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Benachour : « C’était un déchirement de ne pas réussir à Paris »

Selim Benachour a remporté la Coupe de France avec son club de cœur - le PSG -, réussi une belle Coupe du monde avec la Tunisie et remporté la Coupe d’Afrique à domicile. Certes, mais l’élégant meneur de jeu est sûrement passé à côté d’une sacrée carrière. Parce que « le foot, c’est aussi le facteur chance » , l’homme qui prépare actuellement ses diplômes d’entraîneur en parallèle d’une dernière pige au FC Martigues, en CFA, raconte quinze ans de carrière à travers sept championnats. Du PSG à Mumbai City, en passant par Málaga, la Russie ou le Koweït.

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Tu es né à Paris et tu as été formé au PSG. Est-ce que tu allais déjà au Parc des Princes étant jeune ?
Mon père m’emmenait au Parc. À partir de cinq, six ans, jusqu’à douze ans, lorsque je suis rentré à l’INF Clairefontaine, j’ai vu presque tous les matchs au Parc. On allait en tribune C rouge, juste derrière le banc des joueurs parisiens. C’était l’époque Safet Sušić. Safet, il faisait la différence à chaque match. Je venais pour lui. Il y avait déjà une grosse ambiance. Le stade était plein, ça chantait 90 minutes, ça sautait. Mon père me demandait : « Est-ce qu’un jour, tu vas réussir à jouer ici ? » . Moi, je lui ai dit : « oui, je vais tout faire pour » . C’étaient juste des paroles, mais finalement, ça s’est réalisé.

Comment tu en es venu à rejoindre le PSG ?
« J’ai fait les détections à l'INF Clairefontaine. Sur 500 joueurs, ils en ont pris 25, et j’étais dedans. »
J’ai commencé au Paris Football Club, de cinq à onze ans. Ensuite, je suis parti faire les détections du PSG au Camp des Loges. Un an plus tard, on m’a parlé de l’INF, la crème de la crème en France. Pareil, j’ai fait les détections. Sur 500 joueurs, ils en ont pris 25, et j’étais dedans. Pendant deux ans, j’ai vécu à Clairefontaine. Je jouais avec le PSG le week-end et je retournais là-bas le dimanche soir.

Raconte-nous tes premiers pas au PSG...
Le premier coach qui m’a fait confiance, c’est Philippe Bergeroo. Il y a eu un match amical contre le Japon au Parc. Je m’en rappellerai toute ma vie, il m’a convoqué alors que je n’étais pas encore pro et j’ai joué quinze minutes. Ensuite, c’est Luis (Fernandez, ndlr) qui m’a fait signer mon premier contrat pro. Il a été franc avec moi en me disant que ce serait compliqué au début, donc je suis parti en prêt à Martigues, en L2, pour m’aguerrir. Ça s’est super bien passé. Ma femme est du Sud, c’est à cette époque que je l’ai rencontrée.


En 2002, tu gagnes ta place de titulaire avec la Tunisie lors du Mondial en Corée et au Japon. Comment as-tu vécu cette expérience, à seulement vingt ans ?
J’avais fait une bonne saison avec Martigues et surtout de bons matchs amicaux juste avant la Coupe du monde, et le sélectionneur Ammar Souayah m’a fait confiance. Au début, ce n’était pas gagné, parce qu’il y avait déjà des joueurs en place depuis longtemps, comme Zoubaier Baya. Avant la Coupe du monde, je n’avais jamais quitté la France.

Le fait de jouer le Japon, pays organisateur, a dû te permettre de sentir vraiment l’engouement...
Le match contre le Japon, c’était incroyable ! Vraiment incroyable. Le stade était tout en bleu. Je suis quelqu’un qui aime jouer à l’extérieur, dans l’adversité, j’aime cette sensation là, donc ça m’a motivé. Mais je ne m’attendais pas à un tel engouement. J’étais impressionné. Après, bon, quand tu es dedans... tu fais abstraction. C’est comme si tu jouais dans la rue. (rires) On était dans une poule avec le Japon, la Belgique et la Russie, c'était compliqué. On a fait match nul contre la Belgique et puis ensuite deux défaites. Sur le plan personnel, j’ai joué trois bons matchs. Je n’en retiens que de bons souvenirs.

Au PSG, à ton poste, tu as connu Jay-Jay Okocha et Ronaldinho. C’étaient les stars, toi le petit jeune. Comment tu te positionnais par rapport à eux ?
En arrivant dans le vestiaire, je me suis fait tout petit. Je voulais apprendre d’eux. C’étaient vraiment des mecs cool. Surtout Ronnie. Quand je suis rentré de Martigues, on était souvent ensemble. C’est un joueur qui m’a aidé. J’allais aussi chez lui et on jouait à la Playstation - à FIFA ou PES, l’un des deux. Qui était le meilleur ? Ronnie gagnait, c’était le plus fort.


