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Beny le Brownies, d'Évian Thonon Gaillard au rap

Et si la relève du rap français avait été formée à l'Évian Thonon Gaillard ? C'est le défi que Beny le Brownies, le MC annécien de 20 ans, tente de relever. Jusqu'ici, ça part pas mal.

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Avant toute chose, d'où vient ce pseudo fou ?
Du CM2, quand je devais me choisir un pseudo pour MSN Messenger. J'avais choisi « Beny Black » , mais mon père trouvait que ça ne sonnait pas bien et il m'a proposé « Beny Brown » . Je trouvais la référence à James Brown assez cool et je l'ai gardé jusqu'à ce que Chris Brown cartonne avec Run it. Là, les groupies sont arrivées avec leur délire façon « Team Brown » et ça m'a gêné, j'aime bien me démarquer. Alors j'ai rajouté le « -ies » en référence aux Goonies, mon film culte.

Comment en es-tu venu à jouer au foot ?
Mon père était footballeur professionnel, il a notamment joué au FC Zurich, où j'ai débuté. Lorsqu'il a pris sa retraite, nous avons déménagé à Dole, dans le Jura, avant de migrer à Annecy il y a cinq ans. Là, j'ai joué dans plusieurs clubs, l'Annecy FC, l'US Annecy-le-Vieux, ce qui m'a permis de me faire repérer par quelques petits clubs, comme Grenoble, Saint-Étienne, Lyon ou le Servette de Genève. Finalement, je suis arrivé en finale de la Danone Nation Cup avec mon équipe et l'ETG participait aussi à ce tournoi. Moi, je ne savais même pas ce que c'était, l'ETG, j'en avais jamais entendu parler. Ils m'ont invité à m'entraîner avec eux, puis j'ai signé et j'y suis resté de 16 à 18 ans, avant de me faire virer.

Tu ne connaissais pas l'ETG alors que t'habitais à Annecy ?
J'ai une bonne culture foot, mais l'ETG, c'est super récent. À l'époque, il n'y avait que les gens du coin qui savaient ce que c'était.

Ton père, qui t'a initié au foot, a eu une belle carrière ?
Ouais, pas mal. Il a surtout joué à l'AS Vita Club, au Congo. Il s'appelle Kadiasiko Kindoki, mais si vous tapez son nom dans Google, vous allez surtout tomber sur son actualité musicale, car il s'est mis à la rumba congolaise.

Pour toi, la musique est venue suite à ton départ de l'ETG, ou tu rappais déjà avant ?
J'écrivais, je rappais pendant que j'étais au centre de formation, mais en cachette. Après, c'est sûr que je m'y suis sérieusement mis une fois ma période foot terminée.

Tu sembles pas mal influencé par les Américains d'Odd Future, c'est quelque chose que tu revendiques ?
Dans les sonorités, oui, peut-être... Mais ce n'est pas forcément ce que j'écoute le plus. J'ai plus été influencé par des mecs assez fous, dont j'aime l'écriture, comme Despo Rutti, Doc Gynéco, Oxmo Puccino ou Serge Gainsbourg. Dans mes textes, je parle de mon vécu sans trop en dire, pour laisser l'auditeur décrypter lui-même ce que j'ai envie de faire passer. Un peu à la Stanley Kubrick.

Ton premier EP s'appelle Pre-DORA, une référence à l'enfance, comme ton pseudo. T'es resté bloqué à cet âge-là ?
La peur de grandir est clairement le thème de l'EP, ouais.

C'est ce manque de maturité qui t'a fait virer du centre formation de l'Évian Thonon Gaillard ?
Entre autres, oui. On devait tous effectuer un stage de fin d'études, et moi, je n'en avais pas trouvé pour mon bac pro en comptabilité et je ne l'avais pas dit à l'entraîneur. Donc en douce, je restais au centre à glander dans ma chambre le matin pendant que les autres partaient en stage. Et quand ils ont découvert la supercherie, il y a eu sanction...

