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beIN à l'assaut des pirates

Depuis août 2017, beIN Sports se fait siphonner son audience et son chiffre d’affaires par une chaîne pirate, BeoutQ, qui diffuse tous les programmes de la chaîne qatarie moyennant 107 petits dollars par an. Si bien qu’à trois semaines du mondial russe, beIN a sommé la FIFA de sanctionner les hackers derrière ce grand détournement. Pour Doha, le coupable est en tout cas tout trouvé : c’est son éternel rival saoudien qui lui a encore joué un sale coup.

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Le nom est évocateur. BeoutQ. Un pastiche de beIN Sports, qui désigne la chaîne pirate qui diffuse illégalement des matchs dont la chaîne qatarie a acquis des droits de diffusion exclusifs. En résumé : moyennant 107 dollars par an, des téléspectateurs au Moyen-Orient peuvent s'offrir un décodeur qui siphonne tous les programmes de beIN Sports. Illégal, mais tentant.

Fake Channel


La chaîne BeoutQ diffuse en effet les mêmes programmes que beIN avec un léger retard de dix secondes et le logo BeOutQ superposé. Un troll télévisuel de haute volée, qui fait forcément grincer des dents à Doha. Alors, le groupe beIN a pris les choses en main, en pilotant une enquête qui l’a conduit à accuser l'Arabie saoudite, avec laquelle le Qatar a rompu diplomatiquement depuis l’année dernière. Pour Tom Keaveny, directeur général de beIN Media Group, l'Arabie saoudite a orchestré dans l’ombre le piratage de la chaîne : « Le signal pirate est transmis par le fournisseur satellite basé à Riyad, Arabsat, dont le principal actionnaire est le Royaume d'Arabie saoudite. Cette opération est le fruit de moyens et de connaissances industriels et est financée par plusieurs millions de dollars. » Des accusations balayées par Riyad. Problématique pour beIN, alors que, selon Sophie Jordan, conseillère générale de beIN Media Group, « les pirates auraient de grands plans pour la Coupe du monde » . Et ne se gêneront sans doute pas pour diffuser illégalement des matchs du Mondial, dont la chaîne qatarie a chèrement payé la retransmission exclusive.

Guerre d’influence


Coupable ou pas, l’Arabie saoudite peut, elle, décocher un sourire en coin. Les relations entre la monarchie saoudienne et le Qatar, qui entretiennent des intérêts géopolitiques opposés, sont au plus bas depuis quelques années. Elles ont même touché le fond depuis juin 2017, quand Ryad a fermé au Qatar son espace aérien et ses frontières terrestres et maritimes. Une initiative suivie par l’Égypte, les Émirats arabes unis et Bahreïn. Dans la foulée, Riyad s’en prenait aussi à l’instrument de soft power numéro un des Qataris, les médias, en retirant à la chaîne Al Jazeera son autorisation d’émettre dans le pays. Mi-juin 2017, le pouvoir saoudien interdisait aussi l'importation des récepteurs beIN Sports, tout comme la vente et le renouvellement des abonnements à la chaîne sportive.


Le piratage des programmes de beIN Sports, s’il a bien été piloté en sous-main par Riyad, s’inscrirait ainsi comme une nouvelle attaque portée par les Saoudiens à l’encontre des Qataris. « Il faut bien se rendre compte que depuis la mise en place du blocus à l’encontre du Qatar, les relations saoudo-qataries sont totalement enlisées. Pire, on est dans une forme d’escalade, comme on peut le voir avec BeoutQ » , pose Nabil Ennasri, docteur en sciences politiques et directeur de l’observatoire du Qatar. Pour tenter de faire bouger un tant soit peu les choses, le Qatar a bien tenté lundi de plaider son cas devant la FIFA : « Nous avons demandé à la FIFA d'entreprendre une action légale contre Arabsat et les indications dont nous disposons montrent qu'ils sont derrière cela » , avance Sophie Jordan.

« L’Arabie saoudite est dans une optique offensive  »


Problème : la Fédération internationale pourrait bien marcher sur des œufs et se retrouver coincée si elle doit taper sur les doigts de l’Arabie saoudite. Tout simplement parce que le Royaume compte sans doute, à l’instar du Qatar, devenir un acteur qui pèse très lourd dans le monde du ballon rond. Illustration directe mi-avril dernier : le New York Times faisait alors état de l’existence d’une offre de 25 milliards de dollars émanant de plusieurs investisseurs privés, pour racheter à la FIFA la Coupe du monde des clubs. Parmi eux, on retrouverait la multinationale Softbank, une entreprise très liée avec l’Arabie saoudite, avec laquelle elle a créé en 2017 un fonds d’investissement, Vision Fund, qui pèse 93 milliards de dollars. Plus récemment, ce samedi 26 mai, le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, a même reçu à Jeddah Gianni Infantino, le président de la FIFA.



« Ça reste à voir, mais, effectivement, ce dossier s’annonce délicat pour la FIFA, reprend Nabil Ennasri. Elle ne voudrait sans doute pas se mettre à dos l’Arabie saoudite, qui à terme, pourrait injecter énormément d’argent dans le football mondial. Mohammed Ben Salmane semble d’ailleurs vouloir faire du divertissement et du sport un axe de développement majeur de son pays dans les années à venir. » En bref, tenter de battre Doha à son propre jeu. Même si, pour l’instant, les Qataris semblent plus prudents qu’inquiets. « Ils ont pris un temps d’avance dans le football, mais ils prennent leurs dispositions. Depuis la mise en la place du blocus l’an dernier, la configuration est identique : l’Arabie saoudite est dans une optique offensive et le Qatar se défend, sans vraiment céder de terrain. » Tout en se résignant à quelques concessions : pour faire face au piratage dont elle est victime et ne pas trop perdre en audience, beIN Sports a décidé de diffuser gratuitement les matchs des quatre équipes arabes participant à la Coupe du monde. À savoir l’Égypte, le Maroc, la Tunisie et... l’Arabie saoudite.



Par Adrien Candau Propos de Nabil Ennasri recueillis par AC
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