Ben Arfa, bombe hatemique...

Pour une fois acteur involontaire de la énième crise qui secoue l'OM, l'affaire Ben Arfa éclate au pire moment pour l'OM. Avec son refus de s'entraîner et de se rendre à Valenciennes, la situation s'est aggravée entre lui et le club olympien. Comment en est-on arrivé là ? Explications...

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Des relations Ben Arfa-Deschamps difficiles

On ne va pas refaire l'historique des tensions quasi permanentes entre les deux hommes depuis l'arrivée de DD à l'OM à la suite de Gerets. Fâcheries, bouderies, retards et déclarations fracassantes plus ou moins pardonnées : au bout du compte, même s'il admire et loue le talent de Hatem, Deschamps, comme d'autres avant lui (Perrin, Gerets, etc.) n'a jamais su « gérer » le jeune turbulent. Didier Deschamps est à l'OM : contrairement à Monaco où il avait le temps de faire monter en graine les jeunots dont il a contribué à parfaire la « formation » , à Marseille il ne peut pas se permettre de s'égarer en prenant Hatem sous son aile. C'est l'OM, c'est Marseille : tout joueur arrivé ici doit se mettre au diapason et briller de suite. Sinon, il doit partir... Ce qui est valable pour les joueurs l'est tout autant pour les entraîneurs qui débarquent sur la Canebière. DD aurait pu faire progresser HBA à Monaco. Pas à Marseille : pas le temps... Donné partant au dernier mercato hivernal, puis resté au club, DD fera jouer HBA au compte-goutte puis l'abandonnera sur le banc en fin de saison. Pourtant, l'ensemble de ses prestations a concouru aux succès en championnat et en Coupe de la Ligue. Sur ce, en fin de saison, l'OM, par la voix de Deschamps, invitera Ben Arfa à se trouver un club. Ce qu'il fera, aidé de ses représentants et même de certains agents de l'OM. C'est après que tout va se compliquer...

Les contingences budgétaires inextricables

Comme toujours, gagner un titre apporte paradoxalement son lot de problèmes financiers : primes diverses, revalorisations salariales, etc. L'OM n'y échappe et doit largement entamer le bas de laine garni par le titre de champion et la participation future en C1. Ensuite, même si l'actionnaire et veuve Louis-Dreyfus consent à une petite aide pour pouvoir recruter, le directoire du club intime à DD de réduire de 10 % minimum la masse salariale. Or, Dédé a besoin de recruter du très lourd pour disputer la Ligue des Champions... Résultat : il faut vendre pour acheter. Et comme DD vise un grand avant-centre et un grand milieu défensif (Alou Diarra), il faut vendre beaucoup de joueurs de l'effectif marseillais. Et c'est là qu'intervient le pire aspect du métier d'entraîneur : faire comprendre à certains qu'ils doivent partir. En un mot : les virer ! C'est inhumain, mais c'est comme ça. On le répète : on est à l'OM, le contexte de performances absolu et l'obligation de succès immédiats font que les états d'âme ne pèsent pas lourd dans la gestion du groupe. A ce titre, Deschamps n'est ni meilleur, ni pire qu'un autre pour exécuter ce sale boulot. Hatem est don prié de partir.

Le transfert de Luis Fabiano traîne en longueur...

Pourquoi Luis Fabiano ? Parce que c'est l'un des seuls attaquants encore « achetable » disponible sur le marché. Rappel : en Ligue des Champions, l'attaque marseillaise au sens large Niang, Brandao, Koné, Ben Arfa ou Valbuena ont été ridicules. Deschamps, compétiteur enragé désireux d'atteindre au moins les 8èmes en C1 2010-11, tient à recruter le meilleur buteur possible. Banco pour Luis Fabiano, intéressé par l'OM... Mais les choses vont traîner à cause des exigences du FC Séville qui réclame aujourd'hui la somme quasi impossible de 18 millions d'Euros. Pendant ce temps-là, Mamadou Niang souhaitait partir et rejoindre Fenerbahce pour finir sa carrière sur un dernier contrat avantageux... Refus de Deschamps. A la différence d'Anigo, plus compréhensif, et d'accord pour laisser partir l'attaquant Sénégalais. Alors que le cas Luis Fabiano n'est pas réglé, celui de Niang se résout dans la douleur : il partira bien en Turquie pour un transfert d'environ 8 millions d'Euros. Problème : Niang parti, Samassa aussi (à VA) et Brandao pas assez efficace, l'attaque olympienne devient très light. C'est alors que DD se remet à compter sur Ben Arfa. Problème : depuis juillet, Hatem est en discussions plus qu'avancées avec Newcastle...

