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Benzia, il est l'heure de grandir

Présenté comme le nouveau Karim Benzema à ses débuts, Yassine Benzia avait disparu des écrans radars de l'équipe première lyonnaise. Son but à Évian dimanche dernier pourrait marquer le retour de l'enfant prodigue. Portrait à travers le regard de son ancien formateur Robert Valette.

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Parc des Sports d'Annecy, 62e minute du match entre Évian TG et l'Olympique lyonnais. Alors que les locaux mènent 1-0, Alexandre Lacazette s'apprête à frapper un coup franc idéalement placé pour l'OL. Le tir de l'international français est plongeant et surprend Jesper Hansen, qui ne peut que le repousser. À l'affût, Yassine Benzia ne se fait pas prier : un plat du pied sobre, mais assuré pour remettre les pendules à l'heure. Il attendait ce moment depuis près d'un an, et une dernière réalisation en Ligue 1, de la tête, pour une victoire à Bastia le 8 décembre 2013. « Le but contre Évian fait du bien à son équipe, mais surtout à lui » , estime Robert Valette, ancien formateur, puis coach de la CFA à Lyon. Pour le technicien, ce but égalisateur peut marquer un nouveau départ pour un joueur dont le mental n'a pas toujours été à la hauteur du talent.

Difficile comparaison avec Karim Benzema


« Il est arrivé chez nous auréolé d'un statut spécial. Un peu comme avec Hatem Ben Arfa, on avait l'impression d'avoir touché à quelque chose qui sortait de l'ordinaire  » , se souvient Robert Valette. Un joueur spécial, il l'est forcément quand sa saison 2010-2011 livre tant de promesses : 36 buts avec les U17 lyonnais, record sur une saison de Karim Benzema battu, et un Mondial U17 de haut vol avec la France, qu'il hisse en quarts de finale grâce à ses cinq buts personnels. Le joueur déclare peu de temps plus tard que son modèle n'est autre que son aîné aujourd'hui madrilène. Une première erreur, puisqu'il nourrit lui-même le jeu d'une comparaison dangereuse. « Il y a une marge importante entre les deux. On les a aussi rapprochés à cause de leurs noms : Benzema, Benzia... En plus, ils jouent tous les deux attaquants, donc le raccourci est facile » , tempère Valette.

Pour lui, Benzia doit cependant prendre exemple sur le buteur du Real Madrid : « Benzia est plus dans l'aisance technique que physique. Il lui manque de s'étoffer physiquement comme a su le faire Benzema. Mais au départ, les deux ont de belles qualités techniques, de l'adresse devant le but, les deux ont rapidement suscité beaucoup d'attentes, mais aujourd'hui, on ne peut pas savoir qu'elle va être l'évolution de Benzia. » Car si Benzema était déjà international A à 19 ans, capable de claquer 20 buts en Ligue 1 à 21 et titulaire au Real Madrid à 24, Yassine Benzia est encore en phase d'apprentissage à 20 ans : une trentaine d'apparitions en Ligue 1, le plus souvent comme remplaçant, et seulement 5 buts en pro avec Lyon. Surtout, le natif de Saint-Aubin-les-Elbeufs alterne le très bon - un but et deux passes décisives contre Sochaux en août 2013 - et des trous noirs comme son premier semestre 2014, avec une seule apparition et une quinzaine de minutes contre Toulouse en avril.

Benzia, l'impatient


Des attitudes parfois à la limite de l'acceptable ont été pointées du doigt pour justifier cette mise à l'écart du talentueux buteur. Pour Robert Valette, « ce n'est pas tellement qu'il est sujet aux écarts de conduite, mais plutôt qu'il est impatient.  » Le technicien fraîchement retraité précise sa pensée : « Quand vous voulez prendre la place de titulaire, il faut montrer beaucoup de choses et se remettre en cause quotidiennement à l'entraînement. Il faut démontrer que vous êtes meilleur que celui en poste. Il faut donner envie à l'entraîneur de vous faire jouer. » Or, le jeune Benzia pense faire le nécessaire, mais ne voit rien ou pas assez venir. « Il a fait des efforts, mais les résultats ne sont pas arrivés aussi vite qu'il le voulait. Forcément, il y a un traîtement subjectif des performances par l'entraîneur, il doit faire des choix. Benzia a montré son impatience et cela lui a valu des réflexions. »

Et pourtant, le pur produit du centre lyonnais n'a rien du caïd incontrôlable : « On en a connu des plus difficiles à gérer que lui. » Yassine Benzia a le profil typique du surdoué dont les émotions sont le talon d'Achille, la source de tous les problèmes. « Il voulait jouer, être titulaire dans l'équipe. Il réclamait clairement sa place et quand il sortait en cours de match il n'avait pas toujours la bonne attitude. » Sur le terrain, mais aussi en dehors, où fin 2013, il clame haut et fort dans la presse ses velléités de départ. Selon le formateur, le jeune avant-centre a eu sa chance, mais n'a pas forcément su gérer ses moments de moins bien, car « il a quand même fait une dizaine de matchs, puis il y a eu une période moins bien, avec moins de temps de jeu, et il a donc commencé à douter. » Le début d'un cercle vicieux, car « quand on doute, on ne comprend pas toujours les explications que l'on nous donne » .

