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  2. // 27e journée

Bénis soient les Chamois, maudits soient les Auxerrois

La 27e journée de Ligue 2 sera probablement celle qui proposera le plus de duels au sommet cette saison. En attendant les alléchants déplacements de Lens chez le leader messin et du SCO d’Angers à Tours, on s’est goinfré un derby normand chaud bouillant, un combat de morts-vivants entre Laval et Bastia, et un autre derby, bourguignon celui-ci, qui risque de coûter cher à Bernard Casoni et à l’AJA. La Ligue 2, ce week-end, c’est Hollywood.

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Les derbys stériles

Le derby normand opposait deux formations aux trajectoires bien différentes, entre une équipe havraise engoncée en milieu de tableau, à seulement trois longueurs de la zone rouge, et des Caennais qui se prenaient de nouveau à rêver de montée après trois matchs sans défaite. Sauf qu’en début de match, la réussite a choisi son camp : pendant que la tête de Nangis s’écrase sur la barre, la frappe anodine de Mesloub est déviée par Wagué et prend à défaut Damien Perquis. Malherbe se montre dominateur et se remet logiquement sur les rails à la demi-heure de jeu, d’une minasse expédiée par José Saez des 25 mètres – du genre à t’épargner à jamais les problèmes respiratoires si tu te la prends dans le tarin. En seconde période, le rythme de la rencontre est clairement moins soutenu, et la domination caennaise ne porte jamais ses fruits. 1-1. Les Normands peuvent se quitter bons amis.

La rumeur plane, gronde dans les travées de l’Abbé-Deschamps : les heures de Bernard Casoni sur le banc de l’AJA sont comptées, à la suite d’une nouvelle déception subie contre le DFCO. Souprayen envoie Auxerre par le fond après seulement une dizaine de minutes, d’une jolie frappe croisée. L’AJA domine, Casoni fulmine, Dijon taquine, et puis, soudain, commet l’irréparable, s’amuse dans sa surface comme un gamin texan avec le flingue de son père, et pan, Johan Gastien inscrit contre son camp le but gag de l’année. Dijon n’est déjà pas verni, mais n’est pas au bout de ses peines, parce que Gastien a soif de but, ce soir, et réalise le doublé, à la suite d’un nouveau cafouillage dans sa surface. Johan Gastien peut quitter la pelouse, sous une véritable ovation, fier d’avoir remis à lui seul Auxerre sur les rails. Mais toute la chance du monde ne sauvera pas cette AJA-là. Cissé claque un coup de boule sur coup franc et égalise. 2-2. Le point du nul laissera sans doute tout le monde sur sa faim. Et Casoni sur le carreau.

Les gros coups de la soirée

Il faut comprendre Hakim Ben El Hadj. Vous aimeriez, vous, aller arbitrer un obscur ClermontNîmes, devoir se taper le voyage jusqu’en Auvergne, tout ça pour voir deux équipes se rentrer mollement dans le chou ? Non ? Eh bien lui non plus. Du coup, quand les deux formations se préparent à rentrer aux vestiaires sur un score nul et vierge, l’homme en noir décide que ça ne se passera pas comme ça, et profite d’une main clermontoise dans la surface adverse pour décréter qu’il y a péno, à la stupeur générale. Yannis Salibur débloque la situation et ne prend même pas le temps de dire merci. 1-0. Clermont peut respirer un grand coup et prend ses distances avec la zone de relégation.

