Blanc sur l'échafaud

Le nouveau sélectionneur de l'équipe de France a tenu sa première conférence de presse ce matin. L'occasion pour Laurent Blanc de condamner « certains comportements » sans trop évoquer la reconstruction.

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« Toutes les personnes me disent bon courage. J'ai l'impression d'aller me suicider ou d'aller à la guillotine » . Raymond Domenech avait attendu quatre ans avant de parler de décapitation ( « Je suis content d'une seule chose : les lois d'exception et la guillotine n'existent plus » , le 9 septembre 2008), Laurent Blanc a sorti les grands mots dès sa première conférence de presse, ce matin au siège de la FFF. Seul au milieu d'une rangée de sièges tristes et devant le panneau de sponsors habituel, le nouveau sélectionneur des Bleus n'a pas dit grand chose.


« Constituer un noyau fort »


Au-delà de la confirmation de ce que l'on savait déjà (Jean-Louis Gasset comme adjoint, avec un Boghossian qui reste dans les parages), Lolo a seulement lâché les noms de Marino Faccioli (nouveau directeur administratif, ancien de l'OL) et d'Henri Emile, qui fait son come-back au poste d'intendant. Pour le reste du staff, « des réflexions et des entretiens » sont en cours. Côté terrain, c'est encore plus vide. Est-ce que les leaders du mouvement de grève en Afrique du sud seront rappelés ? « Je ne suis pas habilité à mettre des sanctions. Il y aura des sanctions dans mes choix, peut-être » . C'est clair, non ? En gros, on comprend que les joueurs ne seront pas rappelés seulement s'ils ne conviennent plus sur le plan sportif.


Mais, dans le même temps, Blanc avoue qu'il doit trouver un nouveau noyau de joueurs. « Mon travail va être de constituer un noyau fort » , qui garantisse « un certain niveau » et « un certain comportement » . Sus aux petits chefs qui pourrissent l'ambiance, donc : Ribéry, Anelka, Evra et compagnie sont en danger, Gourcuff respire. D'autant que Blanc a condamné clairement, dans son moment le moins “langue de bois”, le caprice des starlettes à Knysna (le coach a beaucoup de mal à prononcer ce nom propre) : Lolo a été « indigné par certains comportements » . « Ce qui m'a le plus choqué, ce qui m'a le plus déçu, c'est le comportement du groupe, je dis bien du groupe, lors de l'entrainement qui était, qui plus est, ouvert aux médias, à 48h d'un troisième match contre l'Afrique du Sud, a-t-il précisé. Je pense que les responsables sont nombreux. [...] J'en veux à cet acte-là car il n'a pas été réfléchi » .


« Top du top »


A part cela, cette conférence de presse a surtout constitué un inventaire des lieux communs sur la fierté que l'on ressent lorsque l'on fait partie de cette grande équipe de France, patati, patata. « L'équipe de France, c'est le [...] top du top, [...] j'y ai connu des moments pénibles, mais aussi des moment forts, très forts. A moi maintenant de lui rendre tout cela. [...] Mon attachement à l'équipe de France n'est plus à démontrer, il est total, et j'espère que personne n'en doute » . Personne n'en doute, Laurent, on verrait presque le drapeau bleu-blanc-rouge claquer au vent derrière toi.


Au fond, cette conférence de presse ne nous aura pas appris grand chose. Elle reste dans la continuité des grands déballages qui ont lieu depuis bientôt trois semaines et les extraits qui tourneront le plus seront sans doute davantage ceux sur la condamnation du “bus de la honte” (jamais d'exagération...) que ceux sur le retour d'Henri Emile. Quant à la reconstruction du groupe, il faudra sans doute attendre le prochain passage de Laurent Blanc devant les caméras pour en savoir plus. Il y aura sans doute moins de monde, au siège de la FFF et les journalistes de la presse sportive auront repris le pas sur ceux de Paris Match. L'“odeur du sang” se sera dissipée et la guillotine sera rangée au placard. Provisoirement ?

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