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  3. // 8 septembre 1990

Beckenbauer à l’OM, les opposés ne s’attirent pas toujours

Il y a vingt-six ans jour pour jour, l’arrivée de Franz Beckenbauer sur le banc marseillais était officialisée. Une histoire courte, mais intense.

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Cela fait trois ans que Bernard Tapie en rêve. Il en parlait régulièrement à son défenseur allemand Karl-Heinz Förster. Et puis, quelques mois plus tôt, l’élimination des Marseillais en demi-finales de C1 contre le Benfica à cause de la main de Vata l’a décidé. L’OM n’est pas respecté et mal arbitré sur la scène européenne, il est temps de recruter un gros nom pour passer un cap. Alors, le 8 septembre 1990, il est tout excité de pouvoir annoncer la nouvelle. Il est parvenu à convaincre Franz Beckenbauer, champion du monde en Italie il y a pile deux mois à la tête de la sélection allemande, de prendre les rênes de l’Olympique de Marseille. Gérard Gili, qui reste sur un doublé Coupe-championnat, et qui caracole en tête du classement après neuf journées de championnat, est prié de partir, pour faire place à son prestigieux successeur.

La mauvaise surprise pour Franz


« C’était une immense surprise, ce changement d’entraîneur. On aimait bien Gérard Gili et on avait de super résultats. Je l’appréciais, il m’avait fait venir à Marseille, alors j’étais un peu triste pour lui. Mais bon, c’était une icône du football qui le remplaçait » , se souvient Alain Casanova, gardien à Marseille à l’époque. En effet, la déception de voir Gili partir est vite remplacée par l’excitation d’accueillir une véritable légende sur le banc du Vélodrome. « Avec sa venue, nous sommes à l'abri de l'échec. Cela va changer beaucoup de choses » , se réjouit alors Jean-Pierre Papin. Rapidement, Beckenbauer impose sa méthode de « manager à l’anglaise » . Son adjoint s’occupe des entraînements, tandis qu’il intervient pour la préparation mentale et tactique de l’équipe avant les matchs. Il communique avec les joueurs en anglais et la barrière de la langue tombe très vite. Mais dès les premiers jours, le Kaiser déchante, perd son premier match contre Cannes (1-0), et se plaint des « infrastructures indignes d’un grand club européen » .


« Tout le monde aurait été déçu. (Rires) L’OM était un grand club, mais il n’y avait même pas de centre d’entraînement. Quand il a vu qu’on prenait le bus pour aller s’entraîner une fois ici, une fois là, sur des terrains ouverts au public et au vent, ça lui a fait bizarre » , confirme Alain Casanova. La sauce ne prend pas, et les mauvais résultats s’enchaînent pour Beckenbauer. Il ne semble pas à l’aise à son nouveau poste et se lâche dans la presse allemande : « J'ai succombé au charme de Tapie, je n'arrive pas à faire passer mes messages au sein du club. Je dispose de vingt et un pros dont quatre gardiens et seulement deux vrais attaquants. » C’est sûr que c’est loin d’être suffisant quand on tente de mettre en place un 3-5-2. « Ce n’est jamais facile d’arriver en cours de saison dans une équipe qui gagne et vouloir changer des choses. Son changement tactique n’a pas fonctionné, car il avait besoin de temps. Sauf que l’OM n’a pas le temps » , explique Alain Casanova.

Les pieds dans le Tapie


Pas facile de mettre en place une nouvelle tactique, surtout quand son président ne cesse d’interférer dans les questions d’ordre sportif, ce que Franz Beckenbauer ne supporte pas de la part de Bernard Tapie. « Je pense que sans lui, je serais resté bien plus longtemps, peut-être même de longues années à la tête de l'OM et ce défi m'aurait bien plu » , racontait l’Allemand en 2013 à France Football. Après une défaite en Coupe d’Europe contre le Lech Poznań et une humiliation 0-4 contre Auxerre, le divorce est consommé entre Beckenbauer et Tapie. L’Allemand est nommé directeur sportif et laisse les rênes à Raymond Goethals, dès le mois de janvier. « Moi, je ne suis pas content de Beckenbauer qui me met un bordel pas possible alors qu'il est le meilleur du monde. Mais il est le meilleur du monde avec des Allemands ! Et quand je le vois diriger mon équipe, je deviens fou... Et qui avait les couilles de virer le champion du monde au bout de deux mois si c'est pas moi... » , expliquait Tapie il y a quelques années.


