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Be national (Part 1)

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Si en France, la question des joueurs binationaux a fait des vagues l’an passé, en Pologne c’est la question de la naturalisation des joueurs qui fait souvent polémique.


ACTE I OLISADEBE

Année 2000. Cette année-là (pour citer Claude François A.K.A la blonde à paillettes) le Polonia Varsovie fait un doublé championnat-coupe de la ligue. Inutile de préciser qu’Olisadebe et ses 12 pions inscrits contribue grandement au succès des joueurs aux maillots noirs. De son côté, l’équipe nationale se cherche un buteur, les deux grands buteurs polonais des 90’s Andrzej Juskowiak et Krzysztof Warzycha étant clairement sur la fin. Zbigniew Boniek (légende vivante du foot polonais) et Jerzy Engel (sélectionneur) soumettent alors l’idée à Michał Listkiewicz président de la Fédération polonaise de football (PZPN) et au président de la République polonaise Aleksander Kwasniewski de naturaliser Emmanuel Olisadebe. Good idea ! Le 16 aout 2000, Olisadebe est le premier noir à jouer pour la sélection polonaise et durant la campagne de qualif’ pour la coupe du monde 2002 au Japon et en Corée, il claque 9 buts et envoie la sélection nationale polonaise en Asie (la Pologne n’avait alors plus participé à une coupe du monde depuis 1986 !)

Le foot polonais est alors tellement dans la dèche que les talents de buteur d’Olisadebe et la qualif’ en World cup 2002 font que la polémique sur le fait qu’il ne soit pas un « vrai polonais » fait Pschiiiiiit (pour reprendre l’expression de Jacquot l’amnésique)

La suite pour Olisadebe, c’est le Panathinaikos de 2001 à 2005 et une disparition de l’équipe nationale (3 matchs en 2003 et un seul en 2004). Puis en 2005-2006 : Portsmouth où il ne joue que 2 matchs avant de se faire prêter en Grèce au Xanthi en 2007 et de partir dans l’obscure club chypriote APOP Kinyras FC ensuite. Perdu pour perdu, Olisadebe se barre en Chine en 2008 et passe deux ans au sein du Henan Construction F.C. Aux dernières nouvelles, Olisadebe serait retourné en Grèce, en troisième division au Vyzas F.C


ACTE II ROGER GUERREIRO

Flamengo, Corinthians, Celta Vigo… Roger Guerreiro, le natif de Sao Paulo se ballade pas mal avant de poser ses valises dans la capitale polonaise et d’enfiler le maillot du Legia Varsovie en 2006. Roger c’est un bon petit joueur mais quand même plus proche d’un Benji Nivet que de ses talentueux compatriotes Kàkà ou Ronaldinho. Bref, Roger est lucide et sait pertinemment qu’il n’enfilera jamais le maillot Auriverde de la Seleção. De son côté, Léo Beenhaker (alors sélectionneur de l'équipe nationale Polonaise) cherche un milieu de terrain et se demande si avec Roger, il n’y aurait pas moyen de moyenner. Et effectivement, il y a moyen. Le 17 avril 2008, après une procédure en speed pour permettre à Roger d’aller à l’Euro 2008, Guerreiro obtient la nationalité polonaise au cours d’une cérémonie avec le défunt président Lech Kaczyński. Le 27 mai 2008, deux ans à peine après son arrivée en Pologne, Roger fait ses débuts sous le maillot des Blancs et rouges contre l'Albanie.

Bien sûr, tout ça ne se passe pas facilement et la polémique grandit. Tout d’abord, du point de vue sportif, parce que Roger Guerreiro n’a pas participé au moindre de match des qualifs pour l’Euro 2008. Ensuite car il ne parle pas polonais couramment. On voit alors émerger des pro Guerreiro pragmatiques qui partent du principe que l’équipe est tellement faible et que l’apport d’un joueur un peu plus technique ne peut pas faire de mal. Beenhaker de son côté, prend la défense de son poulain en évoquant un monde mondialisé : « Le monde a changé. C'est un village global. Les personnes vivent et travaillent où elles veulent. C'est pareil dans le football. Combien de Polonais jouent en Allemagne ? Les Brésiliens jouent pour le Portugal, pour la Croatie. C'est normal qu'un pays naturalise les joueurs qui évoluent dans leur championnat. Je n'ai pas inventé cela, c'est le football contemporain. »

De l’autre côté, on sait que les stades polonais sont gangrenés par les actes racistes même en temps de paix. En atteste le « livre brun » de l’association NIGDY WIECEJ (Plus jamais) qui recense tous les actes racistes commis en Pologne et dont une grande partie se passe dans les stades (consultable en polonais sur http://www.nigdywiecej.org). Au moment de la polémique, des banderoles ouvertement racistes et hostiles à la naturalisation de Guerreiro apparaissent dans les stades. D’abord en mai 2008 ; lors du match opposant le Jagiellonia Bialystok au Legia de Roger Guerreiro, une banderole « Roger tu ne seras jamais un polonais » ( « Roger - nigdy nie będziesz Polakiem » ) est sortie par les « supporters » locaux. Quelques jours plus tard, une banderole avec la même inscription sera sortie dans les tribunes de l’Odra Wodzisław.

Bref, d’un côté, on évoque la mondialisation et un impératif sportif, de l’autre, un nationalisme primaire.
Au milieu, il y a les joueurs de l’équipe nationale un peu perplexes, à l’image de l’emblématique Jacek Bak qui déclarait : "S'il se sent polonais, si son cœur bat lorsqu'il entend notre hymne national et s'il donne tout sur le terrain, cela pourrait fonctionner. Sinon, ça pourrait poser un problème".

Toujours est-il que Roger Guerreiro a participé à l’Euro 2008 désastreux (la Pologne se fait éliminer en phase poule sans gagner le moindre match), s’est barré en Grèce (à l’AEK Athènes à l’été 2009) et joue régulièrement pour la Pologne (25 matchs et 4 buts) depuis 3 ans (dernier match en date le 29 mars dernier contre la Grèce).


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