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Bem-vindo a Paris

Trois matches sans victoire, des colères, des jalousies, et voilà la PSG qui retombe dans ses travers. Ce soir, au Parc des Princes de Lisbonne, l'occasion est belle pour se remettre sur les bons rails. Ou sur d'autres rails, direction la crise.

Depuis le match nul face à Montpellier (2-2) qui a la même saveur qu'une défaite, tout le monde ne parle plus que de ça. "Le PSG implose", "Crise au PSG", "Le vestiaire du PSG fragilisé". Tout est bon pour faire monter la mayonnaise, au sein d'une équipe en légère baisse de régime depuis quelques matches. Et la phrase-choc lancée par le Brésilien Nêné à la fin de la rencontre de dimanche soir, en est le symbole : « Avant, j'étais la solution de l'équipe, et maintenant je suis le problème » . Affirmation un peu simpliste, certes, mais pas forcément si loin de la réalité. Car au PSG, il y a un avant et un après Nêné. Lorsque le Brésilien était en feu, au mois de décembre, le club de la capitale se prenait à rêver d'un titre de Champion de France qui manque depuis 1994. Puis la trêve. Puis la petite baisse du plein hiver. Puis le but qui devient un mirage. Nêné n'a scoré qu'une seule fois depuis le début de l'année 2011. Une donnée significative, qui a même fini par lui attirer les foudres de certains coéquipiers. A la mi-temps du match contre Montpellier, alors que le PSG mène 2-0, Hoarau a taclé son camarade en affirmant que « certains ne devaient pas commencer à faire leur petit numéro » . Drôle de façon de remercier celui qui venait de lui offrir une passe décisive.

Ambiance de merde

Ces prises de bec ont rendu dingue Antoine Kombouaré, qui a tenu à mettre les points sur les "i" à la reprise des entraînements, lundi. « Il faut arrêter ces conneries. Déjà, en début de saison, certains d'entre vous critiquaient le comportement égoïste de “Mev” sur le terrain mais vous n'avez jamais eu le courage de le lui dire en face. Aujourd'hui, vous recommencez avec Nene et vous n'avez toujours pas les couilles de lui dire. Vous êtes quoi ? Des jaloux ? Arrêtez avec Nene ! Arrêtez de vous focaliser sur lui ! Tout le monde doit faire des efforts pour qu'on redevienne une équipe. Tout le monde ! » a-t-il martelé à ses joueurs. Boum. Il aurait voulu mettre un bon gros coup de pression à tout le monde qu'il n'aurait pas pu mieux faire. Cerise sur le gâteau, le coach s'en est pris frontalement à Luyindula, coupable selon lui de pourrir l'ambiance. Le joueur a pris ses cliques et ses claques et déserté le Camp des Loges, en prenant le soin de vider son casier. Ce soir, contre Benfica, il ne jouera pas. "Blessure à la cheville" dit la version officielle. "Ras-le-cul d'Antoine", dit l'autre.

C'est dans cette bonne ambiance de merde que le PSG aborde l'un des matches les plus importants de sa saison, qui plus est à trois jours du match face à Marseille. Dans un Parc des Princes qui risque bien d'être acquis à la cause portugaise (selon une estimation, les 2/3 du stade devraient être occupés par les supporters de Benfica), les Parisiens ont la dure mission de renverser la situation face à leurs adversaires, vainqueurs 2-1 au Portugal. Ces derniers ont fait de l'Europa League leur objectif principal cette saison. La preuve : ce week-end, pendant que Paris se prenait un mur contre les Héraultais, Jorge Jesus, le coach lisboète, envoyait son équipe B au charbon contre Portimonense. Et tant pis si elle n'a fait que match nul. De toute façon, Porto est déjà champion, et Benfica déjà dauphin. Pour Paris, qui n'a plus gagné le moindre match en Europa League depuis la victoire face à Séville (4-2) en poules, la tâche est donc ardue. Mais pas impossible.

Eloigner la crise


Kombouaré a, semble-t-il, envie de poursuivre dans la compétition, même si certains choix au match aller (Samy Traoré titulaire) laissent penser que ses priorités sont ailleurs. Or, du match de l'Estádio da Luz, l'entraîneur francilien a pu tirer certains enseignements. D'une, la défense lisboète laisse des espaces monstrueux. Si Erding et Nêné avaient été un peu plus tueurs, Paris aurait d'ailleurs pu en retirer de grands bénéfices. De deux, l'équipe ne tourne que lorsque ses cadres s'illuminent. Face à un Saviola pas au top et un Cardozo peu habile, l'arrière-garde parisienne a les arguments nécessaires pour contrôler la situation, comme elle avait su le faire face au fougueux Borussia Dortmund. Les dangers numéros 1, Paris les connaît désormais : Fabio Coentrão, pas fou au match aller mais toujours imprévisible (n'est-ce pas Lyon?), Pablo Aimar, dont l'entrée a collé un sacré mal de crâne aux défenseurs, Maxi Pereira, homme du match, et Carlos Martins, presque Corentin. Reste à savoir ce que le coach parisien a en tête. Une qualification éloignerait une menace de crise et les problèmes internes, même s'il ne s'agirait là que de les cacher sous le tapis. Or, si l'Europa League demeure un objectif au moins aussi important que la Coupe de France (Angers, Benfica, même combat?), les cadres ne seront pas ménagés. Dans le cas contraire, Paris pourrait se retrouver avec des Makonda, Traoré, Bahebeck et consorts sur la pelouse. Mais au final, peu importe les joueurs puisqu'au Portugal, certains journalistes télévisés pensent que Benfica va jouer contre Marseille. Tristesse.

Eric Maggiori

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