Le clash inévitable

Premier match de championnat. L'OM est battu 2-1 au Vélodrome et Ben Arfa a été l'un des très rares à surnager. Mieux ! Hatem réussit sa rentrée chez les Bleus à Oslo, mercredi dernier, en inscrivant un but de grande classe. Hatem re-devient « incontournable » aux yeux de Deschamps. Après tout, Hatem est toujours sous contrat avec l'OM jusqu'en 2012 et l'offre de Newcastle vaguement assortie d'une option d'achat de 5 millions au bout d'un an, avec jusqu'en mai juste le paiement du salaire par les Magpies. Un peu léger pour l'OM... Sauf que le jeune attaquant est bien décidé à partir à Newcastle et surtout, il n'a plus aucune confiance en Didier Deschamps et ne souhaite plus travailler avec lui. Comment se rabibocher avec un entraîneur qui ne lui fait pas confiance et qui l'a incité à partir ? Vu le contexte actuel, il semblerait que le point de non-retour ait été atteint. Tout a explosé avec le double refus de HBA de s'entraîner jeudi et vendredi, ainsi que le refus de se déplacer avec le groupe à Valenciennes pour le match de ce soir.

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L'erreur d'Hatem ?
Quitter l'OM. Ou du moins quitter Deschamps... Hatem se plaît à Marseille mais à 23 ans, il a besoin de jouer régulièrement et dans la confiance. Si son premier souhait peut s'exaucer au point qu'il puisse jouer titulaire dans un trident Ben Arfa-Luis Fabiano-Lucho, c'est la question de confiance qui coince. Sa méfiance est légitime, c'est pourquoi Dassier et Anigo (voire Labrune, fan du joueur) s'essaient désespérément à le convaincre de rester. Pas évident... En tous cas, sur la forme, Hatem a commis l'erreur contractuelle de ne pas s'entraîner et de ne pas jouer à Valenciennes (club décidément maudit pour l'OM !). Du strict point de vue disciplinaire, vis-à-vis des autres joueurs et de l'opinion en général (l'affaire des Mutins de Knysna est encore dans toutes les têtes, Hatem !), le club va devoir à nouveau sévir... et pardonner ! Soit un nouvel épisode encore mouvementé à Marseille en perspective. Mais, après tout, on est à Marseille où l'irrationnel et la démesure président aussi aux destinées du club...

Les brumes de Newcastle

Depuis un bout de temps, Hatem Ben Arfa souhaite rebondir en Angleterre, si possible dans un grand club. Mais c'est Newcastle qui s'est manifesté. Why not pour Hatem ? Comme Niko Anelka qui avait atterri à Chelsea en passant par la case Bolton, il veut faire son trou chez les Magpies pour atteindre des clubs plus huppés. Problème... Newcastle est un promu arrivé de D2 anglaise. L'effectif n'est pas extra, la culture du jeu des Toons pas forcément flamboyante. Le coach irlandais Chris Hughton aurait promis à Hatem qu'il jouerait en gros N° 10 axial derrière deux attaquants. Sur le papier, ça a l'air séduisant mais tactiquement c'est très hypothétique. Hatem N ° 10 axial, on demande à voir, et puis de quels attaquants on parle, selon quel système ? On le répète, Newcastle autrefois place forte du foot anglais est aujourd'hui un promu affaibli, même si le passage en D2 a été plutôt convaincant (une seule saison survolée à l'étage inférieur). Et puis il y a la ville, l'une des plus sinistres de cette Angleterre du Nord. Sans un mental blindé, difficile de (sur)vivre dans ce trou noir océanique. Mais, bon, pour l'instant, c'est là-bas que Hatem devrait atterrir.

Alors ? Quitter la France, seule solution pour lui de relancer enfin sa carrière ? Sans doute. Mais est-il prêt pour le grand saut ? Trouvera-t-il là-bas le contexte favorable pour enfin se perfectionner et corriger une bonne fois pour toutes les scories qui polluent encore son jeu (faire les bons choix, lâcher son ballon au moment qu'il le faut, se fondre pleinement dans un collectif, rester performant et concentré pendant 90 minutes et enchaîner match a près match) ? On verra... Et puis Laurent Blanc compte sur lui : le train bleu redémarre en septembre. Il faudra jouer en club pour être titulaire. Le temps presse toujours pour Hatem...

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