Benfica : l'an Jesus

Dimanche, jour du Seigneur Jesus. Le “Glorioso” a retrouvé son statut. Pour l'ultime chapitre de la saison, Benfica remporte le 32ème titre de son histoire. Et si les Aigles s'envoient à nouveau en l'air, c'est grâce à leur Mister. Alors, merci Jesus...

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A 55 ans, Jorge Jesus a mis fin aux cinq ans d'abstinence du peuple Encarnado. Et cela, en une saison. Dimanche soir, Benfica a battu Rio Ave (2-1) dans un stade de la Luz rouge d'émotion. Les Lisboètes ont fait le boulot et offert une sacrée occaz de faire la fête à leurs 120.000 sócios. Et si l'on y ajoute les sympathisants, on obtient... un sacré “bourdel”.

L'euphorie s'est exportée jusqu'à Paris. Régnait sur les Champs Elysées comme un air de fado. Celui de Lisbonne bien sûr. Le fado de la joie. Un air simple et un refrain bien connu de la Liga portugaise : « SLB, SLB, SLB ! » Très vite, les Rouges se retrouvent encerclés par les Bleus. « On s'en fout, on est Campeões ! » Ce soir, les Benfiquistes ne craignent rien, ni personne.

Le Sport Lisboa e Benfica vient de remporter son 32ème trophée de champion national. C'est dix de mieux que son poursuivant, le FC Porto. Au classement cette saison, l'addition est flatteuse : 5 longueurs d'avance sur Braga, 8 sur les Portistes et 28 sur le Sporting... Même le crack Cristiano Ronaldo formé chez les “Leões” s'incline : « Benfica est champion, alors il mérite le respect et des applaudissements. Cette année, les Aigles ont été les plus forts » . En quinze ans, le SLB n'en est pourtant qu'à sa deuxième distinction mais le président Luis Filipe Vieira entend bien faire reprendre au “Glorioso” ses bonnes vieilles habitudes : « Nous n'attendrons pas cinq ans sans vaincre, c'est une certitude. Nous travaillons dans le présent et en pensant au futur » .

Une équipe de cracks


Succès oblige, cet été, Jorge Jesus s'attend à perdre une partie de ses protégés. Un crève-cœur pour celui qui en quelques mois a (re)fait du SLB une machine à gagner. Dès sa prise de fonction, le chevelu prophétisait : « Je suis venu avec la certitude et la conviction que je vais être champion dans cette maison » . Et dans la maison de Jesus, on ne rechigne pas à la tâche : « Avec moi, les joueurs vont devoir donner deux fois plus que la saison dernière. Et encore, le double, c'est trop peu » . Il parlait comme Mourinho et bientôt il aura un contrat comme le sien. Une clause libératoire de 5M€. C'est ce qu'avait dû payer Chelsea aux Dragons pour s'attacher les services du Mou, en 2004. Et pour le titre de champion, JJ empochera 1M€.

L'ancien entraîneur de Braga a forgé une équipe à sa façon. Il a voulu le gardien Julio César qu'il avait coaché à Belenenses et il l'a eu. Mais le portier brésilien, titulaire en Ligue Europa, n'a pas convaincu et c'est le doyen Quim qui a pris place entre les poteaux. Le poste de numéro 1 est la grande priorité pour le prochain exercice. Eduardo de Braga devrait être l'élu.

En défense, David Luiz est LA star. Peut-être même celle de l'équipe. Voire du championnat. A 23 ans, le défenseur central a tout pour lui. Rapide, solide, technique et une gueule d'ange. Le Barça et le Real en rêvent déjà. « Je vais rester » , lançait-il après le succès de dimanche. Il y a quelque temps pourtant, il se montrait moins convaincant : « Je ne partirai que quand j'aurai été champion » . A suivre donc. Côté gauche, JJ a converti le jeune milieu offensif gauche Fábio Coentrão en latéral. Avec brio. Coentrão est aujourd'hui le favori au poste en Selecção.