Ronnie, il t’a aidé, mais il t’a aussi barré la route...
Moi, j’étais le petit qui venait d’arriver, c’est clair que c’était impossible de lui prendre sa place. Déjà, à l’époque, il cassait les reins des défenseurs. La deuxième partie de saison, à l’entraînement, il dribblait trois, quatre, cinq joueurs, et il allait marquer, normal. Il faisait des dribbles que je n’ai jamais vu de ma vie - à part Messi, maintenant. Je sais qu’à un moment, il y a eu des frictions avec Luis et Laurent Perpère, à cause de ses sorties. C’est parti un peu au clash.

À qui la faute, selon toi : Ronnie, qui n’était pas assez professionnel ? Luis Fernandez, dans sa gestion ? Laurent Perpère, parce qu’il court-circuitait son coach ?
Le coach et le président voulaient le faire rentrer dans le rang. Mais Ronnie, c’est un Brésilien. J’ai connu beaucoup de Brésiliens ensuite dans ma carrière, notamment au Portugal. Les Brésiliens, ils sont un peu tous comme ça : faire la fête, c’est presque dans leurs gênes. Aller au clash avec eux, je ne pense pas que ce soit la meilleure chose à faire.

En 2002-03, avec une sacrée équipe, le PSG termine seulement onzième. Pourquoi ça n’a pas marché ?
On avait un groupe avec des super joueurs, des qualités individuelles incroyables, mais il manquait un esprit de groupe sur le terrain. L’année suivante, avec Vahid, je pense qu’il y avait des joueurs moins forts sur le papier, mais un esprit d’équipe qui nous a permis de remporter la Coupe de France et de finir vice-champion de France derrière le grand Lyon.

En 2004, tu remportes la Coupe d’Afrique des nations organisée en Tunisie. L’un des plus grands moments de ta carrière...
« À ce jour, c’est la seule victoire de la Tunisie en Coupe d’Afrique. J’en fais partie, donc c’est un honneur. Et puis, surtout, c’était à la maison. Tout un pays était derrière nous. Mais on s’est arrachés, attention. »
À ce jour, c’est la seule victoire de la Tunisie en Coupe d’Afrique. J’en fais partie, donc c’est un honneur. Et puis, surtout, c’était à la maison. Tout un pays était derrière nous. Mais on s’est arrachés, attention. En finale, contre le Maroc, on a souffert (2-1). Le groupe se connaissait déjà depuis trois, quatre ans. Surtout, on s’appréciait. Je prends l’exemple de Mehdi Nafti et Riadh Bouazizi, les milieux défensifs. Sur le terrain, ils me disaient : « tranquille Selim, attaque, t’inquiètes pas pour le reste, on est là » . Ça représentait l’état d’esprit du groupe. On courrait comme des fous, on se battait comme des fous. Tout le monde aidait tout le monde. C’était l’ère Lemerre, Roger a fait du super bon boulot.

Qu’est-ce qui t’a marqué lors des célébrations de la victoire ?
C’étaient trois jours de fête ! Juste après la finale, on a été invités à la télé, jusqu’à quatre, cinq heures du matin. Le lendemain, le Président de la République nous a remis les médailles et les chèques au Palais. Le jour d’après, on a fait un tour en bus dans le centre-ville de Tunis. Quand on arrive à l’hôtel pour aller manger juste après le match, de la sortie du bus au restaurant, on a mis trois quarts d’heure, alors qu’il y avait cent mètres maximum. On ne pouvait pas marcher.

L’année suivante, tu quittes finalement le PSG. C’est toi qui a décidé de t’en aller ?
Moi, je voulais rester, mais je ne jouais pas. Je faisais des bouts de match, je ne voyais pas de progression. En 2005, mon contrat se terminait et le club ne m’a pas prolongé. C’est sûr que c’était un déchirement de ne pas réussir à Paris. Je partais de mon club de cœur sans avoir percé comme il fallait. Je suis parti au Vitória Guimarães. Je considèrerais le championnat portugais comme un mini-championnat espagnol.


Tu as fait une super saison. Tu devais ensuite signer au Sporting, mais ça ne s’est pas fait pour des histoires avec tes agents...
J’ai été baladé. Je devais aller au Sporting, qui était qualifié en Ligue des champions. Si j’avais signer au Sporting, ma carrière aurait peut-être basculé. Tout était fait, mais finalement, j’ai signé au Rubin Kazan, en Russie. C’était une expérience compliquée. La Russie, j’en garde de très mauvais souvenirs. Pendant un an, je suis parti seul. Au niveau football, ce sont des longs ballons, du physique, tout ce que je n’aime pas.

Et au quotidien ?
Les gens ne parlaient pas anglais. En fait, non, ils ne voulaient pas parler anglais. Pour eux, tu es en Russie, tu dois parler russe. Ils étaient froids, distants. Moi, j’ai appris quelques mots de russe, mais je ne voulais pas trop rester, donc je n’ai pas appris la langue.

