Bilan avant reprise

Fin de la rigolade. 9ème étape de la Ligue 1 samedi, avec un alléchant Lyon-Lille en clôture. Les premières grosses difficultés se dessinent et la physionomie de la course devient de plus en plus claire. Avant que ça pète, c'est l'heure d'un premier bilan en mode Tour de France.

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Les échappés : Rennes, Saint-Étienne, Toulouse, Brest et Sochaux

Quand on sait qu'on ne tient pas le rythme des cadors sur la durée, mieux vaut partir avec un peu d'avance. Si le Stade Brestois d'Alex Dupont s'inscrit dans la tradition du "promu qui réussit" à l'instar du Montpellier de l'an passé, 2010 marque l'année du renouveau pour Saint-Étienne, Toulouse et Sochaux. En quelques mois, Stéphanois et Sochaliens sont passés du maintien au haut de tableau et du football approximatif au football total version L1. Martin, Boudebouz, Payet, Rivière, mais aussi El-Arabi et Mollo à Caen, sont autant de beaux exemples qui montrent que le programme anti-rides adopté par les "petites équipes" est une solution miracle. Plus expérimentés, les Toulousains retrouvent les sommets de l'Hexagone avec un certain plaisir. Fini le règne tyrannique de Gignac sur les phases offensives du TFC, et place à l'efficacité. Après avoir pris douze points en quatre matches, les joueurs de la ville rose symbolisent à eux seuls le sort qui sera réservé à ce groupe d'étonnants baroudeurs : la fringale viendra tôt ou tard.

La seule exception de ce quinté est bretonne. En tête du championnat pour la première fois depuis 40 ans, les Rennais peuvent espérer. Une place d'honneur au soir de la 38ème journée semble largement à la portée des joueurs de Frédéric Antonetti. L'alchimie parfaite entre les nouvelles recrues, Dalmat et Montano, les jeunes, Brahimi, M'Vila, Kévin Théophile-Katerine, et les cadres, Marvaux, Leroy, Mangane, laisse à penser que les Rouge et Noir ont les épaules assez solides pour se parer de jaune en mai 2011.

Groupe Maillot Jaune : Lille, Marseille, Bordeaux, Paris, Lyon

Les favoris laissent les miettes aux autres concurrents lors du prologue et des étapes de plaines, mais la montagne arrive et les écarts déjà concédés peuvent avoir leur importance. Quand Lille, Marseille, Bordeaux et Paris tiennent à peu près le rythme imposé par les échappés, Lyon cale déjà. Une triste 17ème place au général, dix points de retard sur le leader rennais et quatre sur l'OM, les Gones sont autant dans l'urgence que leur entraineur. Ce sont notamment les carences défensives de l'OL qui inquiètent. L'arrivée de Diakhaté rassure, mais montre aussi que JMA a pris une sacrée banane avec Lovren. Après une blessure en début de saison, Lisandro, lui, n'est plus que l'ombre de sa barbichette. Patience, d'accord. Mais il va falloir un sacré coup de pédale pour confirmer les ambitions de monsieur Aulas. Le privilège des blessures n'est pas l'apanage de l'OL et son étrange préparateur physique.

L'autre Olympique a également souffert. Privé de sa précieuse charnière Diawara-Mbia en début de saison, Didier Deschamps s'est mis au système D. Deux défaites lors des deux premiers matches de la saison ont empêché l'OM de prendre un départ canon. Mais comme les autres concurrents de ce groupe maillot jaune, l'OM sera de toute évidence sur le devant de la scène au bon moment. Ailleurs, force est de constater que le recrutement approximatif de la fin août n'a pas aidé, comme à Bordeaux où Maazou et Modeste peinent à faire oublier Chamakh. Orphelins de Gourcuff, les joueurs de Tigana souffrent d'un manque de créativité inquiétant qui oblige Mickael Ciani à mettre des buts du milieu de terrain. Seuls Diarra et Carrasso tiennent la baraque. Heureusement pour Jean-Louis Triaud, ils pourraient la tenir longtemps. Comme Bordeaux, Paris, présent sur le plan comptable, commence à inquiéter. Lors des trois premières journées, on pensait que 2010 serait enfin la bonne année pour le club de la capitale. Mais, trop dépendant de Néné et victime de l'inefficacité chronique de ses attaquants, Paris connait une baisse de régime. Crevaison interdite pour ces deux équipes qui pourraient peiner à rejoindre le groupe de tête en cas d'avarie. Éternel meilleur jeune de Ligue 1, le LOSC espère troquer son maillot blanc contre une tunique jaune. Pour une fois, les joueurs de Rudi Garcia sont à l'heure. Alors pourquoi pas ?

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Grupetto : Auxerre, Monaco, Lorient

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Le trophée de la plus grosse désillusion (l'OL est champion hors-catégorie) se joue entre Auxerre, Monaco et Lorient. En dépit de belles prestations sur la scène européenne, l'AJA rame en Ligue 1. Les joueurs de Jeannot Fernandez ont dû attendre la 8ème journée et un déplacement à... Arles pour empocher leur première victoire. Les Monégasques, de leur côté, courent plus vite sur le terrain qu'au classement. Les sprinteurs Park et Aubameyang peinent à faire oublier le marathonien Néné et sa patte gauche. Dieu merci, les débuts intéressants du Congolais Mbokani et un bon Stéphane Ruffier laissent présager des jours meilleurs pour l'équipe du Prince Albert.

A Lorient, Christian Gourcuff nous avait appris que se faire dépouiller à l'intersaison n'empêchait pas une équipe d'afficher un bon niveau la saison suivante. Le technicien breton a une nouvelle fois perdu gros au mercato. Une charnière centrale, Koscielny-Marchal, et Marama Vahiura, parti pagayer à Nancy. S'il a réussi à conserver Kévin Gameiro et trouvé en Kitambala un remplaçant de luxe au tahitien, la mayonnaise ne prend pas encore. A cause du synthétique ? Peut-être. Quoi qu'il en soit, ces trois équipes ont tout intérêt à se remobiliser si elles ne veulent pas moisir dans le ventre mou du classement


Voiture-balai : Arles, Lens et Nancy

Cette année, royale, la voiture balai dépose en Ligue 2. Arles est sur les traces de Grenoble, en pire, et préfère visiblement poser ses fesses dans le minibus plutôt que de s'adonner à un baroud d'honneur à la Bazdarevic. Huit défaites en huit matches, trois buts marqués, vingt encaissés, des affaires internes plus chamarrées qu'à Secret Story, bref, un bordel. D'ailleurs, on tire un grand coup de chapeau à Faruk Hadzibegic pour son action caritative.

A Lens, c'est différent, on est plutôt Paris-Roubaix, aka "L'enfer du Nord". Les joueurs de Jean-Guy Walleme ne s'en sortent pas, pas plus que les bandelettes de Toifilou Maoulida. En même temps, quand on commence à se friter entre partenaires, ça sent pas bon. Les Nancéens, eux, tentent un nouveau pari : se maintenir en Ligue 1 en perdant tous les matches à domicile. Pour le moment, les joueurs de Pablo Correa s'en sortent presque, avec huit points au compteur, soit autant qu'Auxerre, 14ème. Mais bon, faudra pas déconner plus longtemps...

Swann Borsellino

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