1. // Sporting Braga/Vitoria Guimarães

Bienvenue chez les Guesh !

Cinq buts, quatre pénos, quatre expulsés. Bastons, polémiques et caillassage... Vendredi, le derby du Minho entre le Sporting Braga et le Vitoria Guimarães a plus que tenu son standing. Retour sur une rivalité entre les deux clubs du Nord du Portugal. Plus que du foot...

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90+8. Vendredi dernier. Braga. Artur Soares Dias semble avoir perdu sa montre. Des arrêts de jeu sans fin. Alors c'est à coups de cartons que l'arbitre met fin au derby du Minho. Une minute après avoir offert le pénalty de la victoire au Sporting Braga (3-2), il expulse le Français du Vitoria Guimarães (prononcez “Guimarunich”) Yves Desmarets. Et avec quatre éléments renvoyés aux vestiaires, le VSC n'a plus de quoi poursuivre le combat face aux Guerriers du Minho. Dias met enfin un terme à une rencontre dont il aura été le grand acteur. Quatre pénos signalés –dont trois en faveur Braga–, six cartons jaunes et quatre rouges –ceux-ci, tous, pour Guimarães. « Un arbitrage scandaleux » , juge logiquement Emilio Macedo, le président vaincu qui a déjà annoncé qu'il voulait l'annulation du match à cause d'une faute technique de l'homme en noir. Explications. On joue la première minute des arrêts de jeu, lorsque Mr Dias sort successivement un jaune puis un rouge au Bracarense Rodriguez. Mais le Péruvien poursuit le match. En fait, l'arbitre pensait que le joueur avait déjà été averti et c'est l'un de ses assistants qui évite la boulette... de trop. Mais Guimarães s'estime lésé. « Notre capitaine n'a reçu aucune explication sur cette décision et c'est anormal » , poursuit Macedo.

« Les supporters du Vitória sont des oufs ! »


Sur le chemin du retour, les 20 bus de supporters du Vitória qui avaient parcouru les 30 bornes séparant leur ville de celle de l'ennemi ont eu le temps de se replonger dans les événements. La flotte vimaranense se fait caillasser en pleine autoroute. La baston ne tarde pas... Pourtant, d'habitude, les hostilités sont plutôt provoquées par le camp d'en face.

« Les supporters du Vitória Guimarães sont les plus virulents, les plus oufs du Portugal ! » . Visiblement, même depuis son départ pour le Sporting Gijon, le défenseur français Grégory Arnolin garde un souvenir impérissable de ses anciens “adeptos”. « Souvent au Portugal, les gens ont de la sympathie pour l'équipe de leur ville en plus d'aimer un des trois grands. Mais à Guimarães, ce sont des vrais supporters. Ils aiment le Vitória. Point ! » . A Braga, l'ambiance est plus légère. Dans la cité des archevêques, l'une des blagues favorites, c'est : « Moi ? Je suis supporter du Sporting... Braga » .

Pas de ça à Guimarães. Sa fierté est affichée sur l'écusson du club et au travers du nom du stade : D. Afonso Henriques. Descendant des nobles Bourguignons, il est le premier Roi du Portugal. Et c'est à Guimarães, au début du XIème siècle, qu'il a implanté la première capitale de ce qui deviendra le Portugal. Une histoire qui vaut à cette ville le surnom de “cité-berceau”. L'ennemi est le sudiste et... le voisin de 30 bornes : Braga.

Un conflit socio-social


Ancienne et première capitale galicienne, Braga est vue comme une vendue aux hermanos ennemis, les Espagnols. Jalousée aussi, car, aujourd'hui, c'est elle qui est le chef-lieu de la région du Minho. Malgré l'histoire mais business oblige... Des villes à l'image de leurs clubs. Et inversement. Le Sporting est le bourgeois, bien catho, rangé, propre ; le Vitória, le rugueux, ouvrier, profane. Parfois un peu trop. La claque du VSC est connue dans le pays. Les White Angels font partie des plus violents. Et ils portent bien leur nom. « Je me souviens que lors de mon premier match à domicile, je jouais en D2 devant presque 30 000 personnes. J'arrivais de CFA ! Mes jambes tremblaient. J'ai raté une passe et tous les supporters ont commencé à m'insulter. Je ne comprenais pas tout mais je sais que certains d'entre eux s'attaquaient aussi à ma couleur de peau » , se souvient Yves Desmarets, le Français du club et véritable star de l'équipe aujourd'hui. Une réputation parfois houleuse mais surement de fidèle.

Il y a quelques jours, les socios étaient appelés aux urnes pour élire leur président pour les trois prochaines années. Emilio Macedo a été reconduit avec une campagne simple : « Nous voulons conforter notre place de 4ème grand du Portugal » . Car pas de doute. Malgré la constance de Braga ces dernières saisons, Guimarães peut toujours se vanter de compter 30 000 socios. Moins de la moitié du Sporting (celui du Portugal, le “vrai”), ok, mais quasiment le double de son rival. Jeudi, c'est José Pereira, le nouveau directeur sportif du club, qui y est allé de son petit mot : « C'est à Braga de nous copier, pas nous... »

Ici c'est Guimarães


En gros, le statut de quatrième grand au Portugal ne se joue plus à Lisbonne –où Belenenses a connu son heure de gloire en 1946– ni à Porto (Boavista champion en 2001) mais chez les chtis guesh. Entre Braga et Guimarães.

Il y a une semaine, le ton avait été donné avant ce derby. La veille, contre Benfica, Braga avait perdu l'affiche du haut de tableau (0-1) et son milieu de terrain Mossoró. Le Brésilien avait du être opéré à l'hôpital de... Guimarães. A l'heure de rendre visite à son poulain, le président arsenaliste Antonio Salvador avait été insulté par des visiteurs visiblement très autochtones... Guimarães est la seule grande ville du pays dans laquelle le Glorioso Benfica ne détient pas de casa. Ils ont essayé mais ils ont eu des problèmes. L'Aigle aura été déplumé après quelques heures de vie seulement. Heureusement que Dias habite Porto...

Nicolas Vilas

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