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Big Ben

Coureur infatigable, récupérateur, organisateur et même buteur, Pedretti est devenu l'un des grands bonhommes de la Ligue 1 depuis qu'il a rejoint Auxerre il y a quatre ans. Raillé par le passé pour des choix de carrière un peu trop ambitieux, le capitaine bourguignon retrouve enfin la lumière.

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On dit souvent qu'en mode on a soit six mois de retard, soit deux ans d'avance. Visiblement, c'est la même chose en football. Il y a encore trois mois, il fallait s'enfermer dans sa chambre à double tour pour pouvoir se pâlucher tranquille sur Benoît Pedretti. Depuis le match héroïque des Auxerrois face au Zenith Saint-Petersbourg, qui leur a donné le droit de s'incruster dans un groupe de Champions League où l'on dénombre pas moins de 20 C1, Pedretti est redevenu hype. Si bien que l'on s'étonne désormais de le voir snobé de la liste de Lolo Blanc.

Il faut dire que malgré le début de saison poussif des Bourguignons (trois nuls en trois matchs de championnat), la Ped est crédité dans chacun des 4 buts marqués par la bande à Fernandez. Il a même par deux fois inscrit lui-même son nom au tableau d'affichage, histoire de suppléer Jelen pas encore dans le coup. Inefficace à Marseille, limite impotent à Lyon, Pedretti le tricard était venu se refaire une santé en Bourgogne, à l'été 2006. Bonne pioche. Dans l'Yonne, il est devenu l'homme à tout faire du système Fernandez. Tout simplement indispensable. Ce qui a changé ? Déjà, ce n'est pas un mauvais match qui va remettre en cause son statut. Il sera quoi qu'il arrive titulaire et capitaine au match suivant. Bref, Big Ben ne joue pas la trouille au ventre, et ça aide. Deuxio, il évolue au sein d'une équipe faite pour lui. Avec un jeu exclusivement vertical, basé sur le contre et les coups de pied arrêtés – frappés en totalité par Pedretti himself -, l'ancien Sochalien peut distiller à l'envie. Facile de jouer en profondeur avec un dévoreur d'espace comme Jelen. Réflexion faite, ce n'est pas Pedretti qui joue pour son buteur polonais, mais plutôt l'inverse. Nul doute qu'avec un pivot type Crouch en pointe à la place d'une flèche, le leader technique auxerrois afficherait moins de passe déc' à son compteur perso.

Enfin, il a pris de l'âge. A 29 ans, il a atteint la maturité nécessaire pour devenir le meilleur Quaterback du championnat. Un Pirlo à la Française. Dans l'axe du milieu de terrain, Pedretti donne l'impression de tout contrôler d'une rencontre. Que ce soit le tempo du match, ou l'homme chargé de l'arbitrer. Comment peut-on être aussi peu averti en mettant autant de taquet ? Mystère. « Pedretti c'est toujours pareil ! Il tacle toujours les pieds en avant, et on ne dit rien. Il n'y a pas que Makelele qu'il faut sanctionner, ça suffit maintenant » , avait râlé Antonetti au soir d'une défaite à l'Abbé-Deschamps l'hiver dernier. Il faut dire que ce n'est pas seulement le sosie de Jordy qui agace, mais toute l'équipe bourguignonne, qui plante généralement ses adversaires dans le dos sans donner l'impression de les dominer. A l'heure où les 1-0 et 0-1 redeviennent à la mode en Ligue 1, ce n'est pas forcément un mauvais plan.

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