Sauf que pour générer du « bordel pas possible » , l’OM n’a pas besoin de Beckenbauer. En effet, quelques semaines après son arrivée, le Kaiser avait dû assister à l’irruption de la police en plein entraînement pour embarquer Olmeta, Prado et Casoni, entendus dans l’affaire de la caisse noire de Toulon, sans rien comprendre. C’est ce « marécage » marseillais, comme il le qualifie lui-même, qui a poussé Beckenbauer à fuir le club. « Je ne voulais pas être mêlé à tout ça. Je suis aussitôt allé voir Tapie et je lui ai dit : "Ne m’en veux pas, mais je m’en vais." Il m’a répondu que je devais rester jusqu’à la fin de la saison. C’est ce que j’ai fait » , se justifiait Beckenbauer en 2011 dans les colonnes de L’Équipe. « Malgré tout ça, et même si je ne l’ai connu que quatre mois à l’entraînement, c’est l'une des plus grandes rencontres que j’ai pu faire. Humainement, c’était quelqu’un d’extraordinaire, d’une classe, d’une gentillesse et d’une humilité incroyable » , conclut fièrement Casanova. Mais incompatible avec l’OM.

Par Kevin Charnay Propos d'Alain Casanova recueillis par KC
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Dans cet article

GENERAL DE GOAL. Niveau : National
un grand selectionneur n'est pas forcement un grand entraineur.Déjà que ce n'est pas le meme boulot.(je suis d'ailleurs pour des recompenses séparées pour les 2 postes).le foot au quotidien c'est autre chose.tapie dit,"il etait le meilleur au monde",non c'etait sacchi le meilleur.

Cette recherche de nom prestigieux alors qu'il y a un bon coach en place avec des resultats,les presidents s'en mordent souvent les doigts.
Note : 3
@Bota67 oula, tu vas très très loin là.
Déjà en 1972, jamais la Belgique ne mérite de le gagner.
Le double affrontement vs Pays-Bas pour la qualification au Mondial 1974, il ne misait que sur un hold-up lors du dernier (chose qu'il avait réussi d'ailleurs, mais l'arbitre avait refusé le but pour hors-jeu).
Devant Rinus Michels et Sacchi, restons sérieux s'il te plaît.
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
Message posté par toujourspareil
Je vais ajouter, pour appuyer la comparaison que tu fais entre Goethals et Sacchi, le 1/4 en 91 OM/MIL ou le belge domine violemment l'italien tactiquement. À Milan comme à Marseille. Une démonstration tactique du belge.

Et d'ailleurs si l'OM est considéré à partir de ce moment là comme la meilleure équipe d'Europe, ce n'est pas tant par le fait d'éliminer le grand Milan AC que par la façon de le faire. L'équipe avait été éblouissante. Je ne crois pas avoir revu l'OM à un si haut niveau depuis ce match.


Idem pour moi, ce quart OM-Milan de 91 restera toujours comme la plus grande prestation marseillaise en Coupe d'Europe !
Note : 1
Message posté par Alain Proviste
Idem pour moi, ce quart OM-Milan de 91 restera toujours comme la plus grande prestation marseillaise en Coupe d'Europe !


Pour OM/Milan 1991, rappelons que van Basten est absent sur les deux matchs et que Baresi l'est à l'aller.
Ça ne retire rien aux deux grosses prestations de l'OM, mais c'est quand même à souligner.
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
Message posté par Franz
Pour OM/Milan 1991, rappelons que van Basten est absent sur les deux matchs et que Baresi l'est à l'aller.
Ça ne retire rien aux deux grosses prestations de l'OM, mais c'est quand même à souligner.


