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Bienvenue à Zambie Land

Installée dans le groupe A avec la Libye, la Guinée Equatoriale et le Sénégal, la Zambie compte bien passer le 1er tour de la CAN. Si les Lions de la Téranga font figure d’archi-favori, rien ne semble insurmontable à l’équipe conduite par Hervé Renard. Sans Jacob Mulenga, mais avec Emmanuel Mayuka et un groupe qui a fait ses preuves à la CAN 2010, les Chipolopolos peuvent commencer à rêver.

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Cantonnée au 1er tour de la compétition depuis 1998, la Zambie court après son glorieux passé. En 1974 et 1994, les Chipolopolos (littéralement « les boulets de cuivre » ) atteignent la finale de la CAN. Après quinze ans de vaches maigres, un nouveau sélectionneur, le Français Hervé Renard, donne un coup de fouet à l’équipe. En 2010, la Zambie étonne l’Afrique et se hisse en quart de finale. Cette année, elle ne bénéficiera pas de l’effet de surprise. Mais Hervé Renard n’en a cure et entend bien prouver que le pays du cuivre a sa place dans le gotha du foot africain.

Le sélectionneur : Hervé Renard

Adjoint de Claude Le Roy au Ghana en 2007-2008, sélectionneur de l’Angola en 2010, puis une pige à l’USM Alger en 2011. Hervé Renard connaît bien l’Afrique. Et le natif d’Aix-les-Bains est surtout un fin connaisseur de la Zambie. De 2008 à 2010, il reprend la sélection et l’emmène jusqu’en quarts de finale de la CAN en Angola. Fait rare pour un sélectionneur français en Afrique, il s’installe en Zambie à l’année. Pour former son équipe, il passe son temps à se taper des matchs du coin. La suite, on la connaît. Sans aucune star internationale, il réussit l’exploit de mener son équipe en quarts de finale. Avec la satisfaction du travail bien fait, Renard prend congé de la Zambie et s’en va prodiguer son savoir-faire à l’USM Alger. Mais dès le mois de novembre 2011, la qualification pour la CAN en poche, le nouveau sélectionneur des Chipolopolos, l’Italien Dario Bonetti, est gentiment remercié. Et qui rappelle-t-on ? Ce renard d’Hervé évidemment.

L’ambition : Atteindre les demi-finales

Bon ok, la Zambie ne pointe qu’au 79e rang Fifa et n’a pas de vraie star internationale. Et alors ? Hervé Renard n’en est pas moins ambitieux. « Je souhaite aller encore plus loin qu'il y a deux ans en Angola, a-t-il ainsi déclaré. Être le meilleur possible signifie donc être au minimum en demi-finales. Mais notre premier objectif est avant tout de sortir de notre groupe, et d'arriver en quarts. Après, nous pouvons rêver à une finale » . Rien que ça. Et pour atteindre ses objectifs, Hervé Renard compte bien surfer sur le beau parcours des Chipolopolos lors de la CAN 2010. En Angola, ses joueurs terminent premiers du groupe D, à la surprise générale et devant le Cameroun et la Tunisie s’il vous plaît. En quart de finale, ils tiennent tête au Nigeria et ne s’inclinent qu’à l’issue de la séance de tirs au but. Depuis, la Zambie n’a pas faibli. Avec quatre victoires, un nul et une défaite, les coéquipiers de Jacob Mulenga se qualifient sans trembler pour la CAN 2012. Ils y retrouveront la Libye, qu’ils ont devancée en Éliminatoires, la Guinée-Équatoriale, pays organisateur, et le Sénégal, l’épouvantail du groupe. Si la première place semble promise aux Lions de la Teranga, le dernier strapontin pour les quarts est à portée de main.

Le grand absent : Jacob Mulenga

Le buteur maison, c’est lui. En 33 sélections avec la Zambie, l’attaquant du FC Utrecht a scoré six fois. Mais au Gabon et en Guinée Equatoriale, Hervé Renard devra se passer de ses services. Blessé au genou, ce robuste attaquant de 27 ans a dû déclarer forfait. Dommage. Auteur de 7 buts en 11 matchs, Mulenga réalisait sa meilleure saison au sein du club hollandais. Et puis, l’ancien pensionnaire de Châteauroux et Strasbourg est l’un des seuls joueurs du groupe à avoir une expérience en Europe. Forcément un atout.

Le joueur phare : Emmanuel Mayuka

Attention, dynamite ! En l’absence de Jacob Mulenga, toute l’attaque zambienne va reposer sur ses jeunes épaules. Membre des Chipolopolos depuis 2007, l’attaquant de 21 ans prend du galon cette année. Encore anonyme en France, Emmanuel Mayuka est déjà bien connu des entraîneurs de l’Hexagone. A seulement 21 ans, l’attaquant du club suisse des Young Boys de Berne est très demandé. En France, Lille et Marseille sont sur les rangs. Et en Europe, le CSKA Moscou, Fulham, Newcastle et Wigan le surveillent de près. Après un passage en Israël, au Maccabi Tel-Aviv, Mayuka a signé dans la capitale suisse en 2010. Depuis le mois d’août, cet avant-centre au profil hyper-explosif a déjà planté 12 fois en 24 matchs avec les Young Boys. Solide.

L’exemple à suivre : Kalusha Bwalya

En Zambie, Kalusha Bwalya est le joueur qui se rapproche le plus d’un dieu vivant. Recordman de sélections (100 capes de 1983 à 2004), recordman du nombre de buts avec les Chipolopolos (50 buts) et Ballon d’Or africain en 1988, il a offert au pays du cuivre ses plus belles heures de gloire. Sa légende commence un certain 27 avril 1993. Ce jour-là, la sélection prend un avion direction le Sénégal pour un match de qualification à la Coupe du Monde 1994. Alors que l’avion décolle après une escale à Libreville (Gabon), un moteur prend feu et l’appareil s’écrase dans l’océan. Le bilan est très lourd : les 18 joueurs, ainsi que l’équipe nationale de football féminin et le personnel de bord, périssent dans la catastrophe. Mais un joueur échappe au crash : l’entraîneur et capitaine, Kalusha Bwalya. Le meilleur joueur zambien de l’histoire évolue alors en Europe, au PSV Eindhoven, et s’est arrangé pour rejoindre ses coéquipiers un peu plus tard. Les Chipolopolos se prennent alors pour le Phénix. Sous l’impulsion de « Kalu » , la sélection renaît de ses cendres et n’échoue qu’en finale de la CAN 1994 contre le Nigeria (défaite 2-1). « Parfois, affirme le natif de Mufulira, il faut puiser au plus profond de soi-même pour dévoiler tout son potentiel. » Une maxime que l’actuel président de la Fédération zambienne essaiera d’inculquer à ses joueurs, et ce, dès le premier match face au Sénégal.




Par Romain Leroux
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Grandiose le titre !
Tout à fait d'accord avec toi Rasko ! Par contre, pas un jeu de mot sur les "Chipolopolos". Bizarre ... Mais je vais remédier à ça tout de suite : Les Chipolopolos à la CAN, ça va être une vraie boucherie !
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