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  2. // RB Leipzig

Bip bip, Leipzig déboule !

La phase retour de la deuxième division allemande démarre ce week-end avec un solide leader aux ambitions XXL : le RB Leipzig, propriété de Red Bull, aux infrastructures déjà dignes des plus grands et aux capacités financières gigantesques. Le club de Saxe grandit à une telle vitesse que cet objectif de promotion en Bundesliga apparaît seulement comme une étape vers de bien plus grands desseins encore, à l’échelle nationale et continentale.

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La trêve hivernale a été bien longue, mais la 2. Bundesliga redémarre enfin ce week-end. Il s'agit là de la plus populaire deuxième division d’Europe, avec ses plus de 18 000 spectateurs de moyenne (un millier de plus qu’en Championship anglais, on ne va pas comparer avec notre Ligue 2 par respect pour ses participants…). C’est aussi une ligue de tous les contrastes, avec les prolos de l’Union Berlin, les pirates de Sankt-Pauli, les rustiques de Sandhausen ou les nouveaux riches du RB Leipzig. Et comme le football sourit quand même souvent à celui qui aligne les gros sous, c’est bien ce dernier club qui vire seul en tête à mi-saison et est plus que jamais le grand favori à la montée en élite. Une sacrée curiosité que cette formation née seulement en 2009 du rachat d’un anonyme club de niveau régional, le SSV Markanstädt, par Red Bull.

Le géant de la boisson énergétique veut imposer sa marque et ses couleurs dans un grand championnat européen, et s’il n’est pas autorisé par les instances allemandes du football à renommer sa nouvelle acquisition en « Red Bull » , comme c’est le cas à Salzbourg ou New York, il trouve une parade avec cette appellation prétexte, « RasenballSport » , littéralement « sport de ballon sur gazon  » . Pour le ravalement de façade complet en revanche, aucune loi ne l’en empêche, alors le boss Dietrich Mateschitz se fait bien plaisir en parant l’équipe des mêmes couleurs que la petite canette qui donne des ailes, avec les taureaux en prime sur le blason. Les puristes crient au scandale (au premier rang desquels les supporters de l’Union Berlin et de St Pauli), mais ce nouveau riche du football allemand s’en moque : ses visées sont bien plus importantes et bien trop grandes pour se soucier de déplaire aux tenants d’un certain football proche du peuple, fait par et pour les fans. Envers et presque contre tous, le RB Leipzig enchaîne les montées : en D4 en 2010, en D3 en 2013, puis en 2. Bundesliga en 2014.

28 000 spectateurs de moyenne à domicile


C’est donc actuellement sa deuxième saison dans l’antichambre de la « BuLi » . La première avait été encourageante pour un promu, avec une 3e place finale à 9 points du podium. Mais ce n’est rien comparé à la saison actuelle : à l’issue de la phase aller, la Red Bull team est leader avec trois points d’avance sur Fribourg et huit sur Nuremberg. Le 4e, St Pauli, compte déjà onze points de retard. La fin d’année 2015 a été très réussie avec cinq victoires de suite et même un bilan de neuf victoires lors des dix dernières journées. D’autres statistiques encourageantes ? Personne n’a perdu aussi peu depuis le début de saison (deux défaites seulement), et Leipzig est toujours invaincu à l’extérieur. À domicile, la grande satisfaction est au niveau des affluences, avec une moyenne de 28 000 spectateurs par match, contre 25 000 la saison dernière et 16 000 en D3. C’est une des trois meilleures de la D2 allemande.


Le succès populaire croissant est tel que les dirigeants envisagent même de bientôt agrandir la Red Bull Arena, qui a une capacité actuelle de 44 000 places, pour la porter à 57 000 ! La firme autrichienne est en passe de réussir son pari de s’imposer dans la douzième ville d’Allemagne, qui n’a plus connu un club au plus haut niveau depuis plus de 20 ans. Le public est essentiellement familial, éloigné de celui plus puriste – pour ne pas dire hardcore – de l’historique Lokomotive Leipzig, qui évolue cette saison en 5e division (et qui occupe au passage seul la tête du classement). Parmi les favoris du début de saison en 2. Bundesliga, seuls Fribourg et Nuremberg parviennent donc à tenir la cadence imposée par Leipzig, ce qui n’est pas le cas de Kaiserslautern (8e), de Karlsruhe (9e) ou de Paderborn (16e).

