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Benteke, même pas peur !

Éjecté de Liverpool l’été dernier, critiqué en interne ou par les médias cette saison à Crystal Palace, pas épargné actuellement par son nouveau coach, Christian Benteke en voit de toutes les couleurs. Mais parvient toujours à remonter la pente, en témoignent son gros mois de mars. Grâce à une détermination sans faille.

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Pendant quelques instants, Jürgen Klopp a dû s’en vouloir. Son ancien joueur, celui-là même à qui il a indiqué la porte de sortie l’été dernier, vient de lui planter deux coups de couteau mortels. D’un intérieur du pied maîtrisé, puis d’une tête puissante, Christian Benteke a fait tomber Liverpool qui menait pourtant 1-0 à Anfield Road. Mais voilà, l’ancien Red joue désormais pour Crystal Palace, et si ses ex-supporters n’ont pas à regretter son départ, ils ont du mal à digérer la revanche de l’attaquant en ce dimanche 23 avril 2017.

Dispute éphémère


Parce que oui, il s’agit bien d’une revanche pour l’avant-centre. Une revanche pour les moqueries qu’il a subies lorsqu'il portait le maillot des Reds, mais aussi une revanche sur sa première partie de saison, où personne n’a semblé croire en lui. Avec huit buts inscrits en Premier League en presque six mois, son bilan n’était pas totalement affreux, mais bien loin des espérances nées dans son nouveau club qui n’a pas hésité à lâcher plus de trente millions pour le faire venir. À tel point que le bonhomme, qui aurait songé à un départ cet hiver, a failli s’embrouiller sévèrement avec ses dirigeants et Sam Allardyce, son nouvel entraîneur depuis fin décembre.


« Benteke a signé cinq ans, donc nous lui dirons ce qu’il fera. C’est notre joueur et il ne nous imposera rien tant que je suis là, a ainsi balancé le coach anglais en conférence de presse en début de mois. Il a accepté ce contrat en son âme et conscience. Si les deux parties trouvent un accord, c’est différent.  » Ambiance. Mais ça, c’était avant. Car cette petite remise en cause a finalement servi de déclic au Belge : en un mois, ce dernier a fait trembler les filets à cinq reprises (en quatre rencontres de championnat) alors qu’il fallait remonter à fin janvier pour le voir faire trembler les filets. La preuve que le natif du Congo a de la ressource et ne s’arrête pas au premier obstacle présenté.

Compenser les limites


Régulièrement pointé du doigt pour son jeu tout en puissance en apparence et son manque d’élégance, Benteke a l’habitude des critiques. Comme tout attaquant qui connaît une période de doute, d’ailleurs. Sauf que cela ne fait pas, et n’a jamais fait peur à Christian. Pas le plus beau ni le plus talentueux de la planète football, le joueur d’1,91m a toujours dû travailler pour progresser et avancer. « Il avait déjà des qualités intrinsèques évidentes quand je le côtoyais, mais je ne dirais pas qu’il était au-dessus du lot. Jelle Vossen (qui s’est planté en Angleterre et évolue aujourd’hui à Bruges) jouait plus que lui par exemple, atteste Jean-Philippe Caillet, qui a évolué avec Benteke à Genk entre 2007 et 2009.



Il ne faisait jamais preuve de je-m’en-foutisme durant les séances d’entraînement ou devant le but. Au contraire : il montrait une certaine hargne, il faisait toujours en sorte que ça fonctionne. C’est cet état d’esprit qui l’a amené là où il est aujourd’hui. Il avait cette force, avec beaucoup d’altruisme devant le but, mais aussi l’égoïsme nécessaire à un buteur. En tant que défenseur central, sur les terrains d’entraînement, je peux te dire qu’on avait du mal à l’arrêter quand il avait besoin de marquer. De toute façon, un attaquant sans caractère, ça ne réussit pas. Pour y arriver, il ne faut pas être un mouton. »

La bonne direction, le comportement qui va avec


Une grande détermination, mais pas que. Contrairement à ce que certains peuvent imaginer, l’international de 26 ans n’est pas un garçon qui n’en fait qu’à sa tête et qui pense ne rien avoir à apprendre. Ce n'était en tout cas pas son profil lors de ses plus jeunes années. «  À l’époque, c’était loin d’être un petit con. C’était un mec qui savait où il voulait aller, et ce qu’il fallait faire pour y aller. Il était donc à l’écoute des anciens et de l’entraîneur, reprend Jean-Philippe Caillet, aujourd’hui manager général du FC Differdange 03, club luxembourgeois. Il n’a jamais eu de souci particulier avec qui que ce soit, au contraire. C’était quelqu’un d’avenant, il aimait bien rigoler... Une personne humble, qui savait aussi s’imposer dans un groupe, mais avec de bonnes intentions.  » Voilà en partie pourquoi Benteke a encore un rôle à jouer dans cette Premier League. Et qu’il peut encore surprendre. Même quand la personne en face de lui s’appelle Klopp.

Par Florian Cadu
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