Je sais bien et j'assume ma subjectivité totale sur ces matchs ^^
Note : 1
Message posté par Alain Proviste
Merci de réhabiliter cet immense entraîneur qu'était Goethals ! En tant que supp de l'OM, je lui suis forcément éternellement reconnaissant mais on ne peut résumer sa carrière à son aventure marseillaise... Pour la petite histoire, il fut aussi l'un des rares coachs européens à suivre les pas de Bela Guttmann en tentant sa chance en Amérique du Sud (avec un peu moins de réussite que le Hongrois quand même), à la tête du Sao Paulo FC (curieusement, sa fiche wikipedia ne le mentionne pas au rayon palmarès mais il me semble bien qu'il remporta le championnat paulista en 81, à vérifier).
Après, sa carrière restera malheureusement entaché par certaines zones d'ombre, à commencer par l'affaire VA-OM évidemment mais aussi des rumeurs de corruption quand il était à la tête du Standard, au début des années 80 (là-dessus je parle sous ton contrôle, Bota, il me semble avoir lu ça quelque part mais je sais plus du tout où)...

Quant au Kaiser, je me rappelle avoir été content de sa nomination à l'époque mais néanmoins un peu déçu pour Gérard Gili, dont je trouvais et trouve encore l'éviction injuste vu ses résultats.


Il a remporté le titre de Sao Paulo, oui.. Au passage avec ce qui fut peut-être bien le meilleur ratio de l'Histoire du club - il y resta invaincu je crois, et dans un rôle voisin de celui de manager à l'anglaise..

Implication de Goethals dans OM-Valenciennes? Rien n'a jamais permis, de près ou de loin, d'instiguer quoi que ce soit de tel..sinon bien sûr l'antécédent Standard-Waterschei ; une présomption défavorable disons, mais fondée sur rien, du vent..

Standard-Waterschei par contre, là oui : responsabilité à peu près totale (les joueurs ne voulaient pas de cette combine, des plus ridicules d'ailleurs).. A sa décharge, il était devenu complètement paranoïaque, on peut comprendre pourquoi - j'ai cité quelques matchs où il fut lésé..et aurais pu en citer bien d'autres..
toujourspareil Niveau : DHR
Message posté par Franz
Pour OM/Milan 1991, rappelons que van Basten est absent sur les deux matchs et que Baresi l'est à l'aller.
Ça ne retire rien aux deux grosses prestations de l'OM, mais c'est quand même à souligner.


Pareil qu'Alain Proviste
Note : 1
Message posté par Bota67
Il a remporté le titre de Sao Paulo, oui.. Au passage avec ce qui fut peut-être bien le meilleur ratio de l'Histoire du club - il y resta invaincu je crois, et dans un rôle voisin de celui de manager à l'anglaise..

Implication de Goethals dans OM-Valenciennes? Rien n'a jamais permis, de près ou de loin, d'instiguer quoi que ce soit de tel..sinon bien sûr l'antécédent Standard-Waterschei ; une présomption défavorable disons, mais fondée sur rien, du vent..

Standard-Waterschei par contre, là oui : responsabilité à peu près totale (les joueurs ne voulaient pas de cette combine, des plus ridicules d'ailleurs).. A sa décharge, il était devenu complètement paranoïaque, on peut comprendre pourquoi - j'ai cité quelques matchs où il fut lésé..et aurais pu en citer bien d'autres..


A noter que le championnat brésilien n'avait rien à envier au Calcio à l'époque, que du contraire peut-être..

Je crois qu'il quitta Sao Paulo avant de pouvoir disputer le titre national, retour au pays..et donc au Standard malgré les cours insistantes de bon nombre des plus grands clubs européens..

La décision semblait incompréhensible sur le plan financier, le Standard ne roulant pas sur l'or.. Avec le temps, et qui d'ailleurs déclencha peut-être le scandale de Waterschei, on apprendrait que Goethals était essentiellement payé en black par le club belge, tout s'expliquait..
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Message posté par Alain Proviste
Merci de réhabiliter cet immense entraîneur qu'était Goethals ! En tant que supp de l'OM, je lui suis forcément éternellement reconnaissant mais on ne peut résumer sa carrière à son aventure marseillaise... Pour la petite histoire, il fut aussi l'un des rares coachs européens à suivre les pas de Bela Guttmann en tentant sa chance en Amérique du Sud (avec un peu moins de réussite que le Hongrois quand même), à la tête du Sao Paulo FC (curieusement, sa fiche wikipedia ne le mentionne pas au rayon palmarès mais il me semble bien qu'il remporta le championnat paulista en 81, à vérifier).
Après, sa carrière restera malheureusement entaché par certaines zones d'ombre, à commencer par l'affaire VA-OM évidemment mais aussi des rumeurs de corruption quand il était à la tête du Standard, au début des années 80 (là-dessus je parle sous ton contrôle, Bota, il me semble avoir lu ça quelque part mais je sais plus du tout où)...