200 millions pour recruter dès cet été ?


Les fortes sommes d’argent dépensées à l’été (16 millions d’euros environ) ont permis de renforcer un effectif déjà consistant et très prometteur. Hormis le gardien vétéran suisse Fabio Coltorti (35 ans), tous les cadres sont jeunes, voire très jeunes. La moyenne d’âge des joueurs de champ parmi les titulaires est de 23 ans. On y trouve par exemple l’international danois Yussuf Poulsen, le grand espoir allemand Davie Selke (ex-Werder), le Turc Atınç Nukan (ex-Beşiktaş), les internationaux autrichiens Marcel Sabitzer et Stefan Ilsanker… Le RBL se moque des convenances et est même allé débaucher l’été dernier un jeune de St Pauli, Marcel Haltzenberg. Provocation ! En tout cas, tout ça est solide, prometteur, cohérent et bien tenu par l’entraîneur Ralf Rangnick, qui pourrait bientôt céder sa place sur le banc à un coach d’envergure internationale en cas de montée validée, afin de repasser dans l’ombre à un poste de directeur sportif. Rangnick est en tout cas sûr de ses hommes : il n’a demandé aucun nouveau renfort cet hiver, alors qu’il aurait pu en obtenir s’il l’avait vraiment voulu.


L’assise financière de ce petit nouveau qui veut devenir grand est impressionnante. Le journal Bild a laissé entendre qu’il pourrait y avoir une enveloppe de 200 millions d’euros mise à disposition des recruteurs cet été si promotion il y a. Leipzig peut dès à présent se permettre de retenir le très coté milieu suédois Emil Forsberg, convoité notamment par Lyon et Liverpool. Il peut aussi se permettre de concurrencer le Barça pour la venue de Leroy Sané, l’attaquant de Schalke 04 dont le bon de sortie est de 37 millions d’euros. Pas un problème, d’autant que le club dispose déjà d’infrastructures (entraînement, formation, stade…) digne d’habitués de la C1… En fait, le seul problème du RB Leipzig serait justement qu’il ait déjà en tête ses objectifs de conquête de l’Allemagne, voire de l’Europe et en oublie de valider une bonne fois pour toute sa montée. Cette quête du court terme reprend dimanche à domicile face à Brunswick et se poursuit le vendredi suivant avec un déplacement explosif au Millerntor-Stadion de St Pauli, qui joue également sa montée, avec une philosophie et des ambitions bien différentes. Vivement !

Par Régis Delanoë
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Dans cet article

C'est génial la 2.Buli! (Ah ce souvenir dans le stade forestier de l'Union Berlin)
Par contre ce "club" est vraiment dégueulasse. Berk les couleurs, berk le taureau, berk la politique du club, berk l'astuce pour avoir RB dans le nom.
Vraiment hate de les voir en Buli la saison prochaine !
HerbyCohen Niveau : CFA2
Autant j'ai beaucoup de sympathie pour St Pauli et l'Union, des clubs vraiment attachant, autant je n'aime pas trop le côté opposition des valeurs.

Quelqu'un est déjà allé à la RB Arena? Parce que j'ai squatté un peu les travées de An die Alte Forsterei (souvent même héhé) et celles du Millerntor aussi et le côté populaire bé c'est le même un peu partout en Allemagne je trouve. J'ai en tête le FSV et l'Eintracht Frankfurt, mais aussi le Volkspark Stadion, l'Olympia (je n'inclurai pas mon expérience à l'Hansa haha). A part les blocks d'abonnés et une partie du stade il y a beaucoup de personnes qui viennent qui ne sont plus des "prolos". Même si le prix des places, surtout à l'Union reste plus qu'abordable.

