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B.Cauet : « Mourinho a un avantage sur Van Gaal »

Rare Français à s'être imposé à l'Inter Milan, à tel point qu'il est resté dans les murs en tant que coach des sélections de jeunes, Benoît Cauet donne du « nous » quand il parle de son club à quelques heures de la finale de la C1 face au Bayern Munich.

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Quelles sont les chances de l'Inter de faire la passe de 3 face au Bayern ?


50-50. On a fait les premiers 50 dans la demi-finale aller-retour face au Barça. Ce sont deux équipes avec des jeux différents. Le Bayern Munich a brillé par ses individualités et brillera par elles, même s'il manquera Ribéry pour cette finale. On a vu Robben résoudre les problèmes à lui seul. Olic aussi lors des derniers matchs. Pour l'Inter, c'est peut-être plus un collectif construit pour presser, agresser l'adversaire, aller de l'avant et c'est un peu différent comme philosophie.

Du coup, y aura-t-il un plan anti-Robben comme il y a eu un plan anti-Messi ?


Une des clefs du match sera ce joueur-là, oui. Mais Mourinho a un avantage : il l'a entraîné à Chelsea. Il connaît ses points forts, mais aussi ses points faibles. A partir de là, peut-être qu'il y aura non un système, mais une certaine vigilance envers ce lui.

Avant c'était plutôt l'Inter qu'on présentait comme une somme d'individualités. Comment José Mourinho a-t-il réussi à faire une équipe ?


La philosophie du club a changé depuis Mancini et ce qu'il avait fait pour redevenir un club qui gagne le championnat. Il avait pris des joueurs très très forts -Patrick Vieira, Ibrahimovic, Samuel- pour pouvoir gagner le titre. Quand est arrivé Mourinho, on lui a demandé de gagner la Champions League. Quand il a fait sa première année, il s'est rendu compte de l'écart énorme qu'il y avait entre disputer la Champions et pouvoir prétendre aller en finale. Il a demandé 5-6 joueurs qui correspondent à une habilité technique, une vitesse et une expérience. Et je crois que la somme de ces joueurs a changé la philosophie d'un club, jusqu'alors en difficulté au niveau européen. Ils ont apporté de l'expérience comme Samuel Eto'o, de la fraîcheur comme Thiago Motta, Sneijder ou Lucio. Ce sont des joueurs avec une grosse volonté de montrer ce qu'ils valent vraiment. Notamment pour un joueur comme Milito qu'on n'attendait pas forcément à ce niveau-là. Comme il le dit lui-même, ces finales-là, il les a regardées à la télévision. Aujourd'hui, il peut être protagoniste. C'est dans ce type de joueur avec une certaine humilité que l'Inter est arrivée en finale.

Quelle importance revêt cette finale pour le club, notamment après une attente si longue, 45 ans ?


Le poids est gigantesque. Tant d'années passées en espérant pouvoir y arriver avant. Même si tout le monde est très heureux de ce qui s'est passé dans la saison, arriver en finale, c'était un rêve. Aujourd'hui, c'est plus un rêve, mais peut-être une réalité. Ça a une importance fondamentale, car ça restera dans l'Histoire.

Plus qu'une motivation, n'est-ce-pas finalement un fardeau pour les joueurs ?


Ils ont pas 45 ans, donc non. (Rires). Certains sont arrivés cette année, d'autres depuis un peu plus longtemps, d'autres un peu moins, mis à part Javier (Zanetti) qui est là depuis le début du mandat du président. Tous les matchs de ce niveau sont sous pression. L'Inter joue sa troisième finale comme le Bayern, donc elle est habituée. C'est clair que maintenant, on a envie d'y être pour pouvoir la jouer.

Avant José Mourinho, 28 entraîneurs ont tenté de rapporter la Coupe aux grandes oreilles. En cas de victoire, le Portugais pourrait rejoindre Ernst Happl et Ottmar Hitzfeld avec deux Champions League remportées sur le banc de deux clubs différents. Le Mou est-il le meilleur entraîneur qu'ait connu l'Inter Milan ?


Aujourd'hui oui. C'est celui qui a réussi à changer la face d'un club qui avait toutes les caractéristiques d'un grand club, mais qui n'avait pas les moyens pour y arriver parce que trop d'individualités et pas assez de collectif. Il a réussi à amalgamer tous ces grands joueurs.

Vous qui les côtoyez, quelle est l'atmosphère au club ?


Tout va bien. Une grande sérénité comme celle pour le dernier match à Sienne. Les joueurs savent ce qu'ils doivent faire. Il n'y a aucune tension, si ce n'est la tension juste.

Malgré les rumeurs de départ de Mourinho au Real ?


Oui. Cela fait partie du jeu, du personnage, du métier. Quoi qu'il arrive, José est l'entraîneur de l'Inter. Il a un contrat. Il est heureux à présent. Après la finale, peut-être qu'il prendra un autre chemin. Lui aura peut-être envie de voir autre chose. Mais aujourd'hui, c'est du 200% pour l'Inter Milan et l'important, c'est la finale.

Quels sont les avantages et les inconvénients pour Van Gaal et Mourinho de se connaître ?


S'il quelqu'un a un avantage parmi les deux, c'est Mourinho qui l'a. Pourquoi ? Car il a connu un entraîneur qui a un certain âge aujourd'hui. Qui avait une certaine méthode et à un certain niveau, on ne change pas ses méthodes. L'avantage qu'a Mourinho est qu'il a été un élève de Van Gaal donc il a pris un peu à droite, et un peu à gauche en tant qu'élève de Robson. Puis il a fait son vécu. Donc à partir de là, il a une évolution. De ce point de vue, il a un avantage.

Cette finale marque-t-elle le retour de la Serie A ?


Non. Ça marque seulement le fait que les clubs italiens sont encore compétitifs. Le championnat italien est à un niveau intéressant. C'est toujours plus difficile de voir arriver des stars en Italie mais le championnat est aussi compétitif qu'en Espagne ou en Angleterre.

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