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Benítez, cœur de meringue

On l'attendait tous, c'est enfin tombé : Rafael Benítez sera le nouvel entraîneur du Real Madrid. Si l'info a rapidement fuitée en coulisses, son arrivée au sein de la Maison Blanche est tout sauf un hasard. Ancienne gloire du FC Valence, le vieux briscard viendra pour redonner au Real une suprématie nationale. Vamos, Rafa !

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Propre fondateur de sa riche histoire, le Real Madrid peut se vanter d'être le club le plus titré d'Espagne comme en Europe. 32 championnats, 19 coupes d'Espagne et, bien évidemment, 10 ligues des champions. Ça pose un mythe. Avec ce statut, les Blancos siègent au sommet du classement des palmarès mondiaux. Cependant, si cette étiquette de colosse constitue une distinction unique, le devoir de rester maître en son royaume coule de source. Problème : entre 2009 et 2015, la Casa Blanca a vu sa réputation sérieusement remise en cause en Liga. En sept championnats disputés, seul un seul cru, le 2011-2012, voit le club royal monter sur la plus haute marche du podium. Certes, le Barça de Guardiola n'est pas anodin dans ces miettes de pain données à un club habitué au caviar. Mais au-delà de cette querelle, ce sont les résultats des coachs engagés qui laissent perplexe. Mis à part José Mourinho – parti après avoir obtenu la tête du directeur sportif Jorge Valdano et construit un Real aux antipodes de sa tradition du beau jeu – ni Juande Ramos, ni Mauricio Pellegrini n'avaient l'étoffe pour dominer le FC Barcelone. Pire, puisque même lorsque Pep est parti, le Mou a finalement dû s'incliner devant le collectif du regretté Tito Vilanova. Désireux d'accaparer cette Décima, le Real est arrivé à ses fins grâce à Ancelotti, fin limier en Coupe d'Europe, mais considéré à raison comme le Poulidor des championnats. Un scudetto en 2004, une Barclay's Premier League en 2010, un Hexagoal en 2013, et donc, une bulle pour deux années passées en Espagne. Pour remédier à cette mauvaise endurance, le père Pérez choisit désormais un remède de grand-mère, appelé Rafael Benítez.

L'enfant de Castille


C'est bien simple, avant Diego Simeone et son Atlético Madrid blindé à la grinta, le dernier entraîneur à avoir remporté la Liga avec une équipe autre que le FC Barcelone ou le Real Madrid, c'était Rafa. En 2004, son succès avec le FC Valence ne faisait que couronner l'équipe la plus constante au cours de la saison. Pourtant, au plus profond de lui-même, Benítez devait avoir un certain chagrin de voir s'achever l'époque des Galactiques du Real. Lui, le natif de Madrid, aficionado dès son plus jeune âge au sein du Santiago Bernabéu. Lui encore, l'ancien libéro de la Castilla madrilène, handicapé d'une blessure coriace au genou et obligé de raccrocher les crampons à seulement 26 ans. Lui toujours, nommé aux commandes de cette même Castilla entre 1993 et 1995, où il croisera la route d'un certain Vicente del Bosque, coach des A. Doucement mais sûrement, Rafa s'apprête à devenir le patron de l'Espagne une fois le nouveau siècle abordé. Moteur du bastion ché, Rafa célèbrera même un fantastique doublé avec une coupe UEFA remportée à Göteborg, contre l'Olympique de Marseille de Didier Drogba.

Une fois le sentiment du devoir accompli dans son esprit, Benítez signe pour la saison 2004-2005 à Liverpool, à la recherche d'un nouveau challenge. En fin de saison, l'homme est sur le toit de l'Europe : dans le stade Atatürk d'Istanbul, ses Reds battent le Milan AC dans un match gravé dans la légende (3-3 a.p, 3-2 tab). Histoire toujours : aucun entraîneur n'était encore parvenu à glaner C3 et C1 sur deux saisons avec deux clubs différents. Ces différents succès, le sosie incarné de Julien Dray les acquière avec une méthode. Sa méthode. Dans le So Foot n°122, Benítez explique son savoir-faire : «  Le style Benítez, c'est d'abord une notion d'équilibre. (…) J'aime que mes équipes marquent des buts, mais j'aime aussi que mes équipes ne se fassent pas surprendre défensivement. Ce qui m'intéresse, c'est le fond, le jeu. Il faut être capable d'exercer un pressing, de contre-attaquer et d'avoir le ballon. » Une formation complète que le Real pourrait sérieusement mettre à profit en championnat.

Le cyanure du Barça ?


Pour aider son nouvel arrivant à une meilleure seconde acclimatation au sein des Merengues, Florentino Pérez devrait être prêt à donner les clés du coffre à Benítez pour faire ses emplettes cet été. Ainsi, l'ancien technicien de Naples renforcera un banc beaucoup trop tendre pour prétendre à résister sur la durée face à son ennemi intime. Aujourd'hui légèrement complexé vis-à-vis du FC Barcelone, le Real Madrid vient peut-être de mettre la main sur la bonne ordonnance. En effet, durant son bail de trois ans au FC Valence, Rafa Benítez détient un bilan positif contre le FC Barcelone : trois victoires, un nul et deux défaites. Une époque où Lionel Messi ne sévissait pas encore par ses traversées hallucinantes, c'est vrai, mais cet atout psychologique pourrait servir dans l'optique d'engranger de la confiance. Une confiance dont les joueurs, Sergio Ramos en tête, espèrent bien tirer profit : « Tant qu'il n'y a rien d'officiel, on ne peut faire aucun commentaire, expliquait le défenseur aux médias ce lundi. Ce que je peux vous dire, c'est que Rafa est un entraîneur de grande expérience, passé par l'Angleterre, l'Italie et l'Espagne en récupérant des titres. Avoir un coach de ce calibre, c'est toujours positif. » Au fond de lui, Ramos sait déjà de quoi dépendra l'avenir de Benítez au Real. De sa prochaine lutte en 38 étapes contre le FC Barcelone. Le Real sera un défi pour Benítez, mais surtout, Benítez sera peut-être l'opportunité pour le Real de trouver, enfin, une continuité sur le banc de touche. « C'est une bonne solution, expliquait Del Bosque en conférence de presse vendredi dernier. Il est prêt pour le Real et il le rendra encore meilleur. Cela fait des années qu'il est entraîneur professionnel, le Real a fait le bon choix. » Ou quand le maître adoube son élève.

Par Antoine Donnarieix
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