A Pauli il y a un marketing plus axé sur les dites "valeurs humaines" mais le biz qui se monte sur ça est un peu dégueu. Il y a clairement une marque, c'est branché d'être Fan de Pauli.

Bref, le RB n'est pas un historique, mais il faut dire que leur gestion est bonne, ils n'ont pas brûler les étapes je trouve, même s'ils ne sont pas encore montés. Les recrutements sont intelligents et l'investissement dans les infrastructures fût massif. Donc ils peuvent vraiment viser haut.

ça serait rigolo s'ils prenaient la place de Hoffe en Buli :)
Avec des si , donc continuons sur les rumeurs , il s'écrit que le propriétaire allait moins investir a Salzburg et New York , et que Leipzig serait prioritaire a l'avenir .

Pour l'instant ils ont un parcours comme Hoffenheim , en un peu moins controversé , mais tout autant détesté las bas .

D'ailleurs ils ont la meme politique club ( cohérente ) , que Hopp a ses débuts en Bundesliga 2 et 1 , achat de jeunes joueurs a bon potentiel revente !
ManodesMontagnes Niveau : CFA2
Note : 1
"avec une 3e place finale à 9 points du podium"

Un podium donc assez malfoutu
Message posté par ManodesMontagnes
"avec une 3e place finale à 9 points du podium"

Un podium donc assez malfoutu


lol

ils ont fini 8e la saison passée il me semble (c'est donc un 8 incomplet)
Régis Delanoë Niveau : DHR
Ah oui oui, je me suis trompé ! Oups.
Toon Eastman Niveau : National
J'ai beau ne pas du tout aimer ces clubs qui sortent de nul part et se construisent une histoire à coup de millions, je dois quand même avouer que Leipzig gère plutôt bien le truc.

Pas d'achats démesurés ou de stars en fin de carrière avec un gros salaires, mais tout est basé sur des jeunes prometteurs (philosophie qui me plait assez bien). Jusqu'ici le projet tient bien la route et même si je préférerais voir monter des équipes avec une connotation plus sympa que "l'équipe red bull", Leipzig attire ma curiosité et pour en avoir deja un peu discuter avant, j'ai un peu l'impression que beaucoup sont dans le même état d'esprit.

A savoir, d'un coté un rejet du nouveau riche, mais de l'autre la curiosité de savoir si ce projet ira quelque part ou va mourir d'ici 4-5 ans. Qu'est ce qui se passera en cas de montée ? Vont ils recruter à tout va en mettant de coté les jeunes ou continuer dans la même direction ? Qu'arrivera t'il si ils passent toute la saison à jouer le maintien en Buli voir même qu'ils finissent par redescendre ? Parce que l'argent il l'ont, mais contrairement au cas du PSG, le championnat est bien plus compliqué. Donc acheté à tout vas pourrait les mettre plus en difficulté qu'autre chose.
Tellement d’interrogation sur ce club

Note : 2
Pour toujours Lokomotive Leipzig ! Des maillots horribles, un stade Zentralstadion énorme pour la propagande communiste, quelques coups d'éclat en coupe UEFA et en coupe des vainqueurs de coupe, les magouilles "Stasistes" du Dynamo Berlin pour remporter le championnat chaque année au détriment des Magdeburg, Dynamo Dresden et la Lok, la branlée 4-0 infligée au bordelais suffisants en 1983...Que de souvenirs !
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
C'est dommage de voir ce qu'est devenu Monaco quand on a l'exemple de ce qu'ils auraient pu devenir sans le changement de projet de Rybolovlev.

Sinon, est ce quelqu'un saurait me dire si il y a une nouvelle rivalité entre l'Union Berlin et St Pauli, dû à l'affaire des produits dérivés ? J'arrête pas de me faire insulter en allemand
Je voulais venir commenter juste pour secouer un peu le drapeau du Lokomotive, mais je vois que d'autres ont déjà fait la démarche !

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