Au milieu de terrain, Javi Garcia s'est montré solide dans la récupération et déjà le directeur sportif Rui Costa lui a trouvé un doublon de haut vol : Airton. Arrivé au mercato, le Brésilien s'annonce à 20 ans, comme un grand. Avec Jesus, les Argentins Pablo Aimar et Javier Saviola ont littéralement ressuscité. Témoins d'une équipe offensive. Cette saison, Benfica a marqué plus de 100 buts toutes compétitions confondues. Et à ce jeu-là, Oscar Cardozo a brillé. « L'homme qui doit résoudre les matches » , comme le qualifie son entraîneur, a inscrit 26 réalisations rien qu'en Liga. Le Paraguayen, qui termine meilleur buteur avant de partir, certainement pour City.

Mais le grand départ sera celui d'Angel Di Maria. Le petit prodige argentin s'achemine vers un géant d'Europe pour une enveloppe autour de 50M€. Real Madrid, Barcelone, Chelsea... Les clients se bousculent. On cherche déjà un remplaçant et son compatriote Gaitan de Boca est annoncé. Avec Kardec, Weldon, Eder Luis et l'ancien Nuno Gomes, le SLB a encore de la réserve. Et pas qu'en attaque. César Peixoto, Ruben Amorim, Carlos Martins, Sidnei n'ont pas toujours été des premiers choix mais JJ a su en tirer le meilleur. Au bon moment. Et des moments, il y a eu...

Moments-clés

J3. V. Setúbal (8-1). Après deux petits tours de chauffe contre Maritimo (1-1) et le Vitória Guimarães (1-0), Benfica donne le ton et une claque à Setubal. Ou plutôt une branlée : 8-1. Avec un triplé de Cardozo. Un match qui traduit d'entrée ce que sera Benfica : la meilleure attaque du championnat avec un Cardozo rarement génial mais efficace.

Europa Ligue. Everton (5-0). En coupe d'Europe, le démarrage fut poussif. Un revers contre l'AEK Athènes (1-0) a bien laissé croire un instant que les Lisboètes allaient vivre une saison aussi galère que la précédente. Mais à la mi-octobre, le SLB pulvérise Everton à la Luz avant de récidiver en Angleterre (2-0). Les artistes sont Saviola et Cardozo : trois buts chacun sur les deux matches.

J9. Braga (0-2). A Braga, Benfica chute face à l'équipe sensation de la saison. L'autre Sporting a décidé de se frotter aux Grands et il collera les Aigles jusqu'au dernier moment. Au stade AXA, Benfica manquera d'assurance et perdra son premier... et dernier match de Liga de la saison.

J14. FC Porto (1-0). Contre le tenant du titre et surtout le grand rival le FC Porto, les hommes de Jesus ne trembleront pas. Saviola marquera le seul but de la rencontre et permettra à son équipe de distancer les Dragons au classement. Cette année, le génie a changé de camp.

Europa Ligue. Marseille (2-1). Le nul (1-1) obtenu à domicile à l'aller contre l'OM avait laissé planer un grand doute quant aux chances de qualification des Encarnados pour les quarts-de-finale de l'Europa Ligue. Mais au Vélodrome, Kardec délivre Jesus dans les arrêts de jeu. Reste que l'esprit-saint se nomme Maxi Pereira, buteur benfiquiste sur les deux matches. Au tour suivant, les Aigles finiront déplumés par les Reds (2-1, puis 1-4).

Coupe de la Ligue. FC Porto (3-0). Le 21 mars, la finale de la Coupe de la Ligue opposait pour la première fois le FC Porto à Benfica. Et là, pas photo. Porto la travailleuse s'est pris trois doigts par Lisbonne la belle.

J26. Sporting (2-0). Après avoir battu Porto, Benfica bat facilement le voisin du Sporting. Un match qui traduit le monde qui séparait les deux équipes cette saison.

J29. FC Porto (1-3). Pour la première fois de l'histoire du championnat du Portugal, Benfica a l'occasion, en cas de succès, d'être sacré champion sur la pelouse du FC Porto. Une idée bien mal venue dans la cité invicta. Accueillis à coups de pierres à leur arrivée, les joueurs de Benfica repartiront avec la gueule de bois. Porto finira à dix mais réalisera l'une des rencontres les plus abouties de sa saison. Sans Falcao suspendu, le FCP bat son ennemi juré et lui fout un petit coup de pression pour la dernière journée. La suite, on la connait...



Au final, Jesus empoche la totale, dès sa première année. Le titre de champion, la meilleure attaque, la meilleure défense, le meilleur buteur de Liga et une Coupe de la Ligue. Vivement, la saison prochaine...

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