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Benfica en sera, le FC Séville aussi

Ça y est, ce soir, les huit derniers prétendants au titre dans cette Ligue Europa se sont fait connaître. De Lisbonne à Bâle, d’Alkmaar à Séville en passant par Valence, retour sur cinq qualifications, dix buts et une remontada.

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Bâle sans Suchy

Nul et vierge à l’aller, le retour promettait forcément mieux. Ça démarre en tout cas très fort au cours d’une entame archi-dominée par une équipe de Salzbourg qui semble voler face à de bien pâles Bâlois. Un carton rouge pour Suchy, un loupé incompréhensible de Kampl, Salzbourg domine, s’amuse et étouffe son adversaire. Et encore, ça, c’était avant que Soriano - l’homme aux 39 buts en 30 matchs cette saison – entre en scène. Sur sa première occasion, l’ancien du Barça crucifie et dégoûte les Suisses. Si bien que les supporters bebbi s’énervent et provoquent la suspension de la partie pendant une quinzaine de minutes. Le temps pour Salzburg de se croire trop beau. À onze contre dix, à domicile et alors qu’ils ont le match en main, les Autrichiens vont s’effondrer d’un seul bloc. Battus sur corner par Streller au retour des vestiaires, ils le seront encore dix minutes plus tard par Gastón Sauro (2-1). Lâchés par un Soriano tout à coup moins productif et un public versatile, les hommes de Roger Schmidt cochonneront jusqu’au bout une fin de match qui leur était pourtant promise.

Benfica (presque) sans surprise

Marquer trois fois et espérer. La donne était simple pour les hommes de Tim Sherwood, la réalisation beaucoup moins. Parfois dangereux, mais jamais réellement inquiétants, rarement inspirés et (trop) souvent imprécis, les Spurs n’auront à aucun moment de la première mi-temps montré un semblant de révolte capable de sérieusement bousculer des Portugais sereins, mais surtout bien plus malins. Parce que 45 minutes de petites fautes incessantes empêchent forcément toute forme de rébellion et parce que marquer sur sa première réelle incursion dans la surface adverse rend les choses un brin plus évidentes, Benfica se croit à l’abri après le premier acte. Mais alors que les Lisboètes avaient tout en main pour s’éviter le trop habituel scénario de la peur, Nacer Chadli va venir sérieusement chambouler la fin de soirée pépère de Jorge Jesus & Co. En deux minutes, le polyvalent milieu de terrain belge offrait un doublé synonyme d’espoir inattendu. Un espoir long de 15 minutes, le temps pour Sigurdsson de galvauder deux balles de prolongation, celui pour Lima de crucifier des Spurs méritants, mais trop tardifs (4-2).

L’AZ sans éclat

Un peu de boue, quelques trous et même un chouïa de neige, la pelouse de l’Anji Makhatchkala n’était pas forcément dans le meilleur des états. Plus favorable aux contrôles hasardeux, souvent trop longs, et rarement précis, qu’aux enchaînements léchés que même un huitième de finale retour d’Europa League est en droit de pouvoir offrir, le gazon n’aura jamais permis d’assister à un vrai spectacle. Solide derrière, l’AZ ne s’est pour autant pas épargné une fin de match stressante. La faute à l’opération gaspillage lancée par ses avants (Berghuis, Beerens et Johansson), la faute aussi à une équipe de l’Anji méconnaissable pour toute personne ayant préféré fuir le monde du foot au cours des six derniers mois, mais foutrement courageuse. Les assauts de la dernière chance en fin de match n’auront pourtant pas été suffisants pour empêcher l’AZ de composter son ticket pour les quarts. Un juste mérite au bout d’un sincère ennui (0-0).

Valence sans stress


Vainqueurs 3-0 en Bulgarie, les Valenciens ne jouaient pas ce soir un vrai match angoissant de Coupe d'Europe. Il n’y avait donc pas cette petite boule au ventre inhabituelle, cette pression propre aux grands rendez-vous, il n’y avait pas non plus cette excitation rare de pouvoir sauver une saison pourrie en 90 petites minutes. Enfin, et presque logiquement, il n’y avait pas grand monde à Mestalla pour assister à la victoire (1-0) acquise en marchant de l’équipe bis des hommes de Juan Antonio Pizzi. Il n’aura en fait suffi que d’une accélération venue des pieds de Fede Cartabia pour trouver la tête du tout jeune Paco Alcácer et mettre définitivement fin à la belle histoire du Razgrad Ludogorets. Celle-ci s’arrête donc à ce stade des huitièmes de finale et après être passée sur les corps inertes d’anciens beaux comme le PSV ou la Lazio de Rome. Une belle histoire certes, mais une triste fin dans l’anonymat d’un vilain jeudi soir aux allures de dimanche de fin de vacances.

Le FC Séville sans le Bétis

Les Verdiblancos du Bétis contre les Palanganas du FC Séville, plus qu’un derby, il y avait dans ce déchirement citadin la volonté pour les premiers de confirmer le succès de l’aller (0-2), pour les seconds l’envie de se rappeler aux bons souvenirs de celle qui s’appelait encore la Coupe UEFA à une époque où la suprématie du duo Kanouté-Luís Fabiano sur l’Europe ne faisait rire personne. Forts d’un quatuor offensif (Marin-Gameiro-Bacca-Reyes) inspiré, les visiteurs rouge et blanc prennent le dessus. La consécration d’une première mi-temps réussie, c'est l’imparable plat du pied de José Antonio Reyes. Tous les ingrédients d’une jolie remontada semblent alors réunis. Tous, sauf la complicité des valeureux lieutenants de Gabriel Calderón. Revenu transfiguré des vestiaires, le Bétis va livrer une deuxième mi-temps aux antipodes de la première en optant pour l’offensive. Bien conscients des limites de leur défense, les Béticos optent donc pour la solution la plus joueuse. La plus dangereuse aussi. Quitte à mourir la gueule ouverte, ce Bétis déjà condamné en Liga ne veut souffrir d’aucun regret. L’idée est belle et pleine de fougue, mais laisse surtout des espaces en contre. Carlos Bacca en profite, rétablit l’égalité (2-0) et offre la prolongation au FC Séville. L’occasion pour Antonio Adán de se chauffer en duel avec Gameiro et Bacca avant de se plonger dans la séance de tirs au but. Un arrêt, le premier, trois belles fusées envoyées dans le but de Beto, le Bétis est bien parti, mais va connaître un trou noir. Deux ratés signés N'Diaye et Nono éliminent le Bétis, qualifient le FC Séville et plongent Benito-Villamarín dans la détresse. Un scénario fou pour une remontada à l’arrachée, mais une remontada quand même.

Par Martin Grimberghs
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