Niveau foot, t'estimes que t'étais assez bon pour rester ?
Aujourd'hui, tu peux être bon au foot, mais si le mental ne suit pas, t'es vite mis de côté. J'ai vu des super joueurs qui n'avaient rien dans le crâne et qui aujourd'hui ne font rien. En revanche, certains qui étaient moins bons sont toujours dans le circuit parce qu'ils ont compris comment ça marchait. De ma promo, seul Adrien Thomasson, qui est actuellement prêté à Vannes, a percé.

Qu'est-ce que tu retiens de cette expérience à l'ETG ?
Les gens ne se rendent pas compte, mais c'était vraiment un truc fou à vivre. J'en suis sorti plus mature, et avec du recul, je me dis que si j'avais été plus lucide, j'aurais eu une vie bien différente. Mais sur le coup, je n'y pensais pas. Mon coach de l'époque, Nicolas Weber, était quelqu'un de très intelligent, qui m'a beaucoup appris, pas seulement sur le foot. Il nous parlait tout le temps du Barça, le club voulait mettre en place un système de jeu similaire dans ses équipes de jeunes. Être toujours porté vers l'avant, avec un jeu court, sans jamais faire plus de deux touches de balle.

Bernard Casoni, l'entraîneur de l'équipe première de l'époque, n'a pas franchement la réputation de faire jouer ses équipes comme le Barça...
Non, ce n'était pas vraiment lui notre source d'inspiration. Moi, je rêvais de Makelele, qui jouait au même poste que moi. Un mec qui travaillait dans l'ombre pour faire briller ses collègues.

Tu penses souvent à cette autre vie que tu pourrais mener si tu n'avais pas été renvoyé de l'ETG ?
Non, jamais. Je ne suis même pas l'actu du foot, je suis complètement largué à niveau-là. Je suis à fond dans ma musique.

Comment étaient les installations, dans ce club qui découvrait le professionnalisme ?

On était logés, à Amphion, dans un ancien centre de loisirs. Au niveau des structures, c'était clairement assez pauvre. Hormis notre capitaine et quelques joueurs de CFA qui avaient des chambres individuelles, on dormait dans des box, avec juste un lit et une armoire. C'était dur, mais le club se construisait. Maintenant, ils ont de bien meilleures installations.

Les maillots imitaient déjà le design des étiquettes de bouteilles d'Évian ?
Ouais, et je le trouvais beau, contrairement à pas mal de gens qui le trouvaient vraiment dégueulasse. Mais ça, c'est le côté machiste des footballeurs, qui refusent le rose. Et puis c'est marrant, un maillot qui a pour modèle une bouteille d'Évian. Du rose sur un noir, ça rend bien.

Il y avait des Danette à tous les repas ?
Oui, et on avait des bouteilles d'eau à volonté. On pouvait en ramener par centaines chez nous. Et dès qu'un type se pointait avec une bouteille de Volvic ou autre, il sa faisait lyncher.

Zidane ou Lizarazu, les glorieux actionnaires de l'ETG, vous rendaient visite de temps en temps ?
Non, je ne les ai jamais vus au club. Par contre, on recevait régulièrement des équipements, Zidane envoyait des Adidas Predator pour tout le monde. Mais la vraie vedette du coin, c'est Aimé Jacquet, on le croise souvent en train de chiller à Annecy.

Vidéo

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Pre-Dora, le premier EP de Beny le Brownies, est en téléchargement libre et gratuit ici
Beny le Brownies sera en concert le 16 mai à Lyon, au Ninkasi Kafe, et le 2 juillet, pour le Festival Paris HipHop, à la Plage du Glazart, en compagnie d'A2H, Deen Burbigo, Espiiem et bien d'autres.
Sélectionné pour le festival des lauréats des Inrockslab / Sosh, vous pourrez également le retrouver le 29 mai à la Gaieté Lyrique.

Par Mathias Edwards
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