Quant au Kaiser, je me rappelle avoir été content de sa nomination à l'époque mais néanmoins un peu déçu pour Gérard Gili, dont je trouvais et trouve encore l'éviction injuste vu ses résultats.


Beckenbauer, c'est un faux-pas dans la bonne direction.
C'est assez pénible à concéder, mais il faut reconnaître que Tapie, sous ses allures de butor, est doué d'un redoutable instinct. Un prédateur de haut-vol.

Sacrifier Gili, c'était sacrément burné. J'ai beaucoup d'affection pour Gérard Gili, un entraîneur consciencieux, humainement très impliqué, mais je ne pense pas qu'il aurait battu le grand Milan.

L'arc Gili-Beckenbauer-Goethals, ça résume tout le génie instinctif de Tapie.
Note : 2
Message posté par Bota67
Ah bon?

Lors de la demi de 1972, il y a une histoire de péno défavorable aux Belges, auxquels pourtant manquait leur maître à jouer. Bien des Allemands de cette génération ont par la suite rapporté (et la Mannschaft de 1972 passe pour beaucoup, moi compris, pour leur summum) que l'équipe de Goethals fût la plus solide qu'ils aient durant le première moitié des 70's affrontée.. D'avoir vu ce match, je comprends et partage ce sentiment.

Goethals avait été prudent au..retour (!) à Amsterdam en 1973, exact.. Mais miser sur un hold-up?

L'aller fut marqué d'une brutalité inouïe et chirurgicale de Néerlandais recroquevillés sur eux-mêmes (j'ai recensé 14 fautes du seul Neeskens sur Van Himst, dont 5 à 6 "attentats" pour le sortir du match), Belges à deux doigts de marquer (poteau du back gauche Thissen), et que dire de la ruse de l'entraîneur tchécoslaque des Néerlandais avant-match - de toute façon le bilan des dernières années NL-BE était sans appel, et la peur par conséquent et logiquement du côté..NL..

Au retour, que ça te plaise ou non : un seul but inscrit, belge..et valide mais annulé! Les Néerlandais en conviennent eux, je te laisse apprécier qui, dans l'affaire, fut victime de "hold-up"..

Michels et Sacchi? Le premier mérite de l'estime, mais certainement pas comme penseur du jeu (ce que Goethals était, lui).. Quant au second, si tu es de ceux, certes nombreux, qui cèdent à l'aura invraisemblable de cette créature de l'empire médiatique berlusconien : eh bien grand-bien te fasse!


Alors déjà, tu parles des faits de jeu pour justifier une soi-disante possible victoire dans une compétition (demi-finale qui plus est), bof pour moi.
À ce compte-là, l'OM bat le Milan 1993 sur un corner qui n'a pas lieu d'être vu que c'est Abédi Pelé qui sort le ballon : bref, on fait comment?
J'ai cette demi-finale, et la Belgique est inférieure à la RFA. Van Himst n'a rien dit de plus là-dessus au fait.
Tu es quand même entrain de dire que cette sélection était meilleure que la meilleure des Nationalmannschaft de l'histoire... ah d'accord.
D'ailleurs, les résultats suivants le prouveront amplement.

Pour Pays-Bas/Belgique 1973, évidemment que Goethals a misé sur un hold-up. Piot sort des multiples arrêts, la Belgique propose pas grand chose pour ne pas dire rien.
Et puis, une campagne de qualifications ça se joue sur les autres matchs aussi : la Belgique en met 2 aux Norvégiens, les Nééerlandais en plantent 9.
Que ça te plaisie ou non : les Pays-Bas auront inscrit 24 buts en six matchs, soit pil poil le double de la Belgique.

Pour Michels et Sacchi, no comment tellement c'est ridicule.
Message posté par Franz
Alors déjà, tu parles des faits de jeu pour justifier une soi-disante possible victoire dans une compétition (demi-finale qui plus est), bof pour moi.
À ce compte-là, l'OM bat le Milan 1993 sur un corner qui n'a pas lieu d'être vu que c'est Abédi Pelé qui sort le ballon : bref, on fait comment?
J'ai cette demi-finale, et la Belgique est inférieure à la RFA. Van Himst n'a rien dit de plus là-dessus au fait.
Tu es quand même entrain de dire que cette sélection était meilleure que la meilleure des Nationalmannschaft de l'histoire... ah d'accord.
D'ailleurs, les résultats suivants le prouveront amplement.

