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Bernabéu et Camp Nou, les premières fois

Avec un format qui annihile presque toute chance d’exploit, la Copa del Rey sert avant tout les intérêts des grands d’Espagne. Malgré tout, les clubs de seconde zone qui affrontent FC Barcelone et Real Madrid peuvent se targuer de fouler les pelouses du Camp Nou et du Santiago Bernabéu. Retour sur ces premières fois avec quelques témoins privilégiés.

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Loin des strass, des paillettes et de la Liga Santander, les divisions inférieures d’Espagne regorgent de pensionnaires. Vingt-deux fanions en Segunda Division couplés à pas moins de quatre-vingts équipes pour le troisième échelon composent les deux antichambres de Primera et participent, chaque année, à la Copa del Rey, compétition qui ne rassemble pas, comme c’est le cas outre-Pyrénées, tous les clubs du pays. Avec son format aller-retour, la Coupe mise sur les duels à répétition du FC Barcelone et du Real Madrid pour attirer un maximum de téléspectateurs et gonfler ses droits télé. Autant dire que les deux clubs qui tirent les boules blaugrana et merengue en seizièmes de finale, tour d’entrée des membres de Liga, s’attendent à enregistrer une taule, mais aussi « à découvrir le Santiago Bernabéu ou le Camp Nou » , dixit Ruben de la Barrera, entraîneur de la Cultural y Deportiva Leonesa, en déplacement ce mercredi dans l’antre de Chamartin, au journal local Diario de Leon : « Nous avions 98% de chance d’être éliminé après le tirage au sort, et 99% après le match aller (1-7 pour le Real, ndlr). Notre grande chance, c’est surtout de nous déplacer dans un stade mythique. »

Tirer le Barça ou le Real ? « Le rêve de tous les petits clubs »


Quelques centaines de kilomètres plus loin, au nord-est de la péninsule ibérique, le Camp Nou fait autant rêver les clubs anonymes des championnats nationaux que le Santiago Bernabéu. Tant par la taille que par leur histoire, ces deux monstres de béton rendent « presque béats tous ceux qui viennent le découvrir » , se rappelle Jairo Caballero, ancien joueur de Villanovense avec qu’il a foulé la pelouse barcelonaise lors de la précédente édition de la Copa del Rey. « On parle du plus grand stade du continent qui atteint presque les 100 000 places, embraye l’actuel milieu de terrain du CD Alcala. Plus encore que d’affronter les joueurs du Barça, c’est surtout le fait d’évoluer dans ce stade qui te marque. Même si le Barça nous est infiniment supérieur, il n’avait pas sorti sa grosse équipe. Nous avions même réussi à arracher le nul à l’aller, ce n’est qu’au retour qu’ils nous ont pulvérisés. » De fait, ce format aller-retour ne laisse aucune place aux exploits, ou presque. Mis à part le fameux Alcorconazo, épisode qui a vu le Real de Pellegrini se faire sortir, humilié, par le modeste fanion de la banlieue madrilène, aucune autre prouesse ne sort du lot.


« Notre football, ou plutôt les instances dirigeantes, n’aiment pas les surprises, analyse à sa manière Kike Alcazar, ancien joueur de l’Olimpic de Xativa qu’il préside désormais. Mais avec le temps, l’amertume passe et nous devenons surtout fiers de ne pas avoir été ridicules. » Éliminé par le Real Madrid lors de l’édition 2013/14 après un nul à l’aller et une courte défaite 2-0 au retour, le club de la communauté valencienne fait, encore aujourd’hui, la fierté de ses aficionados : « Lors des matchs que nous jouons à l’extérieur, certains supporters adverses viennent nous féliciter de cette défaite honorable. C’est le rêve de tous les pensionnaires de Segunda B que de jouer ne serait-ce qu’une fois contre le Real ou le Barça. Je me rappelle qu’à la fin de notre match, c’était la foire d’empoigne entre tous les joueurs pour aller dégoter un maillot d’un joueur madridista. » Résultat des comptes, ce sont désormais pas moins de deux maillots blancs immaculés qui trônent dans le salon du président de l’Olimpic de Xativa. Même son de cloche chez Jairo Caballero, pour qui « le maillot de Piqué fait la fierté de (s)on jeune fils » .

Kike Alcazar : « Ce qui m'a le plus marqué, c'est la taille des vestiaires »


« Fouler cette pelouse du Bernabéu, c’est une chance. Jouer contre des stars, également. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est la taille des vestiaires, hallucine encore aujourd’hui Kike Alcazar. Tout est démesuré, surtout pour des joueurs comme nous qui avions des vestiaires dans un pré-fabriqué. » Entre des douches au format piscine, des casiers ultra-sophistiqués et un espace « aussi grand que trois fois mon appartement » , selon Jairo Caballero, l’opulence caractérise les arcanes des antres blaugrana comme madridista. « Quand nous sommes entrés dans le Camp Nou, notre première remarque a été de se dire que nous ne pratiquions pas le même sport, rejoue l’ancien joueur de Villanovense. Tout est plus grand, c’est le grand luxe. Il y avait tellement de distances entre les casiers que certains n’entendaient pas bien la causerie de notre coach dans le vestiaire. » Bref, cet environnement est totalement étranger aux modestes joueurs de Segunda B qui, lorsqu’ils ont la chance d’évoluer dans ces enceintes, ne sont pas loin « de se faire mal au cou en entrant dans le stade » , pour Kike Alcazar : « Les tribunes sont tellement hautes, tellement impressionnantes, que tu ne sais plus où donner de la tête ! »

Par Robin Delorme
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Dans cet article

"la Copa del Rey sert avant tout les intérêts des grands d’Espagne"

Grâce à la répartition des droits TV, on peut aussi dire :

"le Championnat sert avant tout les intérêts des grands d’Espagne"

Vraiment cool le football en Espagne ...
oui c'est très inégalitaire... un football à deux vitesses qui malheureusement n'est pas nouveau. cela dit, ça leur assure de grosses affiches à partir des quarts...
Ce commentaire a été modifié.
Et les "petits" arrivent malgré tout à marcher sur la plupart des clubs d'Europe plus réputés qu'eux quand ils les croisent!
Bald&bearded Niveau : CFA2
Tu m'enlèves les mots du clavier.
2 réponses à ce commentaire.
Tous les footballs sont inégalitaires, basés sur une hiérarchie sportive et économique.

Même à Chypre.

Bon, c'est sûr que le Real et le Barça, c'est très "gros", démesuré.
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Surtout à Chypre en fait. Je peux t'assurer que Cavenaghi et De Vicenti à l'APOEL n'avaient pas le même salaire que le jeune chypriote qui joue à Agia Napa ou Nea Salamina. Un rapport beaucoup plus déséquilibré que le rapport entre joueur lambda de Liga et joueur du Barça/Real.
1 réponse à ce commentaire.
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