Bayern, le retour à la normale ?

A l'image de Lyon, le Bayern a donné l'impression d'être une équipe qui a galéré de bout en bout cette saison. Les Bavarois terminent pourtant sur le podium. Et la tradition veut que l'ordre soit rétabli rapidement. Encore cette année ?

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Comme Manchester United en Angleterre, le Bayern Munich est on ne peut plus souverain dans son pays. Depuis une quinzaine d'année, le club n'a pas laissé échapper beaucoup de saladiers de champion : celui de 1998, de 2002, de 2004, de 2007, de 2009 et de 2011. Soit neufs titres conquis, contre deux pour Dortmund, et un pour Kaiserslautern, Brême, Stuttgart et Wolfsburg. Surtout, à chaque fois que le club bavarois s'est retrouvé privé d'une petite célébration sur la place de l'hôtel de ville, il a mis les bouchées doubles pour un retour à la normale l'année suivante.

Un mercato déjà actif

A cela, une explication simple. Les saisons qui ne se sont pas finies sur la plus haute marche étaient avant tout dues à une fin de cycle des entraîneurs en place (Trapattoni, Hitzfeld, Magath, Van Gaal, sans parler de l'erreur Klinsmann). L'exercice suivant était donc plus ou moins du petit lait pour le technicien qui met les pieds dans le club phare du sud du pays. Les dirigeants, conscients qu'il faut récréer une dynamique, ne se montrent pas très avares sur le marché des transferts. Hoeness, Rumenigge et Beckenbauer jouent alors à leur exercice favori : le rouleau-compresseur. Bien plus encore que Lyon dans les années 2000, ils s'accaparent tous les talents de la Bundesliga. Les millions d'euros sont alors lâchés par vingtaine, trentaine, et la direction trouve encore le moyen de dire que c'est une bonne affaire. Histoire de faire mal à la concurrence, soulignant qu'on ne se contente pas d'ajouter un talent à son effectif, on l'enlève aussi à l'équipe d'en face.

Et cet été, l'exercice n'a pas dérogé à la règle : à peine le mercato a ouvert ses portes que la saga estivale de Bundesliga débute à nouveau. Neuer, the wall, le principal artisan (avec Raùl) de la demie de Schalke en Ligue des Champions, rejoignait la Bavière pour une somme record pour un gardien dans ce championnat. Et quand il faut recruter un arrière gauche, l'état major ne s'emmerde pas à faire une cour assidue à Jean-Louis Triaud pour Trémoulinas. Vu les opportunités du marchés, on convainc Philippe Lahm que son avenir se situe sur le côté gauche et on rapatrie Rafinha du Genoa, un Brésilien qui connaît la Bundesliga sur le bout des doigts pour l'avoir pratiqué avec Schalke 04. Jupp Heynckes n'attend donc plus qu'un milieu de terrain capable de combler le vide laissé par Van Bommel pour commencer à se frotter les mains.

Jeune garde et trentenaires

Le coach, qui en est à son troisième passage sur le banc de touche du club, était venu dépanner après le passage de Klinsmann il y a deux ans. Il connaît donc déjà très bien les cadres, ceux qui vont tirer son équipe vers le haut : Schweinsteiger, Ribéry et Mario Gomez. Et à première vue, dans un championnat où il y a quand même bien moyen de coller un 6-0 toutes les trois semaines histoire de prendre confiance, la mayonnaise peut prendre et se révéler irrésistible. Il y a d'abord la jeune garde derrière (Breno, Contento, Badstuber) qui a pris un an. Avec Neuer derrière eux, la pression sera moindre. Quant à l'animation offensive, elle sera confiée presque exclusivement à des joueurs qui ont eu du mal à digérer leur mondial (Robben, Müller, Ribéry). Des revanchards donc. Enfin, le club pourra aussi compter sur des joueurs trentenaires qui ne vivent que pour un dernier gros défi (Van Buyten, Tymoshchuk, Olic). Avec une vraie bonne préparation, on les voit déjà sourire en observant la jeune garde concurrente de Dortmund souffrir en tentant de mener de front Ligue des Champions et Championnat. C'est peut-être pour ça d'ailleurs qu'à chaque fois, le Bayern rafle la mise l'année d'après.

Romain Canuti

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