Pour Pays-Bas/Belgique 1973, évidemment que Goethals a misé sur un hold-up. Piot sort des multiples arrêts, la Belgique propose pas grand chose pour ne pas dire rien.
Et puis, une campagne de qualifications ça se joue sur les autres matchs aussi : la Belgique en met 2 aux Norvégiens, les Nééerlandais en plantent 9.
Que ça te plaisie ou non : les Pays-Bas auront inscrit 24 buts en six matchs, soit pil poil le double de la Belgique.

Pour Michels et Sacchi, no comment tellement c'est ridicule.


Tu veux vraiment comparer un corner et un péno (..et un but valide mais injustement annulé, tant que nous y sommes?)? Tu n'es pas sérieux, j'espère..

Inférieure, si tu le dis.. Et non, je ne prétends en rien que cette sélection belge fût au-dessus de son homologue allemande, raccourci malhonnête que voilà : j'écrivais exclusivement que Goethals aurait mérité de remporter cet Euro, il y a là une sacrée nuance et c'est une idée plus que légitime au regard du parcours de son équipe (où existait une Van Moer dépendance).

Résultats suivants? Approfondis un brin tes connaissances du football belge, si vraiment tu veux en parler (je le propose pour une raison très simple : Belgique tout bonnement arrivée au bout d'un cycle au mitan des années 1970, fin d'ailleurs rendue prématurée par les graves blessures chroniques des leaders Van Moer, Lambert et Piot..)..

Le goal-average pour BE-NL, quel argument.. C'était le propre de cette équipe NL : forts face aux faibles..mais combien plus poussifs face aux forts ; sans compter bien sûr cette curieuse histoire face à la Norvège (mais qui n'y aurait rien changé)..

Hold-up, ce sont les NL qui, les premiers, misèrent là-dessus : anti-football total en Belgique, "catenaccio" serait d'ailleurs accomodant encore pour décrire leur prestation..

Au retour, et comme il le fit çà et là dans sa carrière (l'exemple le plus cocasse le fut contre Ivic) : Goethals leur rendit tout bonnement la monnaie de leur pièce..mais en ayant le bon goût au moins, lui, de ne pas chercher à blesser le leader adverse..

Piot y sort effectivement de multiples arrêts, certains de grande classe d'ailleurs..et quoi? Tu vas désormais nous expliquer que le gardien ne fait pas partie du jeu?

Michels et Sacchi, bah : sinon les clichés éculés, ce genre de trucs doctement récités de-ci de-là par certaine forme de snobisme, ignorance ou passage obligé : qu'en sais-tu vraiment?

Et puis surtout, ce n'est pas comme si Goethals n'avait effectivement donné la leçon à Michels puis Sacchi, mais bon : garde bien ce qui t'arrange..
Note : 1
Message posté par Franz
Le mec ose parler de prétentieux alors qu'il te sort dans la plus grande décontraction que tu dois "approfondir un brin tes connaissances" ahahahaha le sommet du foutage de gueule.
Si tu veux tu connais mieux le foot que moi. Ça me dérange pas.