« Muscle ton jeu, Yassine »


Avec un changement de coach à l'intersaison, Hubert Fournier remplaçant Rémi Garde, Yassine Benzia pensait sûrement repartir sur de nouvelles bases. Il joue même en intégralité le match retour de Ligue Europa contre Mladá Boleslav le 7 août, alors que l'OL a assuré la qualification à l'aller. Mais cette fois-ci, ce n'est pas l'humeur qui saute, mais le corps qui lâche, plus précisément les adducteurs après le match contre Lens en août. « Il a eu un gros trou noir » , consent Valette, pour qui Benzia doit apprendre à assumer ses responsabilités. « Si vous êtes capable de prendre sur vous, de faire votre auto-critique et comprendre ce que vous avez fait de bien et de moins bien, vous avancez. C'est un garçon attachant et qui me paraît intelligent, mais il a eu du mal à comprendre le fait que d'autres joueurs passent avant lui. » Pour faire en sorte de passer devant les autres, Yassine Benzia va devoir évoluer tant mentalement que physiquement.

« Je l'ai vu récemment et je lui ai dit qu'il devait être encore plus costaud. Pour jouer au plus haut niveau, il faut être au top physiquement, sinon on n'y arrive pas » , rappelle Valette. À l'image d'un Aimé Jacquet demandant à Robert Pirès de muscler son jeu dans Les yeux dans les Bleus, l'ancien formateur de l'OL encourage Benzia à devenir plus guerrier. « Il avait un jeu en évitement comme Karim Benzema plus jeune, il arrivait à éviter les défenseurs, mais au plus haut niveau, les défenseurs sont présents, solides physiquement et ne vous loupent pas. Donc il faut amener du répondant. Il avait toujours tendance à rechercher et subir les fautes.  »

Envol retardé


Pour viser plus haut, le jeune Lyonnais va donc devoir prendre exemple sur ceux qui ont tracé la voie à suivre avant lui : « L'exemple, c'est la maturation d'Alexandre Lacazette sur les deux dernières saisons, un peu comme ce qu'a fait Karim Benzema avant lui. Aujourd'hui, pour bouger Lacazette, c'est difficile. Il marque des buts, mais il ne rechigne pas non plus à aller au duel. J'ai demandé à Yassine d'apprendre à aller au duel pour les gagner, pas pour tenter d'obtenir des fautes.  » Une composante du plus haut niveau que Nabil Fekir a par exemple mieux assimilée, si l'on en croit l'ancien formateur lyonnais : « Nabil Fekir est difficile à bouger dans les duels, il prend des pains, il est teigneux, c'est là-dessus qu'il a réussi à prendre pied dans le groupe, même s'il a aussi profité des blessures de deux joueurs de niveau international, Gourcuff et Grenier. » Ce facteur chance, Valette consent qu'il a fait défaut à Benzia, « blessé au mauvais moment » mais que Fekir a su l'exploiter «  parce qu'il était prêt » .


Le retard dans l'envol de Benzia, Valette l'explique par un manque de remise en question : « Les premiers temps où Yassine Benzia était dans le groupe, il a plus joué sur sa réputation naissante. Il était à l'aise techniquement et faisait de belles choses à l'entraînement, il tentait des choses extraordinaires. Mais à un moment donné, il faut évoluer, il faut en faire un peu plus, être mentalement blindé, ne pas se plaindre. C'est ce qu'on appris à faire ceux que j'ai vu passer. » L'exemple le plus typique des lacunes du natif de Saint-Aubin-les-Elbeufs, c'est sa relation avec les arbitres. « Il s'en prenait beaucoup à l'arbitre. Il sortait de son match, car il pensait que les arbitres ne le protégeaient pas suffisamment  » , se souvient Valette, selon qui l'attitude de l'attaquant nuisait à toute l'équipe : « Souvent, il se mettait l'arbitre à dos, et alors ce dernier ne le protégeait plus. Il se prenait des pains et il ne comprenait plus. Quand il râle sur l'arbitre, il sort de son match, prend des jaunes, et si l'arbitre le prend en grippe lui, il risque de prendre en grippe toute l'équipe. »

Dernier départ pour la gloire


Aujourd'hui, au vu de son retour progressif dans le groupe pro lyonnais, on peut imaginer que Benzia a commencé à intégrer les exigences mentales du très haut niveau. À 20 ans seulement, sa marge de progression reste énorme, mais Valette lui conseille ne plus se perdre en chemin : « C'est quelqu'un qui chez les jeunes était capable de changer le cours d'un match, le talent est là. Moi, je l'aime bien, c'est un bon gars, mais il faut qu'il comprenne qu'il a une chance à saisir, maintenant. Il en a déjà eu une, la chance repasse, donc il doit échapper aux blessures, être fiable et saisir l'opportunité, car la chance ne repassera pas trois fois. » Dans un futur immédiat, cela passe sûrement par un rôle de deuxième attaquant aux côtés d'Alexandre Lacazette.

Mais pour être efficace dans le jeu, Yassine Benzia devra aussi se montrer plus fort hors du terrain : « Il faut qu'il évolue favorablement. Il est arrivé en pro assez jeune, on lui passait beaucoup de choses, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil... Mais on sait que ce milieu est un milieu de requins, ce dont il faut se méfier, c'est le coéquipier. L'adversaire, vous jouez contre lui 90 minutes, mais celui qui joue au même poste que vous dans votre équipe, il va passer plus de temps à vous embêter. Il faut donc donner à l'entraîneur l'envie de vous faire jouer plus qu'un autre. C'est le combat quotidien. » Face à Caen, le jeune Lyonnais aura l'occasion de prouver qu'il s'est enfin remis dans le sens de la marche.

Par Nicolas Jucha
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