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Bernardo Silva, la carte de l'évidence

Annoncé depuis plusieurs jours à Manchester, notamment à United, l'artiste portugais de l'AS Monaco est finalement tombé vendredi dans les bras du City de Guardiola. Ou comment un mec extraordinaire et normal a définitivement changé de dimension en quelques mois avec, au bout, le choix de la logique face à un départ inéluctable.

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Chaque petit nouveau débarquant dans une classe qui se connaît déjà par cœur a connu ça le premier jour. Comme si deux mondes se découvraient et prenaient plaisir à se juger. Comprendre Bernardo Silva, ce serait finalement d'abord revenir à ce premier échange au cœur d'un été 2014 où le projet de l'AS Monaco a vrillé : fini les gros noms arrachés à coups de gros chèques, place à la spéculation sur des gosses qui exploseront, ou non. Lorsqu'il débarque sur le Rocher il y a un peu moins de trois ans, le gamin de Lisbonne n'est en effet pas grand-chose, si ce n'est un nouveau produit placé entre les mains du président-propriétaire Dmitri Rybolovlev – trop occupé à l'époque par les millions qu'il doit filer à sa future ex-femme – par Jorge Mendes. Valère Germain le reconnaît, « quand il est arrivé, on ne savait pas qui c'était. Monaco était dans une logique d'achat de grands noms, et là, il débarque de l'équipe B de Benfica, on s'est posé des questions » . Au fond, Bernardo Silva s'en pose lui aussi, alors qu'il découvre «  des choses que tu ne verrais même pas dans les plus beaux quartiers de Lisbonne » . C'est là où il a été taillé, entre une mère prof et un père ingénieur, loin de ces gamins qui ont un jour quitté le foyer familial pour prendre une revanche sur la vie.

L'histoire de Bernardo Silva, c'est avant tout celle du mec normal, mal rasé, biberonné au Benfica où la légende Fernando Chalana et son ancien entraîneur João Tralhao l'avaient pris sous leur aile, là aussi où Jorge Jesus ne le regardera pas quelques années plus tard, et qui n'a longtemps pas cru en lui. « Plus que son physique, il devait travailler sur lui-même, croire en ses capacités. On croyait en lui, mais lui aussi devait croire en lui et nous le montrer. Le pire aurait été de lui donner sa chance alors qu'il ne la méritait pas » , expliquait récemment Tralhao, son coach chez les jeunes à Lisbonne, dans les colonnes de L'Équipe. Puis, il y a eu Monaco et l'explosion finale au bout d'une troisième saison ayant succédé à deux premières intéressantes sans être totalement abouties. Et le gamin est devenu un homme. Voilà Bernardo Silva à Manchester City, entre les mains de Pep Guardiola, la gueule plongée dans un monde qui ne lui était pas forcément destiné et sur un lit de quelque 50 millions d'euros (hors bonus) là où l'ASM l'avait arraché à Benfica pour un peu plus de quinze en janvier 2015.

« Si tout le monde reste... »


Il y a une dizaine de jours pourtant, l'international portugais, appelé jeudi pour aller jouer la Coupe des confédérations avec son pays dans les prochaines semaines, avait ouvert son cœur sur un autre ton : « Je suis très bien ici. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Mais je finis ma troisième saison, avec, j'espère, le titre. On a été en quarts de finale de la C1 la première saison, en demi-finale cette saison. (...) Cela fait plaisir de jouer à Monaco et si tout le monde reste, on peut faire quelque chose de spécial. » Et la danse infernale a repris. Derrière les étiquettes de « crack » , « phénomène » , « artiste » , on a vu débarquer les noms du Bayern Munich, du Barça, de Manchester United et donc de Manchester City. Rien ne dit que Bernardo Silva voulait vraiment quitter l'AS Monaco, mais la logique de l'époque a décidé pour lui, comme pour une nouvelle fois souligner que le ballon – et l'amour du maillot – ne peut plus regarder durablement dans les yeux « la valeur marchande » d'un joueur. C'est brutal, mais c'est comme ça. Après une saison magnifique, récompensée par un titre de champion de France et une place en demi-finale de la Ligue des champions notamment, le départ de l'artiste, qui a la force de rassembler les amateurs de douceur et ceux d'une idée du foot qui semble débarquer tout droit des années 90, sonnait donc comme une évidence au-delà de la volonté du joueur. La prochaine étape de son éclosion s'appelle donc Manchester City, victime européenne de l'ASM cette saison lors d'un soir où Pep Guardiola avait parlé de Silva comme d'un joueur « fantastique » .

Le nouveau monde


Et, sur ce point, c'est finalement la logique qui l'a emporté là où voir Bernardo Silva débarquer à Manchester United aurait sonné comme un crève-cœur en matière de style. Le Portugais représente une certaine idée du jeu, de l'effort collectif, du geste juste, simple, de la subtilité et de la finesse, du rythme et du timing, qui devait retomber dans les bras de Pep Guardiola. Sur le papier, c'est sexy, même si Silva sera scruté dans son adaptation physique à la Premier League au cœur d'un club qui effectue actuellement son grand ménage. Oui car, comme prévu, Bernardo Silva n'est que le premier coup d'un été qui sera agité sur la planète City où des départs ont déjà été actés (Zabaleta, Clichy, Navas...). Avec Guardiola, le jeune Portugais aura ce qu'il n'aurait pas eu avec Mourinho : de la liberté individuelle, mais aussi de l'exigence tactique, des perspectives pour élargir une palette déjà bien étalée et des ambitions, aussi. C'est une bonne nouvelle pour City, un moindre mal pour Silva, mais une sale perte pour une Ligue 1 qui gardera le souvenir de la fraîcheur d'un mec qu'on aurait tous aimé garder un petit plus longtemps avec nous. Reste désormais à savoir comment se passera la découverte de ce nouveau monde. Un nouveau monde où Benjamin Mendy pourrait bientôt le rejoindre.




Par Maxime Brigand
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