Alors pour ceux que ça intéresse, voici le résumé de RFA/Belgique 1972.
Dès la première minute de jeu, balayage en règle sur Kremers par Heylens. Visiblement, ceux que les Hollandais n'avaient pas le droit de faire aux Belges, les Belges eux ont eu ce droit là (et ça c'est beau).
Derrière, Katsche en mettra un bon. Puis ça enchaîne : tampon sur Müller, tacle sur Hoeness puis tentative par derrière sur Franz. Van Himst en prend un joli via Hottges.
Côté jeu... ba la Belgique fait pas grand chose en fait à part une frappe en pivot de Lambert (10e).
Par contre, la RFA fout le bordel sur le côté et Kremers se fait salement découpé sur un débordement (15e). Deux minutes plus tard, c'est au tour d'Heynckes d'être stoppé sur une contre-attaque (carton jaune). Derrière Netzer "chute", l'arbitre dit rien, contre-attaque puis faute allemande. Les Belges jouent vite, Franz intervient avant d'être balayé à son tour (volontairement) par ce romantique de Vandendaele... l'arbitre siffle rien (allez vu que j'suis un footix) : arbitrage maison !!!
Puis but de Müller (24e), ce qui réveille les Belges qui poussent vraiment.
Occasion en or de Müller (33e) et penalty sifflable sur Kremers (37e, perso j'aurais pas sifflé).
Voilà, fin de la première mi-temps où la RFA a globalement dominé.
En seconde, c'est pas la même chanson... enfin si, ça commence avec une grosse faute belge (47e).
Niveau jeu, la Belgique joue bien vingt minutes : occasion pour Semmeling (48e), frappe de Maier détournée (54e) et glissade de Franz qui voit Maier intervenir devant Dolmans (67e). Une minute plus tard, superbe une-deux avec Van Himst qui pousse Maier à la parade.
Pas de réalisme et ça se paye cash avec le but de Müller.
La Belgique revient au score mais c'est trop tard. Heynckes rate l'immanquable (88e) avant que Vandendaele termine son carnage sur Netzer (90e).
Voilà, à chacun de se faire un avis.

Le Belgique est plus en réaction que dans l'action. Ils mettent énormément de coups, ressortent mal la balle (du moins les Allemands la récupèrent vite en première) et sont brouillons dans la finition.
Pas de penalty oublié, mais un but refusé à la Belgique à la 30e... Aucun joueur belge ne conteste sur ce coup de sifflet, et ils iront d'ailleurs serrer la main à l'arbitre enfin (sauf une embrouille pour avoir le ballon du match).

La Pologne 1974 avait bien plus fait chier la NM que cette Belgique là, alors que le contexte lui était bien plus défavorable.


"Approfondir tes connaissances"..sur le foot belge si tu veux en causer, en disais-je ; à un moment il serait peut-être bon, dans ces échanges, que tu cesses d'être malhonnête..

Et d'ailleurs que dire d'autre au regard de ton "argument" fat et péremptoire sur les "résultats" des Belges post-campagne 1974? Tu évoques sans cesse la contextualisation, mais pas même foutu de mesurer qu'il s'agissait d'une fin de cycle, faut le faire..

C'est la même pour cette demi, dont j'indiquais pourtant plus haut qu'y manquait l'élément-clé des Belges, Van Moer (blessé au tour précédent).. Evidemment ça semble devoir t'échapper encore, amusant.. Il peut être utile de voir leur victoire sur l'Italie pour mesurer ce que cette équipe avait dans le ventre ; avec Van Moer le titre était pour eux des plus jouable..et Goethals l'eût mérité, je n'ai rien dit d'autre et le maintiens! (d'autant que si le foot belge était loin d'être parfait, il était cependant plus bio qu'à l'allemand ou, surtout, au néerlandais..)

Mais le pompon, pour toi qui réclames de contextualiser : c'est l'argument de la réaction des Belges (Van Himst tantôt..et cette fois les Belges qui serrent la main de l'arbitre, mdr..)..

Le foot belge traînait des casseroles avec le fric, paiements en noir à gogo..mais était impitoyable en la matière : rejet catégorique encore du professionnalisme (début 70's les Belges ne sont toujours pas passés au professionnalisme - ce qui ajoute au mérite de Goethals..) et de ses tares diverses, ils se voulaient plus blanc que blanc, le comportement se devait en toute chose d'être exemplaire et les sanctions y étaient carabinées.. En 73 et malgré l'élimination injuste (ben oui) face aux Pays-Bas, ils râlèrent ainsi un peu sur le coup..puis basta : on..se sert aussitôt la main, ce n'était pour eux point si important, autant dire que ta "lecture" des événements.. Quant à Van Himst et puisque tu le cites : plus consensuel, tu meurs..

Si tu arrives enfin à renvoyer dos à dos d'une part fautes NL vues à Anvers, et d'autre part belges en 72, c'est qu'il faudra peut-être t'expliquer un jour la différence qu'il peut y avoir entre jeu dur (cas des Belges) et violence tout bonnement ciblée (notoire spécialité NL à compter de leur passage au professionnalisme)..

J'espère enfin que ton book n'aborde pas trop ces deux footballs du Nord, on en a déjà dit bien assez de bêtise ainsi, je t'assure qu'il est inutile d'en rajouter..

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