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Bayern doit sauver les meubles

Eliminé de la Coupe d'Allemagne et de la Ligue des Champions, le Bayern n'a plus que le championnat à se mettre sous la dent. Pour espérer accrocher la C1 l'an prochain, la bande à Van Gaal doit engranger un max de points lors des sept dernières journées de Bundesliga. Et ça commence par une victoire à domicile face au Borussia Mönchengladbach.

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Une chose est sûre, on ne retiendra pas le mois de mars 2011 dans l'histoire du Bayern Munich. Le 2 mars, Schalke 04, pourtant à la ramasse cette saison en Bundesliga, crée la surprise et s'impose 1-0 sur la pelouse de l'Allianz Arena en quarts de finale de Coupe d'Allemagne: premier coup de couteau. Le 15 mars dernier, les Intéristes remettent un coup d'Opinel bien senti aux Bavarois, en s'imposant sur le fil 3-2, à Munich encore une fois, et malgré la défaite concédée à l'aller (1-0). Conséquence: en deux semaines, le Bayern est éliminé de deux compétitions auxquelles il aurait pu prétendre à la victoire finale. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une troisième place qualificative pour la Ligue des Champions à aller chercher; les deux premières étant vraisemblablement attribuées à Leverkusen et à Dortmund (qui comptent respectivement 7 et 14 points d'avance sur les Bavarois), il ne reste plus qu'aux hommes de Louis Van Gaal à aller déloger Hanovre 96 du podium, en mode « c'est bon, on a assez blagué, les surprises, ça va un moment, mais il est temps de redevenir sérieux, non mais » .

Le mépris de l'Europa League

A sept petites journées du terme de la Bundesliga, Hanovre compte 50 points, le Bayern 48: tout reste donc jouable pour les hommes de Van Gaal. Ces derniers le savent très bien, et c'est le couteau entre les dents qu'ils iront jouer leurs dernières rencontres. Car autant dire les choses comme elles sont: en Bavière, jouer une autre compétition que la C1 est presque synonyme d'humiliation. C'est simple, si l'on ne prend que les dix dernières saisons en compte, le Bayern n'a joué qu'une fois la C3, en 2007/2008. Et l'on ne peut pas dire que l'élimination en demi-finales face au Zénith Saint-Pétersbourg (1-1 ; 0-4) ait vraiment été perçue comme un traumatisme...

Non, l'Europa League, ce n'est définitivement pas tendance à Munich. Et ça, n'importe qui pourra le confirmer, à commencer par la paire Robben-Ribéry. Quelques jours après l'élimination par l'Inter, le Néerlandais déclarait que jouer l'Europa League «  était le pire qu'il pouvait [lui] arriver. [...] Même gagner l'Europa League ne veut rien dire pour [lui] » . Même son de cloche chez le Français, quelques jours plus tard: «  Une fois que tu as goûté à la C1, tu ne veux plus jouer que ça. [...] L'Europa League, c'est de la merde » . On ne peut être plus précis.

Finir le taf

Quand on connaît les deux hommes, on sait ce que ces propos sous-entendent: si, dans le pire des cas, le Bayern ne venait pas à qualifier pour la Champions' l'an prochain, il ne faudrait alors pas s'étonner de voir les deux ailiers faire des pieds et des mains pour se barrer de la Bavière. Les types sont accros à la C1, c'est comme ça. Aussi, même s'il est triste de quitter la Bavière, même s'il ne s'est pas toujours bien entendu avec les joueurs et les dirigeants, Louis Van Gaal a une dernière mission à mener: qualifier le Bayern pour la C1. Il reste pour ceci sept matchs: un classique des années 70 face à Mönchengladbach, un duel made in Bavière à Nuremberg, la réception du Bayer de Jupp Heynckes (son successeur), un déplacement piège à Francfort, la réception de Schalke 04, un déplacement à Sankt-Pauli et enfin la réception de Stuttgart. Soit quatre matchs contre des équipes qui se battront jusqu'au bout pour ne pas descendre, la réception du dauphin et un derby. Au premier abord, c'est la « revanche » contre Schalke 04 qui semble être le match le plus facile. Mais Van Gaal est un pro, et il jouera tous les matchs comme des finales, même si ce n'est que pour décrocher un tour de barrage pour la Ligue des Champions.


Inutile de dire que s'il venait à échouer, ce serait une véritable catastrophe. Jupp Heynckes, qui arrivera à Munich fin juin (pour la troisième fois de sa carrière d'entraîneur), peut s'attendre au pire s'il doit récupérer un Bayern qui va en C3. D'une part, il devra gérer les cas Robben et Ribéry, et d'autre part, il ne pourra pas aller faire les courses comme il le souhaite, avec l'enveloppe de 60 millions que lui auraient déjà promis Uli Hoeness et compagnie. En effet, le tabloïd Bild, jamais le dernier pour faire saliver ses lecteurs, a déjà dressé la liste des futurs achats de Heynckes: on y trouve du Manuel Neuer (Schalke 04) pour 20 millions d'euros, du Fabio Coentrão (25 millions), un Gregory Van der Wiel en plan B (10 millions), du Jerome Boateng (15 millions) et même du Dimitar Berbatov (15 millions). Une fois de plus, malgré le contexte difficile, le Bayern a la folie des grandeurs. Mais que serait le club de Munich sans toute cette folie ?

Ali Farhat

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