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  1. // Euro 2012 – Groupe C – Croatie/Espagne

Bilić Ze Kick

Slaven Bilić a été rendu tristement célèbre en France pour avoir privé Laurent Blanc de finale face au Brésil en 1998, suite à une grossière simulation. Mais une fois passée cette première vilaine image qu’on a de lui, l’actuel sélectionneur croate s’avère aussi attachant que doué en coaching.

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Mercredi soir 8 juillet 1998, demi-finale de Coupe du monde au Stade de France. Il reste un quart d’heure à disputer entre la France et la Croatie. Transcendés par le surnaturel deuxième but de Lilian Thuram, inscrit cinq minutes plus tôt, qui leur donne l’avantage au score, les Bleus poussent et obtiennent un excellent coup franc à l’entrée de la surface adverse. La tension est à son comble, on se chauffe au niveau du point de pénalty pour se disputer le ballon de Zidane. Un Croate s’écroule, fauché comme s’il venait de se prendre une rafale de kalachnikov dans le buffet. Pendant que l’arbitre interrompt la partie, le ralenti montre qu’il s’agit de Slaven Bilić qui, effleuré du plat de la main par Laurent Blanc sur le menton, joue une mauvaise scène de série B : la figure déformée par une douleur inexistante, il porte ses mains à son front et s’écroule, provoquant l’expulsion du bon Lolo, qui ne disputera pas la finale face au Brésil quatre jours plus tard. Interrogé à ce sujet l’an dernier quand la France et la Croatie se sont affrontées en amical, Bilić le simulateur s’est excusé – «  Je suis désolé que Laurent Blanc ait raté la finale, vraiment.  » – mais persiste à considérer le rouge mérité : «  Il m’a frappé, pas comme Mike Tyson, mais il m’a frappé. »

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Ironie de l’histoire, les deux protagonistes pourraient se retrouver l’un en face de l’autre en quart de finale, costume de sélectionneur sur le dos. Ça fait déjà six ans que Slaven Bilić porte le sien. Dans une interview accordée récemment au Guardian, il reconnaît pourtant n’avoir jamais songé à devenir entraîneur du temps où il était joueur, durant la décennie 90. Mais, sollicité par son club de l’Hajduk Split en 2002 pour prendre en charge l’équipe espoir, il se sent obligé d’accepter. L’Hajduk, la formation de sa ville de naissance, où il a appris le football, où il a débuté en pro, où il a terminé sa carrière : «  C’est à partir de ce moment que j’ai choppé le virus. » En 2006 donc, le voici à la tête de l’équipe nationale, qu’il qualifie pour l’Euro « suissautrichien » . L’Europe du foot découvre un tout jeune sélectionneur, le plus jeune de la compétition avec ses 39 ans, fougueux, démonstratif, gueulard même, mais terriblement attachant. Et surtout hyper doué : à l’heure de la généralisation d’un système tactique à une seule pointe en attaque, il ose un ambitieux 4-4-2, avec un seul véritable récupérateur, Niko Kovač. Couillu, le garçon ? «  Pragmatique, préfère-t-il, je joue l’offensive car j’ai les joueurs pour.  » Le pari était proche de réussir : la Croatie séduit en phase de groupes et s’incline finalement aux tirs au but face à la Turquie aux portes des demi-finales, malgré une ouverture du score à la 119e… Cruel.

«  Inutile d’être un tyran »

Après l’état de grâce, c’est la déroute pour la sélection au damier, qui ne parvient pas à se qualifier pour le Mondial sud-africain. La presse s’acharne sur Bilić, dont la gouaille n’amuse plus autant. Envers et contre tous, il s’accroche à son poste autant qu’à ses convictions. «  À mes débuts dans le métier, j’ai pu observer deux des meilleurs entraîneurs du moment, Arsène Wenger et Marcello Lippi, étudiant leurs méthodes. Ça m’a permis de confirmer ce que je pensais déjà, mais qui va à l’encontre de la tradition en ex-Yougoslavie : il est inutile d’être un tyran pour gagner le respect des joueurs. » Slaven Bilić est leader d’une bande unie dans l’adversité, presque un pote de ses joueurs, pour certains pas tellement plus âgé qu’eux. Tatouages, boucle d’oreille, excentricités vestimentaires (ce bonnet face à l’Irlande…) : ce n’est pas parce que Slaven fait un job de vétéran qu’il doit en avoir l’allure. Et puis, il y a le rock, omniprésent: «  Certains jouent au golf, d’autres aux échecs ou surfent sur Internet pendant leur temps libre, moi je joue de la guitare, je ne peux pas faire mon boulot sans musique. » Avec son groupe Rawbau, il avait même composé un hymne à la sélection en 2008, devenu très populaire au pays.

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Homme de contraste, Slaven Bilić est aussi un ambassadeur de l’Unicef, engagé particulièrement en faveur du droit des enfants. Il n’hésite d’ailleurs jamais à l’ouvrir concernant l’extra-sportif. Ces derniers jours, il a ainsi demandé aux fans de la sélection ayant balancé bananes et insultes racistes à l’encontre de Mario Balotelli de dégager, tout simplement. «  La Croatie est un pays moderne et tolérant. En tant que père et homme ouvert, je suis dégoûté par ces manifestations racistes. » Au moins, ça a le mérite d’être clairement dit. Qualifiée pour cet Euro à la faveur d’un barrage bien négocié face à la Turquie – belle revanche… – la Croatie mène sa dernière bataille avec Bilić en chef de meute : il a annoncé, avant le début de la compétition, s’être engagé avec le Lokomotiv Moscou. Lui qui aime rappeler avec une fierté teintée d’orgueil la présence régulière de sa sélection dans le top 10 Fifa croit sa sélection capable de battre «  n’importe qui » dans cet Euro. Le champion d’Europe et du monde sortant compris.

Par Régis Delanoë
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