Vient ensuite ton passage au Qadsia SC, au Koweït. Tu n’étais pas réticent à l’idée d’aller là-bas ?
Au début, je n’étais pas trop emballé. Mais c’est surtout que je ne voulais plus retourner en Russie. Quand j’étais parti en vacances, j’avais fait mes bagages. Il ne restait plus rien dans l’appartement à Kazan. Au Koweït, au niveau sportif, je n’ai pas pris de plaisir : le niveau était très bas, les terrains en mauvais état. En revanche, vivre dans un pays musulman pour moi qui suis musulman, c’était parfait. Ils m’ont très bien accueilli. Il faisait beau tout le temps. Les coutumes ressemblaient beaucoup à celles de chez moi, en Tunisie.


Deux ans plus tard, à vingt-huit ans, tu atterris à Málaga, en Liga. C’était presque inespéré, non ?
Même moi, je n’y croyais pas. Je sortais de deux expériences lointaines, un peu exotiques. C’est marrant parce que mon agent portugais m’avait déjà pris les billets pour le Qatar, où je devais aller signer, et au dernier moment, il m’appelle : « Málaga vient de remonter en première division, le club cherche un numéro dix » . Je suis parti faire deux semaines d’essai, finalement je suis resté un mois. Ça s’est très bien passé. Et j’ai signé deux ans.

Le football espagnol te correspondait très bien...
C’était parfait ! Demain, entraîneur, mon équipe jouera à une/deux touches de balle, en mouvement, technique...
« Je jouais en équipe B, ils m’avaient enlevé mon casier du vestiaire. Ils faisaient tout pour me faire partir. Pendant un moment, ça ne me dérangeait pas, et puis fin août, on a négocié pour un départ. »
C’est le football que j’aime. La première saison, j’ai joué beaucoup. Sauf que l’entraîneur est parti l’été suivant. C’est là que les actionnaires qataris sont arrivés, et ils ont pris Jesualdo Ferreira - un grand entraîneur qui venait du FC Porto. Sauf que ce coach-là jouait en 4-4-2 à plat. Quand il est arrivé, il a appelé mon agent : « je ne compte pas sur Selim parce que je ne joue pas avec un meneur de jeu » . J’ai fait quand même la préparation avec eux. Je jouais en équipe B, ils m’avaient enlevé mon casier du vestiaire. Ils faisaient tout pour me faire partir. Pendant un moment, ça ne me dérangeait pas, et puis fin août, on a négocié pour un départ. Mais je le regrette parce que Jesualdo Ferreira s’est fait virer un mois et demi après, et Manuel Pellegrini est arrivé. Là, tous mes amis m’ont appelé : « Selim, pourquoi tu es parti ? Pellegrini, lui, il t’aurait fait jouer. Il aime les joueurs de ballon... » . Comme quoi, le foot, c’est le talent, mais c’est aussi le facteur chance.

Après un retour au Portugal via le Marítimo Funchal puis une escale à l’APOEL, tu débarques à Mumbai City, en Inde, en 2015. Une sacrée expérience ?
J’ai eu la chance de recevoir un appel de Nico Anelka. Nico, c’est la famille. On se connaît depuis tout petit, entre Clairefontaine et le PSG. Il m’a appelé : « je passe entraîneur-joueur en Inde, est-ce que ça te dirait de venir ? » . « Ouais, pas de soucis. » Ça s’est fait comme ça. Je retiens quatre mois très enrichissants. C’était très bien organisé. Avec de super stades. À Mumbai, on faisait match/entraînement/hôtel, match/entraînement/hôtel... Après le dîner, on allait marcher dans les rues parce qu’il fallait voir ça. C’est un pays très simple, très pauvre. On voyait des familles entières dormir par terre, prendre des douches dehors, devant tout le monde. Des choses que je n’ai jamais vues ailleurs. On se plaint toujours en France : « on n’a pas ça, il manque ça » . Quand tu es confronté à ça, ça te remet les idées en place. Moi, j’ai eu des larmes.


Tout à l’heure, tu évoquais le transfert avorté au Sporting qui a peut-être fait basculer ta carrière. Ton agent s’appelait alors Jorge Mendes...
À l’époque, il travaillait déjà avec Mourinho, Cristiano Ronaldo, les Portugais de Chelsea... Lors de ma super saison à Guimarães, mi-novembre, il me contacte. Pas lui directement, mais l’un de ses assistants. Parce que comme il ne peut pas tout gérer tout seul, il a trois, quatre personnes à ses côtés, qui s’occupent de recruter les meilleurs jeunes en Europe. Je me suis renseigné, on m’a dit : « Jorge, c’est le meilleur » . Alors, j’ai signé. L’anecdote, c’est que Jorge, je l’ai vu une seule fois dans ma vie, c’était dans les loges à Porto, il m’avait invité pour voir un match. Il avait quatre téléphones, ça n’arrêtait pas de sonner... Et je n’ai pas pu parler avec lui ! Allez, on a dû parler une minute. Le problème de ces agents-là, comme ils ont beaucoup de bons joueurs, ils négligent les joueurs moyens.

Si c’était à refaire ?
Si c’était à refaire, j’aurais pris un agent moins huppé, qui débutait, pour avoir une vraie relation avec lui. Après, je ne crache pas sur Jorge. Grâce à lui, j’ai très très bien gagné ma vie en Russie. Mais lui aussi a pris ses sous.



Par Florian Lefèvre
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