Bilbao, retour vers le futur

Les élections présidentielles ont couronné Josu Urrutia comme le nouveau boss de l' Athletic Bilbao. D'habitude dans ces cas, les interessés cassent tout et multiplient les plans sur la comète. Sauf à Bilbao, ou la machine à remonter le temps à encore de belles années devant elle. Focus.

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Le verdict est tombé à 22 heures : Josu Urrutia est le nouveau président de l'Athletic Bilbao. Il remplace ainsi son adversaire et jusque là président, Fernando Macua. À 43 ans l'ancien acolyte de Julen Guerrero est le premier à devenir président des Leones après avoir évolué toute sa carrière avec le maillot rojiblanco. Elu avec un taux de participation historique (65, 49%, soit 22176 votants), Urrutia s'est imposé notamment grâce à sa principale promesse électorale : Marcelo Bielsa. Fernando Macua qui prônait la continuité peut l'avoir mauvaise. Même si le club est sportivement stabilisé depuis quelques années, la frilosité de sa gestion et le fait qu'il ait agit en cacique durant son dernier mandat lui aura finalement fait perdre sa bataille électorale. Trop grande gueule, pas assez couillu et remettant parfois en cause les traditions séculaires du club (comme l'arrivée de joueurs étrangers, ndlr) Macua s'est mis une balle dans le pied tout seul. Comme un grand.

La victoire d'Urrutia, est donc avant tout la défaite de Macua. Un vote sanction dans un club ou les socios ont, plus qu'ailleurs, un dégoût profond pour le foot business et ses dérives. Ici, la tradition fait la nique à la modernité depuis 113 ans. Urrutia formé et élevé aux grains de Lezama, le centre de formation local, a d'ailleurs axé sa campagne électorale sur un retour aux sources radical. Presque extrémiste. Le nouveau président le dit lui-même : « Nous sommes unique dans le monde et notre différence fait notre force. Nous devons tout miser sur notre philosophie et nos valeurs » . Dans son cahier des charges, Urrutia prévoit ainsi d'agrandir Lezama afin que l'usine à jeunes Basques fonctionne à plein régime. L'ancien poulain de Luis Fernandez souhaite également remettre au goût du jour la langue basque dans une institution qui s'était espagnolisée sous le mandat de Macua et avec l'Andalou Caparros sur le banc. Enfin, Urrutia préférait donner un lifting à l'actuelle « Cathédrale » de San Mames plutôt que d'avoir à construire un nouveau stade vide aseptisé.

Le choix de Bielsa comme entraîneur n'est pas non plus anodin. Urrutia voulait absolument un coach étranger et notamment argentin pour donner encore plus de grinta au club : « J'ai eu l'occasion d'affronter beaucoup d'équipes entrainées par des Argentins durant ma carrière et elles avaient quelque chose en plus : une âme. Bielsa est l'homme idéal pour démarrer un nouveau projet. » L'Argentin est en effet un homme de principe qui colle parfaitement aux valeurs de l'Athletic Bilbao. C'est aussi un excellent bâtisseur de projets, un homme à poigne et un grand formateur. Problème, depuis son départ précipité de l'Espanyol Barcelone en 98, « El loco » n'a entraîné que des sélections (Argentine et Chili). L'intéressé, qui a refusé les propositions alléchantes des States mais surtout de l'Inter Milan ces dernières semaines s'est expliqué sur son intérêt pour les Leones la veille du scrutin : « Bilbao c'est le seul club du monde qui ressemble à une sélection. Tous les joueurs viennent du même endroit et partagent les mêmes idéaux. Une force invisible les unit. Pour moi ce ne sera pas différent, mais jouissif de pouvoir avoir la chance d'entrainer une institution enraciné dans la tradition. » À l'heure ou la moitié des clubs de Liga sont rachetés par des capitaux étrangers, l'Athletic Bilbao a paradoxalement décidé de vivre en quasi-autarcie. Comment ça se dit « mes que un club » en basque ?

Par Javier Prieto-Santos

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C'est pas sur qu'ils changent leur politique agressive de recrutement de jeunes voir de "très" jeunes. A voir si des joueurs biscayens, plus que minoritaires depuis les années 90 font leur retour.
Sinon d'ici peu on devrait voir un angolais et un lot et garonnais sous le maillot de l'Athletic. L'institution à virer de bord depuis quelques temps déjà.
Mes que un club en basque: kluba baino gehiago. Aupa Athletic!!
Bon, avec Bielsa, Bilbao devient mon club préféré de la Liga. Au revoir FC Séville.
La Liga va retrouver un semblant d'intérêt avec l'arrivé d'El Loco à Bilbao, le recrutement de Malaga et les trois promus.
ça m'étonne de dire ça, mais j'ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner !
On dira ce qu'on veut, on trouve les basques super cool, mais je vois pas trop de différence entre leur politique et les quottas en EDF...le régionalisme comme le nationalisme ça n'a jamais attiré de bonne chose..
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