Beaucoup d’absents, dans les rangs nancéiens, au moment de se déplacer dans le Sud pour affronter Arles-Avignon, et beaucoup de difficultés à contenir les assauts des joueurs de Franck Dumas au cours du premier quart d’heure. Les hommes de Pablo Correa semblent se faire discrets, mais attendent leur heure, et alors que les Arlo-Avignonnais se préparent à rentrer aux vestiaires, Mangani expédie un coup franc dans les filets. Muratori, originaire du Vaucluse et visiblement ému de retrouver sa terre d’enfance, récolte un carton rouge à l’heure de jeu et laisse ses partenaires dans la panade. Nancy tient sa victoire jusqu’à la 85e minute, moment choisi par Diaz pour caler à son tour un coup franc sublime dans la lucarne des Lorrains. Alors Cuffaut, l’un des meilleurs Nancéiens cette saison, prend les choses en main et transperce la défense adverse pour redonner l’avantage à l’ASNL pendant les arrêts de jeu. 1-2. Et ça fait 6 matchs sans victoire pour Francky Dumas.

Battus la semaine dernière pour la première fois de l’année en championnat, les Chamois niortais ont ce soir réaffirmé leur intention de se mêler à la course pour le podium, histoire de ne rien avoir à regretter une fois le rideau baissé. Sala, prêté par Bordeaux, marque son premier but en 4 mois d’une pichenette. Décidément en confiance, les locaux font le break avant la demi-heure de jeu, grâce à une combinaison futée sur coup franc conclue par Lafourcade. Une fois la route balisée, il suffit de suivre les pointillés, et Lafourcade claque son doublé dès le retour des vestiaires – pour sa première titularisation de la saison. Emiliano Sala laisse le pourboire sur penalty. 4-0, et voilà Niort à deux petits points du podium. Les Chamois niortais, bordel, les mecs !

Les coups pour rien


On ne va pas se mentir : ça sentait un peu la charogne, du côté de Laval, 19e et pratiquement déjà condamné, et le CA Bastia, qui n’ose plus parler de maintien depuis la 10e journée. Laval abat tous ses atouts d’entrée de jeu, obtient un péno après 20 secondes, et ouvre la marque par Alla. Bastia, ils t’inventent de nouvelles façons de perdre à chaque fois, ça force l’admiration… Une rencontre opposant 22 mecs qui crapahutent en gilet de sauvetage, c’est un bien étrange spectacle, mais ça ne manque pas de charme. Bekamenga, meilleur buteur de Ligue 2, profite d’une énorme toile défensive de la part des Corses pour rajouter un peu de confiture sur la tartine. 2-0, donc. Pas sûr que ça change grand-chose aux affaires des Tangos…

Troyes ne se fait plus vraiment d’illusions, mais l’ESTAC jouera décidément le coup jusqu’au bout. Ghislain Gimbert tente de plier l’affaire en trois minutes au terme d’une échappée en solitaire et d’une frappe précise qui vient se lover amoureusement dans le petit filet, mais Keita réplique dès le quart d’heure de jeu, conscient que les Istréens jouent actuellement leur survie en L2. Romain Lejeune, le portier sudiste, semble d'ignorer l’urgence, lui, parce qu’il commet une bévue qui devrait l’empêcher de dormir un petit moment, et offre l’avantage aux Troyens sur un plateau. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, l’ESTAC se retrouve en supériorité numérique dès le retour des vestiaires et aggrave la marque d’un coup franc magistral de Ben Khalfallah. La pire défense du championnat est à la hauteur de sa réputation, et ouvre à nouveau les vannes à l’entrée du dernier quart d’heure, quand Marcos scelle le sort de la rencontre d’un plat du pied. 4-1. Bon retour dans les Bouches-du-Rhône, les gars, hein !

Enfin, l'opposition entre Cristolliens et Brestois s'est avérée être un spectacle à la hauteur du retour des Trois Frères au cinéma. Et il y a eu autant de but au cours de la rencontre que d'éclat de rire lors de chaque séance du nouveau chef-d'œuvre des Inconnus. 0-0. Prévenez-nous, les gars, avant de faire des trucs pareils, parce que nous, on n'y est pour rien, si vous vivez au fin fond du Val-de-Marne ou que vous prenez des tempêtes dans la gueule en Bretagne.

Par Julien Mahieu
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