mai. Les 25 membres du comité étaient présents. Ou presque : le Brésilien Marco Polo del Nero s'est abstenu, « retenu au Brésil pour des affaires importantes » . Avant même la conférence de presse, on sait que les nouvelles élections se tiendront le 26 février 2016. Soit l'option privilégiée par Sepp Blatter, alors que Michel Platini aurait préféré faire ça avant la fin de l'année – Michel Platini dont on sait également qu'il lèvera le voile sur une éventuelle candidature d'ici deux semaines. De ce choix du 26 février, deux lectures possibles. La première est que Sepp Blatter se laisse le temps d'organiser sa succession, d'enterrer les cadavres, pour profiter d'une retraite bien méritée. 40 ans de service à la FIFA, tout de même. La seconde lecture est appuyée, entre autres, par le prince Ali bin al-Hussein. Le prince de Jordanie, et candidat à la présidence, déclare dans la matinée que « le président Blatter doit partir maintenant » et soutient que « les élections en décembre seraient injustes. Il ne serait pas possible aux autres fédérations de mettre en avant des membres crédibles pour notre communauté. Ils ont le droit de participer au processus électoral et d'avoir le temps d'analyser notre avenir sans être pressé par une élection anticipée. » Libre à chacun d'y voir un désir d'ouverture, ou une première manœuvre électorale de l'habile Ali.

Billets, nettoyage et football


Début de la conférence. Ou presque. Lee Nelson, humoriste anglais, interrompt le show en envoyant une belle liasse de billets sur Blatter, accompagné de mots malheureusement inaudibles. Sur Twitter, il confiera quelques instants plus tard sa joie « d'être à Zurich pour valider l'organisation de la Coupe du monde 2026 en Corée du Nord » . Humour toujours, Sepp s'excuse et retarde la conférence de presse, expliquant en montrant les billets : « Nous devons nettoyer tout cela avant de pouvoir parler football. » Perspicace. Après quelques minutes, c'est reparti. Nicolas Maingot, directeur de la communication, prévient en prélude que le président ne pourra pas parler sur les affaires visées par des enquêtes en cours, respect de la loi oblige. Puis Sepp ouvre le bal, à l'aise en maître de maison : « Je ne suis pas seul. Je suis avec vous, et je suis très heureux de vous recevoir. » Après les usages, la détente : « Je suis désolé pour ce qui vient de se passer. J'ai appelé ma mère, elle m'a dit de ne pas m'inquiéter, ce n'est qu'un manque d'éducation. Vous ne savez jamais où sont les limites en foot. » Le ton est assuré, la communication maîtrisée. Une larme d'émotion ? « Je suis content d'être avec vous, car cela me prouve que je suis encore vivant. La vague du tsunami du 27 mai ne m'a pas fait disparaître. » Après un rappel des faits, l'élection, la démission, le silence, Sepp revient dans le game : « En termes footballistiques, j'ai sorti la balle du terrain pour arrêter le jeu. Mais j'ai toujours été le président élu et je parle en tant que président élu. »


Vient le temps des annonces. Évidemment, rien de surprenant : le congrès extraordinaire au 26 février donc, et le lancement d'un nouveau round de réformes sur la base du rapport réalisé par Domenico Scala, le patron de l'organe d'audit et de conformité de la FIFA. À savoir une limitation du nombre de mandats, la création d'un corps indépendant chargé de contrôler les agissements individuels des membres, ou encore la publication des salaires du comité exécutif. À Zurich, rien de nouveau, « merci président » en VF, et l'on passe aux questions. Qui attaquent sans préliminaires : la BBC demande au président d'appliquer les réformes et de révéler son salaire. Sepp esquive. 2e question : « pour des raisons de transparence, pouvez-vous ne pas attendre et nous révéler votre salaire ? » Sepp sourit, place une vanne, esquive encore. Suivent des questions sur une collaboration avec les autorités ou le FBI – « on ne parle pas des affaires en cours » -, sur le fait que les réformes ne viennent que maintenant alors qu'il est le boss depuis 18 ans - « allez voir sur le site de la FIFA tout ce que nous avons réalisé » - ou sur la confirmation qu'il ne sera plus président au 27 février - « Je ne peux pas être le nouveau président, puisque je suis l'ancien. Enfin, pas si vieux ! » Les journalistes sont offensifs, mais Blatter est un vieux matou. Il ronronne et finit même par remercier les présents d'avoir, en venant, montré leur support à la FIFA. Avant, il nous aura quand même gratifiés d'un scoop : « Après la FIFA, je reviendrai à mon hobby, le journalisme. Mais en radio, car c'est le média le plus populaire. » Un bon point pour l'indépendance de la presse, assurément.

Par Eric Carpentier
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Blatter parle d'un coup de fil à sa mère... Mais quel âge a cette brave dame???
GENERAL DE GOAL. Niveau : Ligue 2
blatter contre u.s.a = la peste contre le cholera
Colocolo-de-chile Niveau : Loisir
C'est surement parceque sa mere c'est aussi sa soeur
Ça me fait quand même doucement rigoler les USA qui s'insurgent contre la corruption.
tapavuleballon Niveau : CFA2
Cet air serein du Blatter qui quitte sa chaise de patron sous les billets, elle est parfaite cette photo AFP!
Blatter qui téléphone à sa mère?!
Ca me fait penser à cet épisode des Simpsons où Montgomery Burns reçoit un appel de sa mère âgé de plus de 110 ans au moins.
Sepp Blatter et Monty Burns même combat!
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
6 7