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« Benzema et la tactique de la victimisation »

Après quelques hésitations, TF1 a bien diffusé mercredi soir son interview exclusive de Karim Benzema. Solidement vissé sur sa chaise, KB9 n'a évité aucune question autour de l'affaire de la sextape, et a tenté de convaincre le public de son innocence. Un tournant dans la communication de l'attaquant, qui avait opté jusque-là pour le silence. Romain Mouton et François Thibault, conseillers en communication, décryptent la nouvelle stratégie de la Benz'.

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Mercredi soir, Karim Benzema s'est exprimé au 20h de TF1. C'était la bonne stratégie ?

François Thibaut : Oui, parce que même si France 2 réunit de plus en plus de monde, TF1 est plus une chaîne de foot. Et puis, c'est Frédéric Calenge, le journaliste de Téléfoot, qui l'a interviewé, donc il y a un contexte familier, qui peut le mettre en confiance.

Romain Mouton : Oui, c'est une bonne chose parce que la polémique est désormais au cœur du débat public, il faut donc s'adresser à un maximum de gens. On sent un véritable tournant dans sa communication notamment avec son avocat qui a repris les choses en main.

C'était le bon timing ?

RM : Selon moi, c’est trop tard. Je pense qu’il aurait dû parler plus tôt et expliquer plus clairement les choses avant. D’autant plus que son interview intervient après les révélations du Monde, qui ont elles-mêmes eu lieu après l’enregistrement de son interview. Du coup au niveau du timing, ce n'est pas bon.

FT : Clairement pas, c'est trop tôt. Je ne vois pas l'intérêt, c'est une erreur de communication de faire ça maintenant. Il aurait fallu attendre que l'affaire soit moins chaude et que le calendrier judiciaire avance pour intervenir au moment opportun. Là, ça rajoute des possibilités d'écrire des choses sur lui. En plus, il le dit lui-même dès le début de l'interview : il en a marre qu'on parle de lui. Et encore, le timing aurait pu être plus catastrophique s'il y avait eu des contradictions avec les révélations du Monde. Il aurait pu passer pour un menteur. Finalement, il passe seulement pour quelqu'un qui a été stupide, maladroit et qui ne maîtrise pas trop la langue française. Ce qui n'est déjà pas trop valorisant.

Vous trouvez qu'il s'en est bien sorti ?

RM : À mon sens, il a marqué un point. Un point temporaire puisqu’il est apparu plutôt calme, conscient, humble, des propos mesurés et construits. On sent clairement qu’il a été préparé et cadré en amont, qu’on lui a donné des éléments de langage, que tout était calibré correctement et qu’il a réussi à faire passer les bons messages. On sent clairement qu’il cherche à faire tomber la pression médiatique et à se poser en victime. Quand il parle d’acharnement, c’est clairement la tactique de la victimisation. Et son raisonnement, en tout cas ce qu’il affirme, est assez logique et compréhensible du grand public. Du coup, il apparaît comme crédible. Il parle aussi de légèreté dans son dialogue au téléphone avec son ami d’enfance, donc il n’a pas évité les sujets qui fâchent. Au final, je trouve que cette interview est positive pour lui. En revanche, même si c’est un bon coup temporaire, la réalité est qu’il est toujours sous le coup de la justice, toujours mis en examen et que l’Euro est dans quelques mois maintenant. La question qui se pose, c’est : est-ce que les conditions sont réunies pour que l’EDF puisse jouer sereinement l’Euro 2016 ?

FT : Je pense qu'il a réussi à prouver que ce n'était pas un malfaiteur. On sent qu'il avait été préparé. Il ne s'est pas trop mal débrouillé. Surtout, il délivre une info importante en disant que c'est lui qui s'est présenté à la police. Ça, c'est positif parce qu'on n'était pas au courant. Son interview, c'est aussi une façon de s'excuser auprès de Valbuena, puisqu'il ne peut pas l'approcher. Donc, dans les mots, je l'ai trouvé plutôt convaincant. Mais beaucoup moins dans la gestuelle. On peut contrôler ce qu'on dit, mais pas la manière dont on se tient. Sur certaines questions très précises, il n'était pas à l'aise. Quand on lui demande ce qui le gêne le plus dans cette histoire, et qu'il dit « ça me rend fou quand j'entends parler de chantage » , il bouge sur sa chaise. Il se grattait souvent la tête, il montrait qu'il était un peu forcé à faire cette interview. Il donnait l'impression d'être attaqué, et qu'il voulait absolument être convaincant. Il était nerveux, mais qui ne l'aurait pas été à sa place ?

Il a préféré faire ça en différé plutôt qu'en direct, c'est un bon choix ?

FT : C'est une fausse sécurité. Il a eu l'impression de pouvoir maîtriser, de pouvoir couper si jamais il disait une bêtise. Mais ça laisse transparaître un manque de confiance en soi. Et puis, c'est plus difficile de transmettre de l'émotion, de la sensibilité, de la vérité quand on n’est pas en direct. On ne parle pas au public. S'il avait été en plateau ou en duplex depuis Madrid, ça aurait été beaucoup plus efficace.


RM : Quand une interview est enregistrée, on se demande toujours si elle n’a pas été truquée, si on n’a pas coupé des choses, s’il n’y a pas eu des pressions sur les chaînes, donc ça rajoute de la suspicion. Quand on est dans une situation tendue, j’aurais tendance à toujours privilégier le direct qui permet de donner plus de crédibilité à l’interview.

Comment peut-il faire pour limiter la casse, maintenant ?

RM : Se retirer et se taire. Surtout se taire. Quand on est au cœur d’une polémique, plus on va parler et plus on va rajouter de l’eau au moulin. Et ensuite, parler football. Si effectivement il est déclaré innocent, il pourra à nouveau intégrer l’équipe de France. Il faut bien qu’il fasse la différence, entre l'affaire privée et le sport. Les supporters sont prêts à comprendre les affaires privées à partir du moment où ils font la différence entre l’homme et le joueur. Pour Karim, hier soir, c'était un vrai enjeu de montrer cette différence. Même si l’homme est au cœur d’une polémique, il devait montrer que le joueur n’était pas atteint.

FT : Il faut se mettre dans sa position. Sa préoccupation actuelle, c'est d'être quoi ? Premièrement, d'être reconnu non coupable et d'éviter l'amende et la prison. Le second plan, c'est son quotidien et le Real Madrid, qui aurait discuté avec lui en lui disant que s'il était reconnu coupable, il pourrait être licencié. L'équipe de France passe au dernier plan. Donc, là, il doit se concentrer sur le fait de mettre des buts, tout simplement. C'est ce qu'on appelle la technique de la diversion. S'il met des buts, on parlera moins de ses problèmes judiciaires, et ça donnera encore moins envie au Real Madrid de le foutre à la porte. Et ça lui permettra de toujours prétendre à une place en équipe de France au cas où le calendrier judiciaire lui est favorable ou s'il y a un rebondissement (pas assez de preuves, vice de procédure…). Donc si j'avais un conseil pour lui, ce serait de se concentrer sur sa carrière de footballeur.


Propos recueillis par Kevin Charnay et Ugo Bocchi
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